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Monologue du Paria, de Régulus, des Machabées

2 Récits d’Oreste dans Andromaque. Quel peuple n’a pas ses préjugés littéraires ? Voyez les Anglais ne proscrire que comme anti-aristocratique cette plate amplification de collège intitulée Caïn, Mystère par lord Byron.

voir déclamer à la scène par Talma ; de même, notre comédie ne serait, depuis Destouches et Collin d'Harleville, qu’une épilre badine, fine, spirituelle, que nous aimons à entendre lire, sous forme de dialogue, par mademoiselle Mars et Damas 1 ?

Nous voici bien loin du rire, me dirat-on ; vous faite sun article de littérature ordinaire, comme M. C. dans le feuilleton des Débals?.

Que voulez-vous ? c'est que, bien que je ne sois pas encore de la société des Bonnes-Lellres, je suis un ignorant, et de plus j'ai entrepris de parler sans avoir une idée ; j'espère que cette noble audace me fera recevoir aux Bonnes-Lellres.

Ainsi que le dit fort bien le programme allemand, le rire exige réellement, pour être connu, une dissertation de cent cinquante pages, et encore faut-il que cette dissertation soit plutôt écrite en style de chimie qu’en style d'académie.

Voyez ces jeunes filles dans cette maison d'éducation, dont le jardin est sous vos fenêtres ; elles rient de tout. Ne serait-ce

1. I1 dépend de la police de Paris d'arrêter la décadence de l’art dramatique. Elle doit employer sa toute-puissance à faire qu'aux deux premières représentations des ouvrages nouveaux donnés aux grands théâtres il n’y ait absolument aucun billet donné.

2. Le rédacteur des Débats qui signait C était Duviquet, tenant forcené du classicisme. N D, L. E,

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point qu’elles voient le bonheur partout ?

Voyez cet Anglais morose qui vient déjeuner chez Tortoni, et y lit d’un air ennuyé, et à l’aide d’un lorgnon, de grosses lettres qu'il reçoit de Liverpool, et qui lui apportent des remises pour cent vingt mille francs ; ce n’est que la moitié de son revenu annuel; mais il ne rit de rien:

c’est que rien au monde n’est capable de lui procurer la vue du bonheur, pas même sa place de vice-président d’une société biblique.

Regnard est d’un génie bien inférieur à Molière ; maïs j'oserai dire qu'il a marché dans le sentier de la véritable comédie.

Notre qualité d'hommes de collège en littérature, fait qu’en voyant ses comédies, au lieu de nous livrer à sa gaieté vraiment folle, nous pensons uniquement aux arrêts terribles qui le jettent au second rang.

Si nous ne savions pas par cœur les lexles mêmes de ces arrêts sévères, nous tremblerions pour notre réputation d’hommes d'esprit.

Est-ce là, de bonne foi, la disposition où il faut être pour rire ?

Quant à Molière et à ses pièces, que me fait à moi l’imitation plus ou moins heureuse du bon ton de la cour et de l’impertinence des marquis ?

Aujourd’hui il n’y a plus de cour, ou je m'estime autant, pour le moins, que les gens qui v vont ; et en sortant de dîner, après la bourse, si j’entre au théâtre, je veux qu’on me fasse rire, et je ne songe à imiter personne.

Il faut qu’on me présente des images naïves et brillantes de toutes les passions du cœur humain, et non pas seulement et toujours les grâces du marquis de Moncade !. Aujourd’hui, c’est ma fille qui est Mademoiselle Benjamine, et je sais fort bien la refuser à un marquis s’il n’a pas quinze mille livres de rente en biens-fonds.

Quant à ses lettres de change, s’il en fait et qu’il ne les paye pas, M Mathieu, mon beau-frère, l’envoie à Sainte-Pélagie. Ce seul mot de Sainte-Pélagie, pour un homme titré, vieillit Molière.

Enfin, si l’on veut me faire rire malgré le sérieux profond que me donnent la bourse et la politique, et les haines des partis, il faut que des gens passionnés se trompent, sous mes yeux, d’une manière plaisante, sur le chemin qui les mène au bonheur.

1, De l'Ecole des Bourgeois,

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