‹ Rabelais et ses œvresChapitre 85 sur 134 · LES COMPAGNONS DE PANTAOBU£L · texte numérisé non relu

LES COMPAGNONS DE PANTAOBU£L

il faut se garder, comme nous l'Iavons déjà dit, d'aller trop loin dans cette voie. Figaro parle très légèrement de ses parents , et Beaumarchais était un excellent père de famille; Diderot , tout enthousiaste, tout prodigue de son talent qu'il était , fut toujours étranger à la vie débraillée de Rameau neveu.

xvin.

Il y a peu de chose à dire des personnageis secondaires qui gravitent autour des trois rois, Grandgousier, Gargantua et Pantagruel. S'ils ne sont pas tout-à-fait aussi insignifiants que les compagnons d'Enée: le fidèle Achates, le fort Gyas, le fortCloanthe, l'ardent Oronte, Sergeste, et autres, — leur rôle cependant est passablement effacé. Ponocrates est un sage instituteur, Garpalim un adroit gymnaste, Epistémon n'éveillerait aucun souvenir sans sa descente aux enfers, et ainsi des autres. Chacun d'eux a pourtant son caractère, et, dans le dialogue, on ne pourrait guère prêter à l'un ce que l'auteur met dans la bouche de l'autre; mais la différence est peu sensible. Au IV® livre, Rabelais profite d'un moment de navigation calme pour les différencier par leurs occupations. Gomme nous avons négligé ce passage, nous le plaçons ici :

Pantagruel tenant un Héliodore grec en main sus un transpontin [strapontin] au bout des escoutilles, sommeiUoit. Epistémon reguardoit par son astrolabe en quelle eleyation nous estoit le pôle. Frèr« Jean s'estoit en la coisine transporté : et en l'ascendant des broches et horoscopes des fricassées, consideroit quelle heure lors pouvoît estre. Panurge avec la langue parmy un tuyau de pantagruélion [chanvre] faisoit des bulles et gargouUes. Gymnaste appoinctait [appointissait] des

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