ACTE DEUXIÈME
CAMERLIN, surpris, et regardant Rabagas.
Jamais!
Fi donc, nous taire!... Ce serait déloyal! (cameriin etYuuiard se. regardent avec stupeur.) Écrivez : « Le gouvernement adopte enfin une mesure que nous réclamons depuis six mois... Et il le fait d'assez mauvaise grâce, pour nous dispenser de toute reconnaissance. » Vian!
CAMERLIN, écriTant.
Ahl comme ça!...
VUILLARD, rassuré.
Bon!
Vingt lignes... Nous sommes encore loin.
RABAGAS, prenant les lettres sur la table.
Flanquons la correspondance. Une tettre... d^un soldat, (u
la passe à Yuillard et s'assied sur le bord de la table.)
VUILLARD
Excellent!
Lis.
« Citoyen. »
CAMERLIN.
VUILLARD, lisant.
CAMERLIN, écrivant.
Une ligne, deux blancs.
VUILLARD
«( J'ai recours à 4a voie de votre estimable journal pour vous poser la question suivante : Comme citoyen, est-ce que je dois l'obéissance à mon sergent-major?... »
TOUS TROIS
Jamais !
« RABAGAS, à Camerlin.
Commentaire!... Preuve nouvelle des sympathies de l'armée!... Fais mousser, et marche.-
CAMERLIN.
Compris.
VUILLARD, lisant.
« Réunion des grévistes : Citoyens. »
CAMERLIN.
Une ligne... deux bknes! . ^
VUILLARD, même Jeu.
« La réunion des grévistes a l'honneur de vous faire part de ses conclusions : — La journée de travail sera réduite de dix heures à huit, dont trois consacrée^ au repos. Total, cinq heures qui seront payées comme dix. »
Bienl... . . ^
VUILLARD, de môme.
« Et attendu que le dimanche, qui a passé jusqu'ici pour un jour de repos, n'est en réalité qu'un jour de fatigue, puisqu'il est consacré au plaisir.*, le lundi, consacré à se reposer du dimanche, sera néanmoins payç comme jour de travail... La question du jeudi est réservée. »
Parfait^..
CAMERLIN, prenant un livre sur la table.
La souscription ?. . . ^
Ça marche?
' CAMERLIN.
Pas trop!... (Lisant.) « Souscription en faveur de la veuve Bagouin, pour lui remplacer le pourceau ëcrasé par la voiture de Son Altesse!... ï>