O"^' I 14 CHANOINES ET PRETRES
^[i mais aussi vous ôterez la vôtre; je ne la pour- Aj.
i^g^ rois souffrir. » ^
«^ Il l'ôte, puis elle lui dit: « Je vais éteindre la .;|^
*E'' chandelle; tendez - moi la main pour vous t^-e»
*c^ trouver. » •^■>
"^l* Elle faisoit de l'interdite, semblant d'ôter sa "^i^
^ chemise, une manche, puis l'autre. "^"^
Jj « Foin des puces ! bran, elles me mangeront. » J^
^e^ Le drôle prenoit plaisir, à la lueur de la chan- J
^c. délie, de voir ces mystères qui avoient bonne ^
<.^- grâce ; mais voici bien du changement. ,, ^^
♦Sf- Ainsi que déjà cette chemise passoit par- ^'^^
*9" dessus la tête, qu'il voyoit un beau tableau, on ^^4.
*ç^ heurta à la porte assez épouvantablement. Lors -^
^c^ elle, comme surprise : « Hélas! monsieur, -'S*
f où vous mettrez-vous ! Je suis perdue! » '^'^
j. D'autre côté, on frappoit, disant : « Ouvre- "^"^
^e^ moi, t'rançoise, ouvre vitement; je suis mort; ^
^(^ je te prie, ouvre vite ! » ^^
<.^ « Mon mari, je me lève en si grand'hâte, que ^^
*^ je ne sais ce que je fais. » ^;<^
<'9' Cependant elle aidoit au curé à monter sur 4**
*s^ un travers (soupente?) où les poules nichoient. '•B*
*^ Gela fait, comme toute hors de soi, elle vint '*:^*
jr ouvrir la porte à son mari et lui dit : « Et où ?*
^^ allez-vous si tard? Il est belle heure de venir. » ":^
— Ha! ma mie, excuse-moi; je suis mort. Ne
<.%• cl^ tA5 tio ç:l5 çij tXs t|j> ç3o çi^
^ LE CURÉ FOUETTÉ Il5 -i^-C»
.v te fâche point; tu ne me verras plus guère, je ^^
^(4 me meurs ; envoie que'rir monsieur le curé, que ^^
^ç^. je me confesse! » ^<^
->^ Il se tenoit le ventre auprès du feu, comme -i^*
*9" s'il eût eu la colique, et faisoit semblant parfois tB*
•fr^* de s'évanouir. Il fait appeler des voisins à l'aide, "^^
*';'' qui s'assemblent à le reconforter et le mettent "^
*^' sur un lit à terre. Mais il ne faisoit plus que ''?
,. soupirer et dire : -
^^ — Jamais! jamais! |^ .
^<f^, r-~ Hé, compère, prenez courage. .çl^
^'1 — Jamais ! ^^
V^ — Ce ne sera rien; or sus, mon ami, là, -(B*
•4'9' aidez-vous. ■^■^
*t — Jamais! "6'*'
'^c — • Il faut voir monsieur le curé. "^^
""^ - Jamais ! |^
^ — Il vous dira quelque bonne parole. "5
J} — • Jamais ! •).
^c;. — Encore ne faut -il point se laisser ainsi ^
^2*. aller ? ^^
^- — Jamais ! 4*
<^ — Il semble que vous ne nous connoissiez h^*
<%- point? -^^
-^b — Jamais ! i^
^l' Quand presque toute la paroisse fut assem- j^
•fr-r^- , 1 ' 1; 1 • 1- 4î*
,1 blee et que 1 on lui va dire : ..
^ikszXit^ îXs «À? zXi tX? îXs «Xs t^J îXs îXs îXs cX? tXs çX? îXi cXs tXs tjj ?Xj cX5 cX?t)f4>
«►^rîfs «^ fYï «"ifi i~^ i~±i i^ <xs o^ fvTs rîfs r^fï r^ cîrî r^ rîT^ *^ r£^ ^^ ^^ f\'> rj.'* ^*
4^. Il6 CHANOINES ET PRETRES ^i^^»
^e^ « Or ça, compère, debout; allons au lit, vous ^^
^(^. y serez mieux. Eh bien! que vous faut-il? » ^^
<.'H' Adonc , jetant les yeux et dressant la main .k-^
<f^' vers le curé, il va dire : -k*
•>^ « Jamais je ne vis un tel jau (i) avec mes "^s^
•*•&■ poules. » y"^
*^" Adonc monsieur le curé de se trémousser; "^^
^ et lors les destinés à la fouetterie lui aidèrent à ^;'
,^ descendre, et le cinglèrent à droite et à gauche, -^
.'l,. sans faire semblant de le connoître. A^.
