‹ Rachel et le nouveau-mondeChapitre 14 sur 88 · LADY TARTUFE · texte numérisé non relu

LADY TARTUFE

DISTRIBUTION

Le Marédi&l» MU GHÉRT atué* Hretor de fteaiietfne, LÉon BEAUVALUBT.

DestoarbMres, LATOCOBB.

Léonard, BANDOUX.

Madame de GlalmiDnt, Mlles SABAB.

Jeanne, DINAH.

M>n« DE BLOSSA€, KACWSL.

L'œuvre de madame Emile de Girardin plait énormément au public anglais.

Ce rôle est cependant l'un de ceux que mademoiselle Rachel abomine le plus dans ses tournées dramatiques. C'est un caractère complètement antipathique que celui de madame de Blossac, ei ce rôle, malgré mademoiselle Radiel, fait forcément moins d'efifet que les autres. Aussi, tout le monde est-il rappelé après le cinquième acte, et surtout après le quatrième, où Rachel ne parait pas.

Malgré son peu d'affection pour cet ouvrage , ce n*est çi^as la première fois que mademoiselle Rachel le joue à Londres. Il y a trois ans la pièce a été donnée plusieurs fois. Je me souviens même, à ce sujet, d'une assez bonne plaisanterie de Taffiche ; il y avait en toutes lettres : « On donnera ce soir la nouvelle comédie de Madame E. de Girardin, Lad.y Tar- TDFE, par MM. Scribe et Legou^é, »

Deux jours après cette soirée du 6 août, on dot les représentations de Saint-James's Théâtre, par une deuxième exhibition de :

ADRIENNE LECOUVRiUR.

qui attire au moins autant de monde que la première

Par malheur , la pièce qui avait très bien marché Fautre soir, va, cette fois, d'une odieuse manière.

Les accessoires sont oubliés ; on ne se souvient plus des répliques; mademoiselle Rachel, oui, mademoiselle Rachel elle-même, la mémoire incarnée, ne sait plus un mot de son rôle. — Elle coupe, elle rogne, elle taille, à travers cette pauvre prose qui n'en peut mais : — Bien plus, elle manque son entrée du troisième acte de cinq minutes à peu près; — Et c'est terriblement long, au théâtre, cinq minutes.

Pour le coup, Raphaël monte sur ses grands chevaux, et, saisissant au cheveu cette occasion de prouver au monde / que sa puissance directoriale n'est pas un vain mot, il met la grande tragédienne.... = a l'amende I — Oui, à l'amende, comme le commun des martyrs ! — Et ce n'est pas tout, il fait inscrire cet arrêt terrible au tableau du foyer, pour que Je dernier garçon du théâtre puisse le lire et en faire part à ses amis et connaissances — (Il va sans dire que cette amende qui était de 400 francs, pardieu, n'a pas été payée

plus que les autres. — Du moins, si elle l'a été, nous n'en ayons eu aucune nouvelle.).

Pour clore dignement cette soirée déplorable, Randoux qui joue Maurice de Saxe, s'accroche, à son entrée du cinquième acte, dans une tringle de fer placée au fond, tombe

en scène tout de son long et disparait à moitié dans le trou du soi^ur.

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