‹ RabelaesianaChapitre 46 sur 91 · LE PRIEURÉ DE SAINT-COMMODE (JC · texte numérisé non relu

LE PRIEURÉ DE SAINT-COMMODE (JC

j^(^ faire brûler en Espagne ! Vraiment vous avez ,p^^

^^ tort, vous ennuyez ce pauvre liomme par vos ^i>

•fr^- interruptions ; il en est si dépit qu'il en retord +^<.

•fr^* les mâchoires comme un officiai fâche'. i^'î»

*9' Messire Imbert vit la requête du préten- *8*

*G^ dant, duquel ayant savouré les propos avec les "^"^

*| oreilles, lui dit : f'

^ — Je ne puis mettre ce bénéfice entre les 1^

^e mains d'aucun s'il n'entend les Ecritures , afin î).

^e^ qu'il en soit trouvé capable. Pour donc savoir ^^

^'^ si vous entendez les Écritures, dites-moi qui +><.

^^ étoit le père de Melchisedech ? ^|<.

•>9' Le clerc répond : — Monsieur , saint Paul i^***

^"^ montre qu'il étoit sans père, sans génération. "^^

*ç' — Ha, ha, ha! dit messire Imbert, lourdaud, "^"^

'^ mon ami, je sais cela avant vous. Répondez à ce "^^

^ que je vous demande. Y^

^1 — Je ne le sais pas. ^

^ — Aussi n'aurez-vous pas le bénéfice. ^

^z, Gettui-ci s'en alla, et en vint un autre qui en ^^

^ avoit ouï parler. Ce nouveau venu étoit désalé ^

•8»^ comme le commis d'un banquier. Il vint devant -t^*

<^ messire Imbert, lui faisant la discrète demande •^<r

^ pour obtenir le prieuré de Saint-Commode. "^

^ Messire Imhert lui fit la question : "^

^ — Entendez-vous les Écritures ? Y*"

.^ — Oui, monsieur. î^

^|:i «A5 cAj çij cij tij cXj t^l^ çjj c^

Univera/S!?

.e^ lOO CHANOINES ET PRETRES ^^

^^ hB<.

f — Qui étoit le père de Melchisedech? ^

e^ Alors le clerc dit : — Gratien (en son Recueil J^

\^c^. des Canons de l'Église) le démontre aisément ^^

j^<L, comme cela , disputant contre les simoniaques ^

^|. (ce que disant, il tira de sa pochette droite une ^<i>

«>9' belle bourse, où il y avoit cinq cents écus en ^

^"^ or), et ce, en bons termes. Donc, monsieur, *i^

^c voyez ce symboie philosophico-prophétique : "^o*

^<^ Voici le père de Melchisedech. \

^ Et, faisant de même de l'autre main, tire de i

^ sa pochette encore une autre bourse pleine de ^çy^

^2,, beaux écus-au-soleil, et dit : ^2^

^&. — Voilà la mère ! — Et afin que vous sachiez ^^<,

^ qu'il est vrai (mettant sa main droite en son ^^

•>9' sein , tira quelque soixante ccus , et profé- "^^

^S^ rant, en les coulant vers la chambrière qui étoit "^^

*c au bout de la table, comme celles des chanoines '^

*g' ont accoutumé) : — Ce sont là les enfants! j

? — Ha, ha, ha 1 dit messire Imbert, c'est pra- T

^ tiquer la quatrième figure de dialectique, en ^^

^e^ dépit de Galien. ^^

^e^ — Eh bien ! dit le clerc, monsieur mon bien- ^^

^^ faiteur, mon bon Mecenas, n'est-ce pas docere -^

•>^ que de parler ainsi à ces sots ? C'est expliquer ts*

<% le latin du chapitre Recitas docendo, c'est-à-dire "^

'^è qu'il soit reçu en payant. "^

*s^ — Eh bien ! mon bon ami, dit messire Imbert, "^

<.S^ tlj t:?^ tXJ «Xs cTo cXs cX? (:Xj «X^

^ci *v* '^ 't^ '+^ T^ 'T*' *+^ 'T* '+* *+* ^T* '+*' '"^ *+* 'Y* '^t^ *+* 'T^ *"^ '+*' '^'^ *+^ £*'^

<.Sh le prieuré de saint-commode 10 1 h2^

.é^ il faut que tu aies le bénéfice. Vraiment, vous ^.

^ êtes docte ; vous êtes en danger d'être un ^^

^ jour pape. Vous aurez le bénéfice ; votre doc- ^^

4^ trine vous l'adjuge. Il ne faudroit, à la vérité, ^

^ que vous seul pour faire tomber toute la théo- -^

*^ logie en démonstration, en dépit de Raimond "8^

"^ Lulle (auteur de la Démonstration de la Trinité *^^

■^j par comparaison). Que nous serions heureux si "^

^ on résolvoit ainsi tous arguments! Nous serions ?

^e incontment d accord ; toutes hérésies seroient t^

<.|. englouties. ^^

^'Vsîi* cis c^ «Jtj îJt» zX} tjfcj t^ cL^ idts z^ tXî «JLs cij îis îjjj cJLj îjt? tjj îi-5 tiij cijJJ?.^

«►^f^ .■^^f^ rîfs i^ «^ ep OÎT* rf^ rÎTi iTO M^ *T^ ''^ 'T* 'T^ '^ *¥^ 'T^ 'Ik* '^ 'T^ ''î^î'S*

^e^ LE SERMON TU CURE DE BUZANÇOIS ^^

"T* Cette canaille de sages nous fera devenir fous 1 ^

^ Au diable l'importunité de ces pédants ! ^.

^ Me trouvant gros de re'solution, parce qu'elle 5^

^ n'appartient à autre animal, je vous dirai des 4^

4^ choses que vous ni moi n'entendons, n'enten- h|*

4^1" drons ni n'avons entendues ; ou je me tairai, '^■^

'^'- comme fit le curé de Buzançois, qui dit: "8*

"^ — Je vous prêcherois aujourd'hui, mais nous '^'^

''y n'en avons pas le loisir. Toutefois je vous dirai 1^

"^ un bout de sermon que nous diviserons en T^

^ trois parties : ^ ^

^ La première, je l'entends et vous ne l'enten- ^^

4 dez pas. 4^

<►§• La seconde, vous l'entendez et je ne l'entends ^■^

«E-^ pas. '8<*

'^î^ La troisième , ni vous ni moi ne l'entendons. '8<*

*s^ La première , que j'entends et vous n'enten- "^^

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