‹ Radio '49Chapitre 23 sur 35 · LE PREMIER POSTE BILINGUE DE L'ONTARIO · texte numérisé non relu

LE PREMIER POSTE BILINGUE DE L'ONTARIO

Je ne connais pas de meilleure façon de faire connaître noire poste que d'avoir recours à notre identification.

On me pardonnera sans doute cette manière qui, plutôt prosaïque, avouonsle, ne semble pas digne de la revue RA- DIO ‘49: mais je dois avouer, en toute franchise, que “le premier poste bilingue de l'Ontario” veut dire plus que BEAUCOUP, pour nous, Canadiens français de l'Ontario.

Avec un petit effort d'imagination,

(suite à la page 21)

Page 19

PS

Lo<

CHLN - Trois-Rivières

C.H.L.N.... Ici la Voix de la Mauricie. C'est ainsi qu'après une émission ‘du grand studio on identifie une émission. Vous ne le saviez pas? Moi non plus jusqu’au moment où je me suis vu <onfier la tâche d'annonceur au poste

xadiophonique des Trois-Rivières.

Je dois dire que je suis tout nouveau dans le métier. C'est pourquoi on m'a ‘demandé d'écrire mes impressions premières. J’acquiesce avec plaisir, d'autant plus que le directeur des pro- ‘grammes me regarde d'un oeil qui semble dire: “Ecris ou je te coupe le micro”.

J'ai passé environ six mois chez les Compagnons à Montréal. Je profite de l'occasion pour mettre bas mon chapeau devant le Révérend Père Legault, toute l'équipe et, particulièrement, Guy, Jacques ainsi que le diminutif Raymond. J’ai bien aimé mon séjour chez les Compagnons”. Puis, le destin me poursuivant sans cesse, j’ai pris le chemin des Trois-Rivières. Là, j'ai rencontré le charmant directeur des programmes, Claude Séguin, et après un essai d'une semaine, on m'a définitivement accepté comme annonceur.

Mes impressions ? Comme dit le dicton : “Tout nouveau tout beau”, alors mes impressions du début ne peuvent être qu'excellentes, À ma première apparition au microphone, j'avais évidemment la trouille. Mais avec le temps, on s’y fait et l'on vient à considérer le microphone comme un bâton fort lorsqu'on le tient entre ses mains. De toute façon, tant que l'envie ne nous prend pas de l’avaler, on peut être sauf.

À l'heure présente, les cédules, par suite de la saison estivale, sont un peu changées. Le directeur des programmes se creuse la tête pour essayer de donner aux annonceurs un peu de répit aux heures particulièrement chaudes de l'été.

Il y a plusieurs émissions mises en ondes par C.H.L.N. qui sont tout à l'honneur du poste. Soulignons : ‘’Au Bistro”, avec Jean-Guy Ferron, ‘Argent Sonnant”, avec André Cartier le matin et Chester Robidoux l'après-midi. Il y a aussi ‘’Sur le Vif”, avec notre Renée Gagnier et Claude Séguin. L'émission #Tout le monde à table” donne aux auditeurs la chance de se délas-

‘Page 20

Rs

Er ve ds

ser en compagnie de tous les annonceurs. Enfin, il y a l'émission ‘Chansonnettes et fantaisies” tous les jours de une heure à deux heures, avec l’ani-

mateur Léo Benoit, ci-devant, dont vous

subissez la lecture du texte. Mentionner ici tous les autres programmes intéressants serait beaucoup. trop long.

Ce qui est bien plus simple, c'est de synthoniser 550 au cadran de votre radio et vous constaterez par vous-mémes la valeur des émissions ‘”’mauriciennes”.

Mes impressions sur la ville des Trois- Rivières ? C'est une très belle cité et, même si je me vois forcé d‘habiter Trois-Rivières, je n'ai pas trop pour cela les “BLEUS”. Parfois, aux temps sombres, il y a bien une divine odeur qui plane sur la ville, mais les Trifluviens soutiennent que c'est bon pour la santé: alors, je ne m'en fais pas.

Voilà, c'est tout; mais avant de vous quitter, donnez-moi la chance de vous dire un autre mot. Si jamais vous faites un voyage aux Trois-Rivières, vous serez toujours les bienvenus au poste C.H.L.N. Nous nous ferons un plaisir de .vous faire visiter nos studios.

PO RE z : h: “sil

3.—M. Yves Marchand, à l'emploi de CJFP depuis l'ouverture, natif de Rivière-du-Loup, est au département de la rédaction. Directeur-commercial, il voit à ce que les commanditaires aient satisfaction. M. Marchand réalise depuis 6 mois une émission des plus populaire, sous la rubrique ‘’Entre nous”.

CKBL - Matane

“Sur le Boulevard de la Chanson, nous vous invitons à faire la promenade... Chantons des airs sans façon et des belles sérénades...”

