ACTE III
BERTRAND
Mon Dieu, Madame. . Oui. . . Il veut. . . sans vouloir, . . 11 veut obscurément. . . Il veut bien. . . voilà 1
TOUS
Voilà!
BERTRAND, sentcncieux.
C'est notre noblesse qui manque d'enthousiasme.
LA MARQUISE
Il faut secouer la noblesse.
BERTRAND
Les électeurs sont bons. Ce soût nos candidats qui sont mous. Ils n*ontpas la foi. Le fea sacré chnrbonne. On se rallie. Tout le monde se rallie. C'est d'un effet déplorable. La foi monarchique s'en va. Les lys sont pouriant à la mode.
LA MARQUISE
J'ai pensé qu'il n'y a qu'un moyen pour le roi d'arriver. C'est d'arriver par les femmes,
LE MARQUIS
Oh ! Maggy !
BERTRAND
Mais, cher ami, la marquise a raison. Ce ne serait pas la première fois que les femmes auraient sauvé le trône Quand le roi aura pour lui les femmes, la France l'adoptera, ne fùl-ce que par galanterie.
Une vente de charité, c'est un peu usé; il faudrait trouver une attraction plus nouvelle, un pétard, un clou !
Un clou poivré.
Un clou de girofle.
Charmant !
LE COMTE
BERTRAND
TOUS
LA COMTESSE
Je l'ai trouvé. , . Oh ! c'est audacieux!
TOUS
Tant mieux.
LA COMTESSE
Audacieux, mais très parisien. Il n'y a qu'une de nous capable de J 'oser: c'est noire chère marquise. Sa situation, sa beauté» môme son origine étrangère feront tout admettre.
LA MAIIQUISB
Qu'est ce? c'est un rôle?
LA GOMTRSSC
Oui. Le Coucher d'une Parisienne,
Ah ! c'est trop. Marquise, méHcz-vous de ma femme I
LA MARQUISE
Non, j'accepte. * Consultez l'arbitre.
C'est trop.
Maggy, vraiment I
LE MARQUIS
BERTRAND
LE MARQUIS
BERTRAND
N'oublions pas qu'on nous accuse, nous autres royalistes, de ne pas conspirer sérieusement. Je crains que le Coucher dune Parisienne ne soit jugé un peu libre.
LA COMTBSSB
Puisque ce sera pour le roi. Laissez donc faire la marquise. Est-ce que je le lui conseillerais si je ne savais quel triomphe l'attend?
LE COMTE
Alors, pourquoi ne le tenfez-vous pas vous-même?
Oh ! je ne suis pas faite comme notre chère marquise,
LA MARQUISE
C^est décidé 1
LE MARQUIS
MaisI
LA MARQUISE
C'est décidé... Puisque vous croyez que moi seule...