‹ RabagasChapitre 309 sur 358 · Cornélius, Sara, Balthazar · texte numérisé non relu

Cornélius, Sara, Balthazar

où je travaillais chez vous et oii l'on apporta des fleurs pour le jardin ?

BALTHÂZAR.

Ah! si je me la rappelle !

SARA

C'étaient des orchidées, qui commençaient à détrôner les tulipes!... Et l'on me permit d'aller les visiter avec vous !.. . Il y en avait de toutes les formes, et si singulières... l'une ressemblait à une guêpe, l'autre à un papillon! — Mais une surtout les effaçait toutes!... C'était comme un petit cœur tout rose, avec deux ailes bleues, et d'un si joli rose, d'un si joli bleu... je n'ai jamais vu la pareille... et alors...

BALTHAZAR, viTement.

Et alors... laissez-moi vous dire le reste, mademoiselle, — alors, en nous penchant tous deux pour voir la fleur de plus près, je ne sais comment il se fit que vos cheveux effleurèrent un peu les miens, et dans votre empressement à vous retirer, votre main qui tenait la fleur pour la mieux voir, la détacha de sa tige...

SARA

Oui!..

BALTHAZAR

J'entends encore votre cri... Je vous vois encore prête à pleurer de cet accident et à me demander pardon,' quand ma mère vous appela de la fenêtre... et moi...

SARA, vivement.

Et vous?

BALTHAZAR

Et moi, resté seul," je ramassai la fleur tombée I

SARA, avec joie.

Vous l'avez ramassée?

BALTHAZAR

Et je l'ai gardée, en souvenir de ce petit moment de bonheur, si court, mais si doux!

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