SCÈNE VI
Les Mêmes, TIRELIRETTE, en toilette extravagante. Chignon rouge. THÉRÉSON (Quinze ans au plus. )
TIRELIRETTE, entrent brusquement per le fond, écartant Rnbagas qui en ce moment fait face an public devant la porte, et descendant Jusqu'à Yuillard.
Tu te moques pas mal de moi, toi!,.. Me faire droguer à t’attendre!...
Bon !... Allez donc !... La jupaille!
VUILLARD
• Tu ne peux pas déjeuner sans moi ?
TIRELIRETTE.
Et l’argent?
RABAGAS, ennuyé.
Allons!... Silence !
TIRELIRETTE, à Camerlin
A qui, silence?
CAMERLIN, s’échauffant.
A toi, qui viens empoisonner notre bureau !
TIRELIRETTE.
Ah!... empoisonner, moi!...
CAMERLIN, montrant Tbéréson.
S’il est permis de traîner une gamine de cet âge-là par les rues!
VUILLARD
De quoi se mêle-t-il ce d-froqué-!à ?
CAMERLIN, se levant, ménagent
Si tu crois que tu vas faire le pion ici, toi?
R AB AG AS
V U I L L A R D , de même.
Et toi, le bedeau?...
R A B A G A S , exaspéré, de même.
Mille diables!... Ça va Quir !... ou je vous flanque tous à a porte!
TIRELIRETTE, tranquillement.
C’est tout ce que t’offres?
R AB AG AS, prenant tes objets sur 1a table et les lui passant.
' Tiens, du jambon, du vin!... Mais la paix ou je me fûdie.
(aux autres.) M.i rcllJÜS (Tirelirette et Tbéréson emportent les restes du
déjeuner sur la table de la terrasse.)
CAAIERLIN, reprenant.
Nous disons : a la sainte pudeur!... «
R AB AG AS, dictant, en passant un plat A Tirelirette, qui le repasse A Tbéréaou.
« De nos vertueuses compagnes... Et la simplicité bourgeoise.. »
YUlLLAliD, à Tirelirette, qui va et vient pour prendre le pain, etc.
As-tu fini de tournailler les jupes autour de moi,... toi ?...
TIRELIRETTE.
Faites donc de jolies toilettes pour ces chinois-là?...
Y U IL LA RD, grommelant.
Si tu crois que je payerai encore celle-là?...
TIRELIRETTE.
Si ce n’est pas toi, ça ne sera pas moi, toujours!...
V UILLA HD, reprenant vivement*
« La simplicité bourgeoise... »
R A B AG AS, dictant, en passant la bouteille à Tirelirette.
De nos chastes épousesl... Souffriras-tu plus longtemps... ô peuple!... que ton argent, si rare!... »