ACTE m
XÀ MARQUISE, VimitanL D*indéfiDissabIe et pourtant d'essentiel. . •
LE MARQUIS
Ouï, moquez-vous. Vous l'avez attrapé, ce quelque chose. Jevous ai observé depuis cetaprès-midi déjà, et je ne vous reconnais plus. Bertrand lui-même vous admire, Bertrand qui est si difficile! II va répétant vos mots partout. Il n'y a pas jusqu'à votre toilette. .. Mais qu'est-ce qui vous arrive? Je vais vou»^ adorez si vous continuez. Pourquoi riez-vous ?
LA MARQUISE
Je ne ris pas.
LB MARQUIS
Tenez, ce rire même vous est nouveau. Ce n'est pas votr6= rire habituel. II est plus piquant, plus moqueur.
LA MARQUISE
Il vous plaît?
LE MARQUIS
Oui.
LA MARQUISE
Il est parisien, n'est-ce pas?
Oui.
LA MARQUISE
Je l'ai étudié sur les lèvres de la comtesse d'Arleval^ quand' elle regarde son mari.
LE MARQUIS
C'est vrai que votre toilette est chan{;^ée 1 Mag-gy, il faut que^ je vous embrasse.
LA MARQUISE
Chut! (Le comte et Bertrand paraissent à la porte da fond.) Chut! Quelqu'un !
LE MARQUIS
Parce qu'il y a quelqu'un. (Ravi.) Oh! mais vous devenez, tout à fait du monde ! c'est charmant I
LA MARQUISE
Prenez garde.
LB MARQUIS
Non^ ce n'est que le comte, c*c5t un Inlime. Ça n'a pas d*iui- ^f)or{ance.
LA MARQUISE
Mais si^ au contraire, lui surtout!.
LE MARQUIS
Comment lui surtout ?
Je veux dire, il ne faut pas nous embrasser devant personne. 'Ce n'est pas de bon ton. Soyez correct, darlin^.
LE MARQUIS
Je n'en reviens pas. Vous êtes plus distinguée que moi^ Je vous adore. (// lui baise les mains.)
BERTRAND
Marquis!... marquis!... uo mot... c'est urgent... Oh pardon, «narquise... mais c'est urgent. .. c'est urgeut.
{La marquise sort au bras du comte,)
LE MARQUIS
Qu'est-ce qu'il y a.
BERTRAND, mystérieusement, Oare aux francs-maçons.
LE MARQUIS
Je crois savoir qu'il n'y en a pas.
BBR H.kSD
Je ne vous ai pas exposé le [ oi it essentiel du complut : voici: l'enlèvement du Président de la République doit se faire rapi- -dement. ..
LE MARQUIS
Ah ! VOUS enlevez le Président ?
BERTRAND
Vous ne le saviez pas ?
Non... mais ça ne fait rien... C'est gentil ça... on enlèvcl^ -Président...
BERTRAND
Les circonstances sont exceptionnellement graves. On nous