‹ Racine. Textes choisis et commentésChapitre 106 sur 130 · SCÈNE IV AGRIPPINE, ALBINE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV AGRIPPINE, ALBINE

ALBINE

Dans quel emportement la douleur vous engage, Madame ! l'empereur puisse-t-il l'ignorer !

AGRIPPIXE

Ah ! lui-même à mes yeux puisse-t-il se montrer !

albinf:

Madame, au nom des dieux, cachez votre colère. Quoi ! pour les intérêts de la sœur ou du frère. Faut-il sacrifier le repos de vos jours? Contraindrez- vous César jusque dans ses amours?

AGRIPPINE

Quoi ! tu ne vois donc pas jusqu'où l'on me ravale, Albine? C'est à moi qu'on donne une rivale. Bientôt, si je ne romps ce funeste hen. Ma place est occupée, et je ne suis plus rien. Jusqu'ici d'un vain titre Octavie honorée. Inutile à la cour, en était ignorée :

Les grâces, les honneurs, par moi seule versés. M'attiraient des mortels les vœux intéressés. Une autre de César a surpris la tendresse : Elle aura le pouvoir d'épouse et de maîtresse ; Le fruit de tant de soins, la pompe des Césars, Tout deviendra le prix d'un seul de ses regards. Que dis-je? Ton m'évite, et déjà délaissée... Ah ! je ne puis, Albine, en souffrir la pensée. Quand je devrais du ciel hâter l'arrêt fatal, Néron, l'ingrat Néron... Mais voici son rival.

BRITANNICUS = 243

Page 1