ACTE II 4T
LA MARQUISE, apeurée.
Quel corset?
LE COMTE
Oui. Comment est-il votre corset? II est haut, je parie? Il vous renfobce la gorge?
LA MARQUISE, choçiiée, Ob ! comte !
Quoi? nous cherchons n'est-ce pas? Nous cherchons. Eht bien, alors 1 D'où vient-il, ce corset?
LA MARQUISE^ hésUanie.
De chez un homme qui est également décoré.
LE COMTE
Ils sont tous décorés. Je vois la forme d'ici ! (// indique dtt geste la forme du cor^e/.) Mais vous êtes très bien faite. Vous êtes un petit Saxe. Vous devez avoir la poitrine qui lient comme une porcelaine, une porcelaine de la famille rose. Qu*avez-vou8 besoin d'un corset? Une simple ceinture!... Voilà ce qu'il vousfaut!... Une simple ceinture qui laisse rouler les hanches!
LA MARQUISE
Oh ! comte I
LE COMTE
Je veux que vous fassiez retourner les femmes de Paris dan»-, la rue, vous m'entendez, dans la rue ! Et qu'elles en crèvent de rage, ou je ne veux plus toucher ni un fusil ni un cheval de ma. vie. (Lui montrant sa jupe,) Qu'avez-vous là?
LA MARQUISE
Là?
LE COMTE
Là, SOUS votre jupe.
LA MARQUISE
Sous ma... oh! comte!
LE COMTE
Un jupon?
LA MARQUISE, tremblante et pré(fe à fondre en larmes,. Oui!
LE COMTE
En quoi i
LA MARQUISE
En soie.
LE COMTE
Et en dessous? Oui... En dessous?... Je parie que vous en avez encore un autre de jupon !.. . N'est-ce pas? Mais répondez •donc, puisque c'est pour votre mari.
LA MARQUISE
Oui.
LE COMTE
Eh I bien I Vous allez me faire le plaisir d'en retirer au moins UB. Deux jupons sous une robe collante, ce n'est pas parisien •du tout. Et voilà ! C'est déjà un grand pas de fait. Nous en fe* rons d'autres. (// se frotte les mains.) Nous en ferons d'autres. Avec un petit cantcr comme cela pendant quelque temps, nous finirons bien par prendre la tête sur le peleton de canassons qu'on nous oppose et nous passeroos le poteau avec dix lenteurs, les mains basses, c'est moi qui vous le prédis.
LA MARQUISE
Mon mari ne m'avait jamais donné ces conseils.
LE COMTE
Ni ceux-là ni d'autres, ma pauvre enfant I Vous me demandiez pourquoi ? Un mari en est incapable. C'est déjà beaucoup s'il sent que cela ne va pas. La toilette d'une femme est faite pour plaire au public. Mais voilà, le public ne la connaît pas 4ssez, le mari la connaît trop, aucun n'a une vue exacte.
LA MARQUISE
Qui donc alors conseille si bien les autres femmes ?
LE COMTE
Les autres femmes i Ah ! oui 1 voilà 1 II y a tout de même •quelqu'un, oui, quelqu'un qui est à moitié public, à moitié mari. Public souvent, mari parfois... qui a les deux pointa de vuei Jes deux états d'âme, alternativement.
LA MARQUISE, ifigénûmenU Qui donc ?
LE COMTE, riant.
Vous ne devinez pas ?
Oh ! comte !