ACTE TROISIÈME. »U
C£C3LE, eflir«T<8, m tovaab
MAURICE
CÉCILE
MAURICE
Oui, je suis entré par cette porte I Personne ne m'a vul
CÉCILE
Ici, vousl
Personne!... Je n'ai qu'un pas à faire et je suis chez moit (suppiiaot.) Vous n'avez ri en à craindre, nous sommes seuls, libres! II est parti! Tout dort !.. Et je puis vous voir.entin, et vous regarder à mon aise! Ahl c'est vous qui êtes là... Et il n'y a plus personne... et rien ici pour éteindre l'amour dans mes yeux et pour l'étouffer sur mes lèvres.
CÉCILE, séparée de lai par le ditaii.
Il fatfl bien vous pardonner!... vous êtes un enfant!... Mais maintenant que vous m'avez vue... que vous m'avez parlé... rentrez chez vous...
MAURICE, suppliant.
Oh! non... non...
CÉCILE, reculant an pen«
Maurice !
MAURICE, dépassant le diran, à gauche.
Je ne suis pas venu pour vous quitter ainsi; j'ai tant de choses à vous dire.
CÉCILE
Je VOUS en prie!...
MAURICE
C'est moi qui vous en prie!... Ne me renvoyez pas!... Lais* sez-moi là, tenez! A vos genoux.
(n tombe à genoax rar le tapis.) CÉCILE, reculant tonjoan.
Non!...
AàltRICBy aaiaissaïkt ses mains.
Si!... Ah! que je t'aime!...
CÉCILE , séparée de loi par une chaise qui est restée là depuis le due!.
Mon Dieu!... si on venait!... Maurice... ce n'est pas raison-* nahleî... Mon ami^ on peut yenir.
MAURICE, l'attirant à lui, et l'^nlaçaat de ses bras.
On ne viendra pas et il n'y a que nous deux au monde, et je veux couvrir tes mains de mes caresses, t'envelopper de mon amour) et me griser une fois du parfum de ta beauté, du regard de tes yeux et du souffle de tes lèvres.
CÉCILE , enivrée, et tombant sur la chaise. Ah !... je t'ai ! (Se relevant d'un bond, et s'échappant vers la gauche.)
^h ! c'est de la folie, laissez^-moi, Ahl que je suis coupable,
et que je suis punie! ^
(EllQ tombe sur le fauteuil.)
HAUBICE.
Coupable !.••
CÉCILE , se relevant, désespérée.
Oui, coupable de n'avoir pas étouffé cet amour dans votre cœur; coupable d'avoir si mal veillé sur nous! Coupable de vous laisser faire ce que vous faites ce soir, au risque de nous perdre tous deux... et punie!... ah! bien punie^ par le mépris que j'ai pour moi!...
MAURICE
Du mépris!...
CÉCILE
Ah! tenez, laissez-moi, je suis une misérable, une folle et une lâche I...
MAURICE , s'avançant vers elle, avec tendresse.
Parce que vous m'aimez?
CÉCILE
C'est faux!... je ne vous aime pas... Laissez-moi... vous n'avez pas le droit d'être ici... qu'est-ce que vous faites ici?... Chez mon mari?... Chez votre ami?... c'est une infamie! Allezvous-en!...
MAURICE , de même.
Je ne suis pas chez lui, mais chez vous, qui tantôt...
CÉCILE
Ce n'est pas vrai! Je mentais!... Vous m'avez surprise, sans défense, et vous m'avez si bien bercée et onivnîe de vos paroles ardentes que je ne savais plus ce que je répondais... et alors, j'ai cru... j'ai dit... qu'est-ce que j'ai dit, d'ailleurs?... ^e ne le sais plus!... Mais je ne veux plus vous aimer!... je ne le veux pas!... Non, je ne vous aime pas!...
MAURICE , Tenlaçant de ses bras.
Ihl,.. tu m'aimes donc bien pour t'en défeadjre si fortl..*
., «E TROISIÈME. m
Cf'CiT.E , cherchant i se dégager.
Ahl mîséraî3iC que je suis!... II ne me croit plus!...
MAURICE
El pourquoi le défendre?... et de quoi?... De cet amour qui est devenu ma vie, la tienne, notre âme à tous deux... tu le vois bien, puisque tu n'as plus la force de me repousser et que lu vas être à moi!...
^ CÉCILE , se dégageant, et a'élançant loin de lui.
Ah! jamais!...
(Elle passe entre le gaéridon et la porte à gauche, et lui échappe.)
MAURICE
Cécile!...
CÉCILE, résolument.
