‹ Rabagas [Texto impreso]Chapitre 18 sur 196 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

conscience ne te criait qu’elle est indigne d’un honnête homme , et que c’est une étrange façon de reconnaître les bienfaits du prince, toi, son neveu, que de donner des rendez-vous nocturnes à sa fille 1...

C A R L E , effrayé.

Malheureux, plus bas!

ANDRÉ

Tu vois bien que je sais tout!

C A R L G , arec força.

Non! tu ne sais pas tout, car tu serais moins sévère!... ou plutôt tu l’oubliesl

ANDRÉ

Et quoi?

Tu oublies que cette enfant dont tu parles est la première affection de ma vie, que j’ai guidé ses premiers pas, séché ses premières larmes; à l’âge où une princesse n'est qu’une petite fille comme une autre... Tu oublies que sa mère elle-même ne faisait mystère à personne de son désir de me la donner pour femme, et que, tant qu’elle a vécu, nous avons grandi, Gabriel le et moi, dans cette pensée, que nous étions l’un à l’autre pour toujours!... Et parce qu’il prend fantaisie à Son Altesse do nous séparer, parce qu’il lui plaît de changer d’avis, il faut qu’il nous plaise, à nous, de changer d’amour et d’accepter la violence qui nous est faite... Allons donc! jamais!...

ANDRÉ

Et de quelles violences te plains-tu?

CARLE

De quelles?... On l’a miso au couvent pour la séparer de moi, et elle en est sortie, il y a six mois, avec la surveillance d’une exécrable gouvernante, qui est allée déterrer, je ne sais où, je ne sais quelle étiquette surannée pour la jeter entre nous comme une glace I Et plus d’amitié, de parenté, ni d’aban-

R A B AG AS

don!... Une princesse condamnée à la froideur!... Un officier condamné au respect!... Mais ce n’était rien, eela • on nous permettait encore quelques fragments d’entretien, un tour de parc, une promenade à cheval, un peu de musique, sous la surveillance de la duègne!... Depuis huit jours, rien!... Des verrous... un mur!... — Eh Lien, oui, cela me révolte!... C’est déloyal et cruel!... On n’a pas le droit de nous désunir!... Nous sommes fiancés l’un h l'autre par le passé de notre enfance, par la volonté de la mère, par notre consentement, par notro amour, par tout ce qui est légitime et respectable au monde... Et on veut me la reprendre et me la voler!... Eh bien, non... non... non!... On ne le fera pas, on ne la reprendra pas!... Je ne veux pas la rendre!...

Oh!

CARLE

Et si l’on se voit comme on peut, quand on peut, à qui la faute?... — Qu’on me laisse lui parler le jour, je ne lui parlerai pas la nuit! — On m'attaque, je me défends, c’est mon droit!

AMDRK.

Ton droit!... Eh! laisse là ton prétendu droit... Que Son Altesse apprenne...

CARLE

Que^me fera-t-e'le de pire?

ANDRÉ

Elle te chassera !

CAR LE

Soit! J'enlèverai ma femme!

ANDRÉ

Carie, tu ne penses pas cela?

CAR LE

Eh bien, tu verras!...

ANDRÉ

Malheureux fou!... Tais-toi, on‘ vient!

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