LA CONFESSION DU CHIEN
^e^. Le lendemain du jour ou Bersaut prit ^<.
<.;+ vengeance du curé de Baracé et des prêtres ses ^<.
^'-^- compagnons, ceux-ci contèrent à deux cor- •t3«^
•*(^ deliers ce qui leur étoit advenu. Les frères vont •'B<'
**'u" toujours deux à deux (voire 1 deux à deux ce y**
*^ seroient quatre : ils vont un à un. Coucher une '*è*
;: a un est bon). ï
S Les cordeliers, passant pays, vinrent à Gheffes il
Jl- où sont les Oies rouvres et dînèrent avec des J.
^;+ gens d'armes. Après diner, ils rendirent grâces ^^
^f+ et dirent : Dieu nous veuille donner une bonne .^<.
«>9- paix ! 4^
•o-^" Adonc un des gens d'armes va dire : Dieu nous •^<'
"^'â ôte le purgatoire 1 'è*
*^ — Ha ! monsieur, ma chère âme, parente de "1*
? chrétienté, vous blasphémez 1 "^
V(J)J<^ «^ <-|;;i o|fs «-^ s";^ t>^ f;^ r;p f^j^î r^fi cj^ r^
^ — Mais vous, dit le soldat ; il faut que J
^r chacun vive de son état. S'il n'y avoit un petit 2.
^ de guerre et un purgatoire, il ne faudroit ni ^^
<.§. moines ni gens d'armes. A 1 ha, ha, hé! ^^
♦^ Au reste, étant passés outre dans le haut ^
^ Anjou, par de là Angers, 4*"
4^- Basse ville, hauts clochers ^^
^^ Riches p , pauvres écoliers. ^.
^(' et proche de la maison de Bersaut, ils s'entre- "^
^sm. disent : Frère, qui ira ? ^
^^ — Ce sera moi, dit l'aîné qui avoit nom frère ^
«0^ Eustache. ^^
«o|t- Il y alla donc, et demanda à parler à ^^
^t monsieur, devant lequel on l'introduit. -^
^(^ Etant devant monsieur, il lui demanda hum- -^-e*
'^ blement l'aumône. "y
1^ — Oui dà, dit-il, vous l'aurez, père Mous- Y^
^ tache , mais j'ai céans un vieil serviteur qui se t
^e^ meurt, que je désire faire confesser. \
^^ — Monsieur, vous êtes en bon propos. ^^
^'J. Adonc il le mena en un grenier, où il y avoit A^
'*§• un vieil chien qui se mouroit de vieillesse. .^<.
•«•^- — Voilà, ce dit monsieur, le serviteur dont il 4*.
"^G" est question. •^<*
*^ — Ha 1 ha ! dit le moine, monsieur, je cuide -Ç-^
*^ que vous vous moquez de moi, simple religieux? "^
<>'^ t%J tlo zX> çX> çXî tjo îjj (Xi tXi tjj «7o çX? çXs tTo tXî cJ^ çjj cXî oi-* çÀs tJj î^îj?^
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<.^ LA CONFESSION DU CHIEN 8l ^.^
^ Croyez que je ne suis pas si peu instruit que je ^
^CL ne sache comme il faut vivre, et qu'il n'est pas ^^
^^ raisonnable d'attribuer à un chien ce qui ^.^
^^ convient à la personne. Partant, monsieur, ^<.
♦9" vous m'excuserez. -^
<^ De dépit, lui fit donner le fouet à nu et à tB**"
'^ bon escient; puis l'envoya. "^
^ Le triste frère revint à son compagnon, y^
't auquel il conta sa fouette'e et l'occasion d'icelle. "^-f^
':: ' — Laisse-moi, dit l'autre: i'aurai pis ou ^!
j."- mieux. •;.
^^, Il alla doncques, et son entre'e et discours .;)^
^^. furent au semblable des premiers faits à son ^
*'^< compagnon; et Bersaut lui ayant parlé de ce '^<r
<^'(r vieil serviteur, il demanda à le voir. •^'O'
"^d" L'ayant vu, il dit : Eh bien ! monsieur, il est '*è^
*f raisonnable, faites-moi donner un petit bâton. "^
£ — Je ne veux pas que vous lui fassiez mal. J
S — Aussi ne ferai-] e ; mais j'ai affaire de ce ^.
^ç- que je demande. ^-
^(L On lui bailla un bâton, et le moine le fendit .2^
^^ un peu plus que la moitié ; puis dit à monsieur .i-^^.
•fr'^ et à ses gens qu'ils sortissent et se tinssent à la -l*»
^'^ porte ; qu'il ne falloit pas ouïr la confession -^^
"^ d'autrui. -^^
"^ Étant sortis, il prit l'oreille du chien dans ce '^'^
^ bâton fendu, et lui dit : t*
^ij . T
^ — Or ça, mon ami chien, voulez-vous pas ^
^ mourir en chien de bien ? Aj,
«>^ Et lui pressant l'oreille, le chien huchoit ^
•J^ assez haut : Ouan, ouan. t^
♦9* — Ne demandez-vous pas pardon à votre •'s<*
"^ maitre de l'avoir trompé, en mangeant le gibier "^
*^ quelquefois ? "^
^ — Ouan, ouan, ouan. ^
«►^ — N'êtes-vous pas fâché d'avoir autrefois ^
<^ blessé quelqu'un ? 4^
*^s^ — Ouan, ouan, ouan. t^
^ — Pardonnez-vous pas à tout le monde ? "^
^e^ — Ouan, ouan, ouan. ,;>^
*^ — Or, soyez donc, chien bienheureux, ^^
*9' absous comme un loup gris, trépassant comme -^
'^^ une autre laide bête. N'en etes-vous pas bien -^^
"^c^ aise, monsieur le chien ? "ii*^
1* — Ouan, ouan. "^^
F II y ajouta plusieurs autres belles cérémonies 9,
^ de chien, qui furent fort agréables et au chien ^
^c^ et à son maitre qui, après cette action, prit le ^j^
^|. moine, lui fit bonne chère, rit avec lui, lui +iç.
^^ donna de l'argent et son cou chargé de blé ; et +3<'
•S'S*' lui promit lui en donner toutes les fois qu'il +3<'
^è viendroit le voir. "*3*
^^ Le frère retourne vers le fouetté, lui montre "^
^li^^i' ^^ '^' ^ir' ^i^ ^i^ '^ir' '^i^ '^i: ^^ ^~^ '^'^ ^^ ^^ "^ ^^ ^i* ^i* ^^ ^^ "^^ tj^s^^^
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