SCÈNE II LÉANDRE, LE SOUFFLEUR
LÉ AND RE
Je me sers d'un étrange artifice :
Mais mon père est un homme à se désespérer ; Et d'une cause en l'air il le faut bien leurrer. D'ailleurs j'ai mon dessein, et je veux qu'il condamne Ce fou qui réduit tout au pied de la chicane. Mais voici tous nos gens qui marchent sur nos pas.
Vivre en père jaloux du bien de sa fanille, Pour en laisser un jour le fonds à votre fille, Que de nourrir un tas d'officiers affamés Qui moissonnent les champs que vous avez semés ; Dont la main toujours pleine et toujours indigente. S'engraisse impunément de vos chapons de rente? Le beau plaisir d'aller, tout mourant de sommeil, A la porte d'un juge attendre son réveil, Et d'essuyer le vent qui vous souffle aux oreilles, Tandis que monsieur dort et cuve vos bouteilles ; Ou bien, si vous entrez, de passer tout un jour A compter, en grondant, les carreaux de sa cour ! Eh, monsieur ! croyez-moi, quittez cette misère.
CHICANEAU
Vraiment, vous me donnez, etc.