VIVRE DE MÉNAGE
<.§* Les femmes hantant les gens d'Eglise ne sont x^
*?*• pas leurs femmes ; non, elles sont chambrières, -^
*g" puis femmes, puis dames et maîtresses. '6<*
^^^ Ces chambrières ne sont pas ainsi que celles '^
f du monde. Savez-vous comment elles tiennent 2***
^* serf le petit monsieur? Et si, c'est avec tout ^
.Cj, honneur ? Qu'ainsi ne soit ; prenez-y garde , ^
^ quand ce ne seroit qu'un gueux, si elles parlent ^
^, de lui, elles diront monsieur, sans queue. Elles ^
^ ne sont pas comme cette demoiselle qui, s'esti- ^<.
*9- mant plus noble que son mari, quand elle parle -^
•«•l- de lui, dit : Celui-là ! 4^
^ Me ferez-vous, s'il vous plaît, l'honneur de "^"^
*^ m'ouïr en la de'fense de ces femmes auxquelles "^
^' j'ai part. Quand j'e'tois vicaire, j'avois une femme jy
J^ à la mode et usage de vicairerie : depuis, m'étant JT
^ô^, remis au monde, elle fut ma femme, épousée Aj.
^d, selon les droits et usages des autres gens. ^^
<.^ Quand les femmes du premier ordre ou du h^^.
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^ 90 CHANOINES ET PRETRES -t^-^
^ Saint (Pape?), et principalement celles des pau- ^
^ vres prêtres, parlent de leur ménage et projiciat ^^
^ (profit), elles disent, non point comme femmes -^
*§« absolues; elles ont bien plus d'honneur au res- -^
♦9* pect de leurs maîtres (témoin celle de messire "^
*9' Biaise qui, au four, se plaignant de leur petit "^
*^' moyen, aioutoit : — Hélas! encore si ce n'étoit ^
I nos messes, je ne sais que je ferions.) ^
S Mais ce n'est pas tout; elles se tiennent si bien ^
^^ pour femmes, que si celles des vicaires trouvent A^
^, celles de messieurs (les chanoines), elles leur ^^
^►^ feront honneur; et celles des chanoines suivent -%^
•►^^ la dignité et rang de leur monsieur. tB<'
<^ Et pensez-vous, vous qui en riez, que cela V!^
"^ ne soit pas vrai? Pour vous le faire croire, je "^^
'^^ m'en rapporte aux gueux qui, aux grandes fêtes, "^
^ les voyant venir de la première grand'messe, ^
^ leur crient ainsi : Nobles chambrières , aye:^ ^
^ pitié de moi! ^
^ Voilà, messieurs, ne vous déplaise ; il vaut ^
^ mieux en avoir chez soi pour s'ébattre en bon -^
<>9" chrétien que d'aller, comme méchant voleur, -^
<^ courir çà et là, en danger d'être pincé au collet, "^
•>r comme Cornu qui, mourant (du mal de Naples), "^
^ soupiroit, disoit : « Hélas! je connais main- "^
^ tenant que c'est chose moult sainte et juste que J^
r de vivre de ménaee. » ^^
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