RÈGNE ANIMAL
lie chameau , l'âne et Téléphant existent à Java, mais non dans l'état sauvage. Les chevaux, qu'on croit avoir été amenés d'Arabie , y sont devenus petits, mais sans perdre leur force et leur vivacité. Le porc chinois s'y naturalise à merveille; les chèvres, Iç bœuf et la vache y prospèrent, et d'énormes buffles aident l'agriculteur dans ses utiles travaux. Les moutons, les gazelles, les lièvres et les lapins, le tigre et une espèce de léopard, le chat- tigre, le chacal, le rhinocéros bicorne et unicome, des cer& de plusieurs espèces et une grande quantité de singes peuplent ses forêts.
La plupart des oiseaux de basse -cour de l'Europe ont été transportés à Java : les faisans, les jougUs ou grèbes, les pies, les cailles, la poule de Java, les bécassines, les canards, les oies sauvages et l'aigle blanc peuplent les bois et les marais. La famille des perroquets se compose d'une foule d'individus inconnus aux autres contrées de la zone torride. Le kakatoès blanc, dont la tète est ornée d'une aigrette jaune, et le lori rouge y sont assez commims; le magnifique argus mâle, l'émou ou casoar casqué des Moluques, gallinacée
gigantesque semblable par sa taille à Tautruche, y sont naturalisés. La fameuse salangane (htrundo €sculenta)j hirondelle dont le nid excite la gourmandise des Chinois y s'y trouve en abondance dans des cavernes situées auprès de la mer, et forme une branche importante de commerce de Java avec la Chine. Le crocodile infeste les rivières. Les forêts renferment des serpents de toute grandeur, et Voutar^sawa, pithon- améthyste, nommé faussement boa, grande couleuvre des îles de la Sonde, espèce qui a plus de dix mètres de long, ainsi qu'une vipère verte fort dangereuse.
Du temps de Yalentyn (naturaliste et géographe qui a publié de curieux détails sur Java vers la fin du dernier siècle), on comptait cinq cent trente -huit espèces de poissons dans les rivières et sur les côtes de Tile. Cette liste a été considérablement augmentée depuis.
On y voit des lézards, des caméléons, Tiguane et le jekko, qui tire son nom du cri qu'il fait entendre. Les insectes fourmillent, mais ils sont moins dangereux qu'on ne le suppose.