CHAPITRE PREMIER
Le romanticisme nell'architectura.
Marzo 1819,
25 février 1819, L'architecture.
Le romanticisme s'étend jusqu’à l’architecture. Par exemple les colonnes engagées qui sont à la façade du théâtre de la Scala sont du classicisme ridicule. Le portique qui est fait pour que les dames puissent descendre à l'abri lorsqu'il pleut est du romanticisme. Il est vrai que ce romanticisme pourrait être moins grossier et plus élégant. Vous sentez que si l'architecture grecque, qu'on imile jusqu'à Saint-Pétersbourg el Edimbourg, avait été inventée sous le climat de la Hongrie, elle serait plus conforme à nos besoins. Comme je ne veux pas ennuyer le public d'un gros livre, et que d’ailleurs le publie n’est pas encore mûr pour ces sortes d'idées, j'abandonne tous les développements à la sagacité du lecteur qui, pour peu qu'il réfléchisse, verra Loul le ridicule des colonnes engagées, que Von reproduit sans cesse parmi nous. Loin d'en:
gager nos colonnes dans le mur, c'est de bons et larges portiques comme ceux de
pour les mortels. Vénus et Bacchus divinisaient Lous les plaisirs. Elle disait aux hommes : jouissez el faites jouir. Notre sainte religion leur dit : Rappelez-vous que 7nulli sunl vocali pauci vero elecli. Songez à éviler l'enfer et mortifiez vos sens.
Un temple chrétien, en tout, le contraire d'un temple grec, doit mettre à couvert beaucoup d'hommes et inspirer la terreur.
C'est pour cela que notre Dôme de Milan comme église chrétienne est très supérieur à Saint-Pierre de Rome, qui est trop gai et qui manque totalement de la sombre horreur.
Remarquez que Michel-Ange, qui avait fort bien compris la différence de notre religion et de la mythologie, a été romanligue en introduisant dans Saint-Pierre de Rome, qui du reste est païen et gai, la sombre coupole imitée du gothique qui est la vérilable architecture de notre religion.
Rien ne prête plus à la terreur qu’un grand édifice à coupole où le spectateur a toujours sur la tête la preuve de la puissance immense qui a bâti.
Le défaut de notre dôme c’est que, une fois entré dans l’église, la coupole s'aperçoit à peine. En ce sens San Celso est mieux.
D'ailleurs il faudrait qu’au Dôme, le grand autel fut absolument isolé. Tous les ornements dont il est entouré sont jolis ou beaux et, comme tels, détruisent la terreur.
11 ne faut pas que le Commendaliore nel Don Giovanni fasse des roulades en répondant à l'invitation à souper du jeune libertin. Je m'’arrête. Pauca inlelligenti.
toute de finesse et de vanité satisfaite, vous retenez à terre mon âme qui brûlait de s'élancer vers le ciel; pour un instant vous ravalez mon âme à n'être que celle d'un classicisie.
Donnez à Appiani un geste qui exprime son âme et non pas son état, car vous ne pouvez donner l’idée de ses chefs-d’œuvre qu'en montrant son âme. Exprimer quelque chose de particulier à l'artiste; que, par exemple il avait les cheveux frisés de telle ou telle manière, ou qu’il était bel homme, c’est imiter les peintres du quatorzième siècle, c’est faire une méprise : car est-ce pour son toupet (ciuffo) ou pour sa jolie jambe que le public lui élève une statue ?
C’est uniquement aux qualités de son âme et de son esprit qu’on rend un hommage immortel.
Si les traits que nous recevons en naissant de nos parents, si la physionomie qu'y impriment ensuite nos habitudes morales, exprimaient parfaitement et entièrement notre âme, je dirais : faites un portrait de votre statue.
Mais, comme il n’en est pas ainsi, une statue doit être un portrait embelli et doit présenter : 10 assez de ressemblance; 2° autant que possible l'expression des grandes qualilés que le public veut éterniser.
J'ai étudié très attentivement le buste de Vitellius à Gênes, les têtes d’Aristide et de César aux Sfudj à Naples, les bons bustes del Campidoglio à Rome; j'ai cru VOIT :
exprimer un caractère ! el ainsi élever mon âme au sublime ; mais vêtues à la moderne avec des bas de soie et des souliers à boucles, cette jambe et cette cuisse sont ridicules.
Pourquoi ? je n'en sais rien. Pourquoi le tabac me fait-il éternuer ? Mais le fait est sûr. Voyez à Paris le dégoût que donnent des centaines de statues traitées dans ce genre. Il ne se passera pas cinquante ans avant qu’on ne les ôte de leurs niches pour les reléguer dans quelque garde-meuble.
Voyez à Saint-Paul de Londres la statue habillée du père du romanlicisme, le célèbre Johnson.
Je me trompe peut-être ; peut-être suis-je égaré par les habitudes de mon âme et je déclare impossible pour tous un plaisir qui est seulement impossible pour moi ?, mais il me semble qu'ici le romanticisme n’est pas applicable. Il faut le nu, car le nu est le moyen de la sculpture.
Mais, me dira-t-on, que concluez-vous sur le monument d’Appiani qui dans ce moment oceupe tous les esprits ? J'aurais bien envie de ne pas conclure. En effet, quels sont mes titres pour oser contredire tant d'artistes si respectables et si justement célèbres ?