^i « Là, là, disoient les femmes, fessez, fessez; ^:^
^^. c'est le foulon. Tels sont les esprits familiers, -A*
•o-^V incubes , succubes et fées qui , en fantômes --s*
<f^- domestiques , trompent hommes et femmes. -^^
"^^^ Flanquez-lui ces nerfs de bœufs autour des ''•^'^
*^'** échines, tant que la peau lui en parte 1 » ''^*
,: (i) J^M est ]e nom donné au coq dans nos campagnes de .
^'^' l'Ouest. Évidemment le bibliophile Lacroix ne connaissait ''"p
*?;;*' pas ce mot dejaz^qui n'est pas dans le dictionnaire de Littré. t5*
^s^ mais dans le dictionnaire de Bescherelle. h«4»
A'^i zX> tXs tJo <iXi cXî îX> lîXs cXs îXî ttj tX> cJ^ îXs f^^ t^ tJ.^ çXj cXj «JJj» eXs cAs ?Jj ?x ♦
«C»X; <~^ «"âfs i-jp> «--^ c^i:^ fxî irx^ i~^ç> «^^ s^jo eo «x^ «"x^ ^£5 «x^ «x^ ro «"x? rifs «^fs r^ rfi fM*
j* XV f
•î"^ LES MESSES iB<'
.(i,^ Feu monsieur notre maître, qui fut eveque
j^i, de Basse-Bretagne, ayant fait son coup d'essai
i>p-;. d'une grand'messe, demanda à son grand-vicaire .Çi^
•{•;|-- s'il avoit beaucoup failli : •*.>
<i:^' — Non, monsieur, dit-il ; vous avez bien fait, -^
^t' sinon que vous avez un peu failli à la Pâte- "^"^
'^''■' nôtre. '8*
'^ Notre aumônier n'y eût pas failli; il disoit la '*^*
^ messe bien diligemment. Il advint qu'un jour, "^^
.|^ lui absent , se présenta un prêtre qui dépêcha J
^d,. fort; et, quand il fut revenu, on lui dit qu'il ^^
^i étoit venu un aumônier qui disoit la messe plus ^^
«^ diligemment que lui. ^<^
•^ — • Sandregille! dit-il, il n'en dit donc rien, "^k-
*(^ d'autant que je n'en dis pas le quart. "^^
^'^^ Ce fut lui que Monsieur vit abattre une garce, t *
^'■' et dès le matin pour faire journée. Etant '^■f^
.: retourne, Monsieur lui dit : :,
a'^jcJj t^ tXJ (L^ zX> tXs tf'-J> Ç.X.9 t,1o <iX> «Jl? t,"tj t,1o tX? t.'tj îXs cJLj cXs tX.i ç;^ c;fcj cjijîv'A
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<.P'. Il8 CHANOINES ET PRETRES ^
^e^ — Messire René, je vous prie de dire la messe. ^^
^e^ Il dit : — Monsieur, je vous supplie de m'excu- .^^
<.!• ser; je vous assure que, sans penser à mon j;^^
*§- affaire , j'ai trouvé une prune et j'en ai passé h^
*9' outre (je l'ai mangée). t^*
•''&' — Oui, dit Monsieur, ie vous ai bien vu que ^
^'^ VOUS secouiez le prunier. "^
% Gomme les maladies nous prennent allant et "^
e^ venant ou nous reposant, nous prenons le temps j
^i comme il vient, et de même font ceux qui man- ^
^<L. gent leur bien, et pour le manger font diverses ^^
^ sauces. Aucuns le mangent à la sauce de la ^j^
^^ messe d'onze heures ^^<*
*^ Qu'est-ce à dire? C'est à la sauce de paresse, -i^*
'^'b Je n'ai pas voulu dire la messe paresseuse, ainsi -^
'^ que parlent les Jésuites ; au moins le bruit en "s*
*^ court. "^^
*9- cjr^'.5H!> -^
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