MÉRY
Page 260. — Les nerfs optiques, comme un fusil. Panurgé avait « un fusil garni d'esmorche (amorce), d'allumettes, etc. ». Les allumettes de Panurge étaient des petits bouts de bois blanc ou de chanvre soufrés à leurs extrémités. Stacc, Juvénal et surtout le satirique Martial ont fait allusion à des allumettes de ce genre auxquelles Agricola, au xvi'' siècle, a consacré également quelques lignes dans son De Re metallicâ. Cent ans plus tard, Boyle a conté, dansVArtificial phosphori, avec quelle stupéfaction il a vu se produire un mélange explosif en associant les fleurs de soufre au phosphore, ce philtre magique dont l'influence était si redoutée. C'est seulement en i83i qu'un médecin de Saint-Lothain (Jura), le D-- Sauria, a imaginé de fabriquer des allumettes avec du soufre, du phosphore et du chlorate de potasse.
Page 291, Note 4. — Aux héros du roman rabelaisien cités dans ce volume et dont l'existence est bien établie et la personnalité nettement déterminée: à Alcofribas Nasier et Séraphin Calobarsi (François Rabelais), à Scurron et Rondibilis (Schyrroa
RABEI-AIS ANATOMISTE
et Rondollet, professeurs à la Faculté de médecine de Montpellier) , lier Trippa et Henry Cotiral (Henri Corneille Agrippa), Thauniaste (Thomas Morus, chancelier d'Angleterre), Raminagrobis (le poète Crétin), Janotus de Bragmardo (l'orateur Janotus), Xcnomanes (Jean Alphonse le Sainlongeois), Jamet Brayer (JacquesCarticr), Fayoles, quart roy de Numidie (Louis de Brezé, grand sénéchal de Normandie, seigneur de Fayoles en Auvergne), Malicorne (Marc de La Rue, sieur de la Couste et de Roche-Corbon), Picrochole (Scévole ou Gaucher, médecin de Renée de Bourbon, abbesse de Fontevrault), Marquet, beau-père de Picrochole, Grippeminaud d'Oppèdc, le bourreau des Vaudois, Jean des Entommeures, procureur des fermiers de l'abbaye de Seuilly, Babin, cordonnier à Chinon, etc., etc., il faut ajouter : Ulrich Gallet, bourgeois de Chinon, parent de Rabelais, Jean Dcnyau, charron à Chinon, Jean Gaymard, receveur de l'abbaye Seuilly, M. delà Bellonière (René Dupuy, auquel a appartenu jusqu'en i534 la terre de la Bellonière, située sur la commune de Gravant, à 7 kilomètres de Chinon), M de Maulevrier (Guillaume de Ballan, dont la maison seigneuriale, située à Lerné, subsiste encore en partie), le capitaine Chappuys (le poète Claude Chappuis d'Amboise, valet de chambre de François I"'), Breton Villandry (Claude Breton, seigneur deVillandry, un des officiers de la cour de François I"), Don Philippe des Marais, vice roi de Papeligosse (Philippe Chabot, seigneur de Brion, comte de Buzançais), l'abbé de Tranchelion (Antoine de la Garde, de la famille des Tranchelions du Limousin, abbé de Saint-Genou, de Déols et de Vernusse en Berry, vicaire général de René, cardinal de Prie), Tinteville, évéque d'Auxerre (François II Dindeville, évéque d'Auxerre), le tavernier Guillot, d'Amiens, Geoffroy à la Grand Dent, le persécuteur des religieux de Maillezais, fils de Geoffroy de Lusignan, etc.
Séraphin Calobarsi, le nom du savant médecin chargé par Ponocratesde remettre « Gargantua en meilleure voie », est, en effet, comme Alcofribas Nasier, l'anagramme de François Rabelais. Pour en être persuadé, on n'a qu'à reconslituer cet ana-
ADDENDA
gramme en changeantl'F de François en ph, ce qui, au point de vue philologique, n'implique aucune difTérence :