‹ R'vue d'fin d'annéeChapitre 18 sur 24 · POUR LES CANDIDATS AU PRIX DE ROME · texte numérisé non relu

POUR LES CANDIDATS AU PRIX DE ROME

Depuis trop longtemps , les donateurs s'obstinent à fonder de nouveaux prix pour les élèves ayant déjà obtenu ceux de I Ecole Nationale et Spèciale des Beaux-Arts. Un généreux anonyme nous écrit la lettre suivante :

« Je veux, nous dit-il, instituer un « Prix de découragement » pour l’élève « logiste » qui aura remporté, au concours de Rome, la « veste la mieux caractérisée. (On nomme « logiste » l’heureux élève admis à passer cent jours dans une cellule appelée « loge » « pour mettre en couleurs un sujet donné dans le genre de celui-ci : « la Renommée apprend aux hommes le nom d’un grand conqué- « rant ».) Au lieu de coucher sur mon testament une théorie de collatéraux cupides, je ferai triompher celle-ci : Tout élève de l'Ecole des « Beaux-Arts ayant échoué au Concours du Prix de Rome quatorze fois au moins, et n'ayant jamais obtenu le vote favorable que « d’un de ses professeurs au plus, entrera en jouissance immédiate de l’ensemble de mes revenus pour l’année de cette épreuve ultime....

« A la seule et rigoureuse condition de renoncer définitivement à l’École, à l’Institut et à ses œuvres, pour placer tout son espoir et « tout mon argent dans un bon fonds de commerce : moules à gaufres, ressemelages à la minute, vente de pommes de terre frites, ou « toute autre profession diversement utile pour lui-même et pour le pays. »

Signé: UN AMI DES ARTS.

A CHACUN SA « MOUGEOTTE»!

Les boites aux lettres particulières, baptisées « mougeottes » parce qu'elles sont dues à l’initiative de l’éminent sous-secrétaire d'état des Postes M. Mou geot, sont officiellement créées. Aux termes du décret qui porte la signature présidentielle, les boites aux lettres particulières concédées seront établies et entretenues aux frais des concessionnaires : l’administration des postes mettra à la disposition du public des boites d’un modèle spécial, mais on est libre d’avoir son petit modèle inédit.

Or donc, à « chacun sa mougeotle »! Nous n'étonnerons personne en annonçant que M. Alfred Picard, le sympathique Commissaire général de l’Exposition de 1900, a choisi la « boîte à clous ».

Le spirituel et croustillant revuisle, P.-L. Fiers, a fait choix de la (( boîte à sel ».

M. Octave Mirbeau, l'heureux auteur du » Jardin des Supplices », a manifesté hautement ses préférences pour la « boîte à ordures ».

L'écrivain délicat qui a nom Liane de Pougy a désigné la « boîte à poudre ».

Quant au savant docteur Robin, c'est de la « bouale hydrophile » qu’il entend faire usage.

Page 1