LES CHAMBRIÈRES
^ O toi donc, cettui-là à qui je parlois tantôt, ^
^ relevé d'orgueil, bouquin qui as e'té mille fois ^^
^^ gourmande par ta chambrière, sache que quand ^^
49* une femelle s'adonne à un ecclésiastique, elle -t^K*
*E^ est, le premier mois, sa chambrière, le second, -^
^(^ elle est sa compagne, et le troisième, sa mai- "^
^ tresse; et ainsi conséquemment. '-^
*r Et de fait, notre chambrière vient-elle demeu- *:;
^ rer avec nous (pour nous servir, cela s'entend), l
^ le premier mois, elle est tant sage que tout ce ^^
^ que j'ai est à moi. ^'^
<|(. Si, en sortant de l'église, je la vois venir de ^^.^
<%' chez un des confrères chanoines, je lui deman- >%>
<^ derai : — D'où venez-vous, Jeanne ? "^^
"^c • — Je viens de chez votre compère quérir "ii^
^^ votre vaisselle, que vous laissâtes hier, que vous "^^
A V fûtes souper. ^'
^ Hé dà 1 Tout est encore a moi. ^
J^, Le mois d'après, je ferai la même question en ^^
^e^ même posture. Elle dira : ^^
^ — Je viens de quérir notre vaisselle, que nous ^^
♦§* laissâmes hier chez notre compère, où nous ^3»
♦9* soupâmes. -^
^ Ha! ha! Nous y avons encore part. "^
"•v Mais après, si je l'interroge, elle me dira bien "^s^
^ autrement : "^
îT — Que vous avez d'affaire , et n'avez-vous -^
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