Jamais 1... Ahl ma honte et la vôtre; c'est là ce que vous voulez... n'est-ce pas? Et auand vous parlez d'amour... Votre amour, le voilà!... C'est cela, votre amour?...
Maurice, faisant le même mouTement qu'elle.
Et comment veux-tu donc que je t'aime si ce n'est toute
à moi?
CÉCILE , reculant au milieu de la scène, vers la droite.
Ah! ne m'approchez pas!,., vous me faites peur!... Ahî mon Dieu !... En suis-je là? Vous ai-je donné le droit de tout dire et de tout oser?.. Et suis-je allée si loin dans l'oubli de tous mes devoirs, que je vous étonne maintenant avec me;3 retours do pudeur?...
MAURICE
Cécile!...
CÉCILE
Ah! légère, frivole, coquette, absurde, oui!.,. Mais votre maîtresse, non!...
MAURICE, que le vertige commence à gagner
Et que voulez-vous être?...
CÉCILE , lui montrant sa porte.
Votre ennemie!... Si vous ne sortez pas!...
MAURICE
Vous seriez la première à rire de moi, si j'étais assez fou pour le faire!..,
CÉCILE, faisant lin pas vers luL
Rire!... Ah! regardez-moi donc! Est-ce que je rio?.,
MAURICE
Ah! Je vois que tu es belle... et que tu m'aîmes malgré loi... et que je t'aime encore plus dans tes colères!...
( IWa pour la saisir.) CÉCILE.
Laissez-moi!... Ou, au risque de tout perdre!... j'appelle t...
(Elle s'élaiw'^ Ters la fenêtre.) MAURICE, la deTançant, et lui barrant le pas Age à la fenêtre*
Appelle!...
CÉCILE, épouvantée.
Maurice t.. • ( Elle court à la porte d^entrée. et cherche à l'ouvrir. ) Fer mée !... (Elle redesceod d'un pas en renversant ]a chaise, écartée par Maurice, et aperçoit le c<)rdon de sooDette. — Mouvement de Maurice. — Elle s'élance
vers la console.) Si VOUS faites uu pas... je sonne!...
MAURICE, la devançant, et saisissant le^ordon d'une maio, en le brisant de
l'autre.
Non! Vous ne sonnerez pas!...
, (Il jette le cordon à terre.) CÉCILE, au comble de l'eSlroi.
^ Maurice, mon ami!... par pitié 1...
MAURICE, revenant à elle» lui prenant lajnain.
Non!...
CÉCILE, reculant.
Je veux sortir!... j'ai peurî... Maurice!... je vous en supplie!.'.. Oh î vous êtes un misérable!... Et vous me faites horreur!... Je vous hais!... Maurice!... Mon amour!... (EUe tombe sur le divan.). Oh ! le lâchc qui usc de sa force contre une femme!...
(Elle se relève et le repousse.) MAURICE, à ses genoux.
Je t'adore!... Pardonne-moi!... Et dis-moi que tu m*aimes!«««
CÉCILE, insistant, debout *.
Je suis perdue I...
MAURICE, de même. .
Dis-le donc!...
CÉCILE, avec espoir, frappée d'une idée subite»
Ah! la fenêtre!...
MAURICE
Mais dis- le donc !•..
Ëhbien... oui!... oui!...
^ llusiooe.
AeTfi TROISIÈME. tlS
lIAURICEi se relerant.
Enfin U.;
ciciLE^ TWement, écartant le baiser d« Maurice.
Taiscz-YOUSl... -
MAURICB.
Quoi donc?
ctcilE, désignant la fenêtre, à demi-Toix,
Il y a là; quelqu'un... sur ce balcoûl...
MAUBICfi.
Lai...
CfiCILE.
Oui! '
MAUBICK.
Non!
CÉCILE
Je TOUS dis que sil... J'en suis sûre!.. J'ai vu passer une ombre qui nous regarde!...
UAURICE^ ateo colère.
Qui donc, alors? ••
. (Il s'élance sur le balcon. — Cécile le snït des yeux, et, qnand il est burs de 8cëne, elle s'élance à la fenêtre en jetant on cri de triomphe ; repousse viyement Ids battants onterts et tonne le bontoo, ce qni ferme A la fois fenêtre et Tolet.)
CÉCILE
Âhl Personnel... 'Mais je suis sauvée!... (Eiie tombe assise sar
la cbaise à gaache de la fenêtre.) Âh! si j'ai été coupable, je mérite
mon pardon I... car je me suis bien défendue 1 (£iie tombe
épuisée dans un fanteail. On entend le bruit d'one clef dans la serrure (^'^ la porte da iardin... Eli» se redresse effrayée.) Quelqu'un ?•••