SCÈNE m
CORNÉLIUS, TRIGAMP. (Le jour vient pendant cette scène.)
TRI G AMP, surpris. ~ -
Tiens!... là-haut 1
CORNELIUS, désignant la chaise sur la commode
Pardon, monsieur Tricamp, voulez-vous être assez bon pour tenir un peu la chaise, que je descende ?
TRICAMP.
Vous voulez descendre par là ?
CORNELIUS, très-fiévreux pendant toute la scène.
Vous voyez.
TRIGAMP.
Quelle diable d'idée avez-vous là ?
CORNÉLIUS
Ah î pardon 1 je ne vous ai rien demandé tantôt , quand vous faisiez votre examen de commissaire; permettez-moi de réclamer la même indulgence pour l'expertise du savant.
TRIGAMP, railleur.
Ah 1 bon ! bon I vous cherchez encore le voleur, vous ?
CORNÉLIUS, examinant.
Toujours.
TRICAMP»
Un autre voleur que la demoiselle, hein ?
CORNÉLIUS
Un autre, justement.
TRIGAMP.
Et vous êtes sur la trace, hein ?
CORNÉLIUS
Peut-être ! (Il poursuit son examen.)
TRICAMP.
Allons, tant mieux ! ((a part.) Il est amusant le savant ! — Vou-
lez-vous me permettre, cher confrère, de vous offrir la main pour descendre ?
dORNÉLIUS.
Merci I pas encore I Mais puisque vous êtes si complaisant, veuillez me dire si vous voyez quelque part la sonnette ?
TRIGAMP.
La sonnette ?. . . la sonnette du cabinet ?
CORNÉLIUS
Oui.
TRIGAMP.
Dont le ûl est cassé ?. . .
CORNÉLIUS
Oui I le fil traverse la cloison ici , vous voyez ! dans un tube de fer blanc, gros comme le petit doigt, et je voudrais savoir si la sonnette est dans cette chambre ?
TRIGAMP.
Voyons, c'est facile! voici le jour... Permetlez-moi de prendre mon lorgnon ; je vois ici d'abord le fil qui longe la corniche , et puis là... là... et là... voici la sonnette 1
CORNÉLIUS
Là-bas ?
TRIGAMP.
Oui!
Et rien d'extraordinaire ?
TRIGAMP.
Ah 1 si... tiens! c'est curieux !
CORNÉLIUS
' Quoi donc?
TRIGAMP.
Elle est retournée, la bouche en l'air comme une tulipe, et toute roi de.
CORNÉLIUS, vivement.
Ah!