ACTE PREMIER
LE PRINCE, rectifiant.
Par mon ordre I
GÂBRIELLE.
C'est^jolimenl difiQcile, de se défaire ainsi d'une habitude d'enfance...
LE PRINCE
Ta vois bien qu'il y a réussi, lui.
GABRIELLE
Oh! mais lui, c'est un homme! Il a de Ténergie! — Moi, ça me gêne...
LE PRINCE
Voilà de belles raisons...
GABRIELLE
Et puis, enûn, il est votre neveu, mon cousin,... toutes les cousines appellent leurs cousins par leurs petits noms...
LE PRINCE
Pas toutes ?
GABRIELLE
Toutes! je t'assure !... Observe bien !
LE PRINCE
Dans la bourgeoisie, boni... Mais une princessel
GARRIELLE.
C'est quelquefois bien ennuyeux d'être princesse!...
LE PRINCE
Et prince I... Si tu crois que c'est toujours amusant!
GABRIELLE
Oh! non!
LE PRINCE
Mais enfin, c'est ainsi. Les princes sont soumis à d'autres règles que le commun des mortels...
GABRIELLE
Est-ce utile?
LE PRtNCE.
Je n'en sais pns sùrî... Mais nous n'y pouvons rien changer, toi ni moi... II y a une étiquette t. .. Ainsi, par exemple, tu m'appelles toujours <r pnpa I »
6ABRIELLB.
Eh bien, ce n'est domc pas gentil,... ça?
LE PRINCE
C'est très-gentil! mais ce n'est pas digne 1... « Mon père » serait plus convenable. — Tâche donc de prendre sur toi de m'appeler : « mon père. »
G\BIIIELLE.
Oui, papa !
LE PRINCE, riant.
Bienl...
GÂBRIELLE, rembrassant en riant.
Ahl non, pardon!
LE PRINCE
Bon! bon, Cela viendra... Autre chose maintenant. — Nous voilà sans dame du palais...
GABRIELLE
Oh! Je vous assure, mon père, que je m'en passerai trèsbien! Je suis assez grande pour me conduire toute seule.
LE PRINCE
Eh bien, prouvez-le, princesse, en prenant les allures de votre rang. — Car enOn il y a des propositions qui vous concernent.
GABRIELLE
Ahl
LE PRINCE
Oui! — Que dirais-tu, si je pensais à te marier?
GABRIEJLE.
Moi! Pourquoi faire?...