ACTE DEUXIÈME
vue j’avais espéré une affaire... plus mouvementée... quelque drame intime... d'un côté, un mari, peut-être... de l’autre...
E VA
Non, je suis veuve!
RABAGAS
Ah! alors de l’autre seulement... — Enfin, ce n’est pas ça, retombons sur le sol. Il s’agit, disons-nous, d’une ou deux malles...
EVA
Comment, monsieur?... de huit malles!...
RABAGAS
Huit, soitl... Eh! bien, madame, (u«eièT«. ) je vais avoir l'honneur de vous donner l’adresse d’un de mes confrères, qui est le premier homme du monde, pour ces sortes d’affaires!...
E VA
Quoi, monsieur, vous me refusez votre appui ?
RABAGAS
A regret, madame, mais je ne plaide pas les marchandises.
EVA
Mais, monsieur, mes robes ne sont pas des marchandises.
RABAGAS, debout.
Des œuvres d’art, je n’en doute pas! — Mais chacun a sa spécialité; la mienne, c'est la politique 1 ( n écrit une dmie, debout,
4 la table 6 droite. )
EVA
AhI vous plaidez la politique?...
RABAGAS, continuant.
Et avec succès, madame, j’ose le dire.
Ehl bien, mais c’est de la politique, ça... le douane.
RABAGAS
R A B A G A S, «'arrêtant, frappé d« l’idé*. — Et redesesndaot.
Peut-être, oui... par certains côtés!... mais dans l’espèce, ce n’est pas joli, votre affaire... Des robes !... que voulez-vous que je tire de ça? — Ab! si vous aviez avec, quelque petite brochure,... quelques pamphlets... quelques numéros de journal interdit!...
EVA
De journal, oui. Toutes mes bottines sont enveloppées dans de s journaux.
R AB A G AS
Italiens?
• EVA
Le Pasquino , le Pulcinella!
RABAGAS, virement.
Des feuilles très-avancées!
EVA
Avec des caricatures!
RABAGAS, de m£me*
Contre le gouvernement français?
Oh! très-drôles!
RABAGAS, ravi.
Mais allons donc! nous y voilà !
EVA
Ah! vous croyez?
RABAGAS
De la politique maintenant!... A la bonne heure!... Vos dentelles, un prétexte!... Ce qu’on persécute dans vos malles, c’est la liherté de la presse!... Et vous êtes Américaine!... Bravo!... Je lis les journaux à l’audience!... Un scandale... Un tapage!... Vous êtes condamnée!...