LE CURE FOUETTE
^ Un curé étoit amoureux d'une fille, de laquelle ^ il avoit pratiqué le mariage, pourvu qu'après il ^ fût reçu à faire avec elle choses et autres, selon ^ l'intelligence délectable ; à quoi la fille s'accorda ^ et en avertit son mari, afin qu'il ne le trouvât ^ point étrange s'il n'y remédioit.Sur cette promesse le mariage fut fait; et le mignon de curé s'attendoit à faire goûter souvent à la jeune femme du fruit défendu.
Monsieur l'amoureux poursuivit son instance. ^ La jeune mariée qui, comme toutes les jeunes 4>^ femmes sont, aimoit encore son mari, ne faisoit ^ guère d'état de messire Jean, principalement *r ayant eu l'argent qu'elle en prétendoit. G'étoit ■*i^ ^ autant de vinette cueillie. ^
^ Un jour qu'il la trouva, il lui dit: « Sais-tu "§*" ^ pas bien que tu m'as promis ?» "^
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<^ Et ils tinrent de petits menus propos qui lui -X^
<T donnoient espe'rance ; par ainsi, il se rendoit -^
*r plus privé et importun : dont la jeune femme se "t*
^ voulut défaire, moyennant le complot pris avec "S*
t son mari, qui lit semblant d'aller aux champs. "^
t Par amsi , monsieur le cure , qui alloit et ,
^ venoit pour rencontrer la belle, eut assignation j-
^ de venir au soir. ^^
^ Sur la brune venant, voici mon curé qui vint. 1^