V. note 99 iiis
RADKLAIS MÉDECIN.
Presthan; comment il combatit contre les diables, et feit brusler cinq chambres d'enfer, et raist à sac la grande chambre noire, et jecta Proserpinc au feu, et rompit quatre dents (') à Luciter, et une corne au cul; et comment il visita les régions de la Lune, pour sçavoir si à la vérité la Lune n'estoit entière, mais que les femmes en avoient trois quartiers en la teste (287 A); et mille aullres petites joj'eulsetés toutes véritables. Ce sont belles besoigncs. IBon soir. Messieurs. Perdonnate mi, et ne pensez tant à mes faultes que ne pensez bien és vostres.
Si vous me dicles .- » Maistre, il sembleroit que ne fassiez grandement sage de nous escrire ces ballivernes, et plaisantes moiiucttes. le vous rcsponds que
(287 A) Que les femmes soient ou non lunaliquci, chacun sait à quoi s'en tenir sur celte question, toujours est-ll que la lune est étrangère aux humeurs féminines. Voici ce qu'en dit Zimmerman, dans son Traité de l'expérience, à une époque où la croyance à l'action de la lune était à peu près universelle :
« Quoiqu'il semble démontré que la lune n'a point d'inlluence sensible sur la terre, on croit cependant pouvoir prouver qu'elle en a sur l'homme. La dissertation que Mead a écrite pour le prouver est utile à certains égards, mais elle porte sur un faux principe ; il prétend, en effet, que la lune, pur sa force attractive plus grande lorsque la lune est pleine ou nouvelle, élève noire atmosphère; que par là l'air qui nous environne immédiatement devient plus léger, et que notre corps est moins comprimé. Il arrive de lêi, selon lui, que les fluides se portent en plus grande quantité vers la superficie, étendent les vaisseaux et les ouvrent quelquefois. Mead croit pouvoir expliquer ainsi le retour de toutes les affections qui se règlent sur le cours de la lune, et que ce phénomène aérien est la cause des écoulements périodiques des femmes. Mais il ne se passe pas de jour sans que quelque femme ait ses règles. D'ailleurs, il faudrait que toutes les femmes eussent leurs règles au même jour, si cette opinion de Mead était quelque chose de plus qu'une hypothèse. 11 explique de la même manière les retours de l'épilepsie, qui se règle souvent sur le cours de la lune. Mais cela dépend tellement du pouvoir dos ')auses occasionnelles dans la plupart des hommes, savoir : de la lempérulura de l'air, des fautes commises dans le boire, le manger, les exercices, le mouvement, les plaisirs de l'amour, et en général des passions, que la lune peut très bien n'y entrer pour rien, »
PANTAGRUEL
VOUS ne Testes guères plus de vous amuser à les lire. Toutesfois, si pour passetemps joyeux les lisez, comme passant temps les escripvois, vous et moi sommes plus dignes de pardon qu'un grand tas de sarrabaites, cagots, escargots, hypocrites, caphards, botineurs, et aultres telles sectes de gents qui .se sont desguisés comme masques pour tromper le monde. Car donnant entendre au populaire commun, qu'ils ne sont occupés sinon à contemplation et dévotion, en jeusnes et macération de la sensualité, sinon vraiement pour sustenter et alimenter la petite fragilité de leur humanité; au contraire font chère, Dieu sçait quelle, et curios simulant, sed Bacchanalia vivunt. Vous le povez lire en grosse lettre et enluminure de leurs rouges museaux et ventres à poulaine, sinon quand ils se parfument de soulphre (287 B) Quant est de leur estude, elle est toute consommée à la lecture des livres pantagruéliques : non tant pour passer temps joyeusement, que pour nuire à quelqu'un meschanteraent, sçavoir est articulant, monorticulant, torticulant, couilletant, et diabliculant {*), c'est-à-dire calumniant. Ce que faisants semblent ès coquins de village qui fougent et escarbottent (288) la merde des petits enfants, en la saison des cerises et des guignes, pour trouver les noyaulx, et iceulx vendre ès drogueurs qui font l'huile de maguelet (288 A) iceulx fuyez, abhorrissez et haïssez aul-
(287 B) « On se rend, en effet, le leinl blême, en s'expoaant à Is vapeur de soufre. » (Johannenu.)
Les moines devaient peu se livrer è cet exercice fumlgatoire.
(288) Rabelais se moque des apothicaires qui n'étaient pas louours très scrupuleux (v. note 100) sur l'origine et le choix des substances à employer pour la préparation de leurs médicaments. Pour que son idée fasse mieux image, l'auteur crée le verbe escharbotter, du nom de Veicarbot, coléoptère qui vit dans les fumiers et les excréments.
(288 A) L'huile de maguelet était faite avec les fruits noirs et amers d un cerisier, particulier à l'Alsace, que l'on appelait mahaleb. On le nommait aussi prunier ou boi, de lainle Lucie, parce qu'il croissait à bainte-Lueie, dans les Vosges. Le Dictionnaire universel de matière
KABELAIS MÉDECIN.
tant que je fai, et vous en trouverez bien sus ma foi. Et si désirez estres bons pantagruélistes (c'est-à-dire de vivre en paix, joie, santé, faisants toujours grand chère), ne vous fiez jamais en gents qui regardent par un pertuis.
Fin des Chroniques de Pantagruel, roi des Dipsodes restitués à leur naturel, avec ses faicts et prouesses espoventables : composés par feu M. Alcofribas (288 B) abstracteur Je quinte essence.
médicale de Mérat et de Lens donne ces indications au mot Padut. « Padita Mahaleb... Cet arbre produit un petit drupe charnu, noirâtre, dont les teinturiers retirent une couleur violette... Dans le commerce, on vend les amandes des fruits du mahaleb, qui sent un peu la fève tonka et dont les parfumeurs so servent... En Egypte on les donna contre la colique et les maladies venteuses, s (288 B) V. noie 279 B.
KiN nu LivnK u.
Rabelais Médecin TABLE DES NOTES
BE
PANTAGRUEL