Ces trois lignes de notre refrain vous indiquent le caractère de notre émission, qui passe sur nos ondes le mercredi soir à 8.30 hres. Regardez bien la photo, nous allons vous présenter no-

(Photo Chouinard)

re équipe... Assise au piano, vous voyez notre pianiste Agnès Charest :

mais Agnès ne se limite pas à l’accompagnement; de temps en temps, elle y

.va, elle aussi, de son refrain: parmi ses

chansons favorites, il y a surtout cette belle mélodie de Annie Gould, “La Seine”... Et maintenant, je vous présente

“Marcel Houle, le Vicomte de C.K.B.L., ‘qui se spécialise dans l'interprétation

des chansonnettes marseillaises : François Raymond, debout à la gauche de Marcel, ne chante pas mais je vous assure qu'il ne cède pas sa place lorsqu'il s'agit de rigoler: Jacques Bernier, lui, ne chante pas, ou plutôt devrais-je dire ne chante plus. Jacques a ‘couché sa voix une fois dans la cire" et elle y est demeurée depuis. Cette aventure ne.

l'empêche pas de reprendre le refrain avec les autres, à 8.30 hres et à 8.59 hres. Denise Thibault est une des vedettes les plus appréciées de l'émission, Elle chante et, en plus, tient un rôle important dans notre sketch “Les Mystères d’un Tire-Pois”, un roman de Cape et d'Epée, adapté pour notre époque.

Nous vous en reparlerons dans quelques instants,

À la gauche de Denise, Pierre Savary médite son texte, et Maryse Girard sourit à Jacques Bernier. Maryse est discothécaire à CKBL. Au Boulevard, elle chante et même, de temps à autres, nous offre un ‘petit morceau” de piano.

Henri Soucie est le réalisateur de l'émission, et ses chansons du Boulevard sont toujours impatiemment attendues par ses admiratrices. Enfin, derrière le lutrin, vous apercevez le Gai Pinson de CKBL, Lauraine Jourdain, qui fait partie de l'équipe de notre Boulevard depuis janvier.

Il y a aussi un roman-fleuve, qui

- crée une amusante diversion pendant

l'émission. C'est une véritable partie de plaisir pour les interprètes. L'intri- (suite à la page 24)

Montréal, 21 mai 1949

CHNO (suite de la page 19)

peut- Ste pouvez-vous vous figurer une existence canadienne-française... sans VOIX française.

: Dans le cas où, trop favorisés par le sort, vous ne vous trouviez pas en mesure d'en saisir le problème, il ne faudrait pas vous alarmer, car, il y a à peine deux ans, l'Ontario ne savait pas ce que cela pouvait être, et pour cause!

Il n'y avait qu'un poste dans la ville du nickel, qui comptait pourtant une population dépassant 45,000 habitants, en majorité canadienne-française, notons-le bien. Ce poste radiodiffusait le français sur ses ondes une heure par jour !

C'était moins que suffisant !

Les organisations canadiennes-françaises, malgré tous leurs efforts et la coopération qu'elles obtenaient de part et d'autre, après avoir eu à combattre pour que le français soit enseigné dans les écoles, ne pouvaient suffire à éduquer le peuple. Il fallait trouver un moyen de pénétrer continuellement dans les foyers... c'est-à-dire tous les jours... à chaque instant... voire méme, et surtout, dans les moments ré.

créatifs.

En un mot, il fallait la radio française.

À peine un an après sa naissance, CHNO, sans avoir la prétention de passer à la maturité, a pourtant pris figure d'adolescent, sur qui les plus hauts espoirs se fondent. Il a fallu pour ça des hommes qui avaient à coeur que le francais ne meure pas, des personnalités dont on pourrait sans doute comparer les fiqures à une sorte de “’Chevalerie Moderne”. Aux palmarès, s'inscrivent d'eux-mêmes, pour ne mentionner que ceux-là, les noms de M. B. Ricard, du Dr Hurtubise, de MM. Cooper et Duncan.

De nos jours, CHNO existe |! Tout le monde le concède.

Même plus : CHNO SERT.

I1 sert 45,000 Canadiens français sur une population de 100,000.

C'est presque la moitié ou peu s'en faut.

Je vous pose la question, amis lecteurs de RADIO ‘49: le succès obtenu ne mérite-t-il pas au'on le crie sur tous les toits ?

Sauf pour quelques heures de la soi-

Montréal, 21 mai 1949

FAN TENNES .

CR rovi nce. ;

LS

es ie

rée, les 9/10ièmes des émissions sont locales. De quoi être fier ! Ces programmes sont divisés entre les périodes de langue anglaise et celles qui nous touchent de plus près, ici: les périodes françaises.

. Le menu du jour à CHNO consiste en autant qu'il est possible, en émissions aussi variées qu'intéressantes, recueillant ca et là les talents locaux, qui ne manquent pas.

Afin que CHNO soit bien situé dans le souvenir des lecteurs de RADIO ‘49, suivent quelques ‘traits typiques” des ‘artisans de la première heure”.

RENE RIEL . Ce jeune homme, plutôt maigre, élancé, a vu naître CHNO. C'est grâce à son esprit d'initiative et à sa persévérance inlassable que le personnel français peut aujourd'hui occuper à CHNO la tranche-horaire qui lui est dévolue.

Parfait bilingue, doté d'un tempérament à l'épreuve de toute rebuffade, René Riel (il me pardonnera sans doute l'allusion) est un gérant commercial parfait. Rappelons que les auditeurs du Nord de l'Ontario lui doivent l'ABC français.

PHILIPPE FISETTE

Un jeune homme de 23 ans, à la figure ovale et sympathique, voilà en quelques lignes l'ami Phil. Bon Canadien français, Philippe Fisette a profité de la chance aui lui était offerte de venir en Ontario pour apprendre l'anglais. Après huit mois de travail ardu, entre les heures de micro, vous seriez surpris de l'-ntndre vous présenter L'HEURE DE LA SYMPHONIE dans un anglais qui pourrait rendre jaloux (soit dit sans malice) quelques annonceurs de la BBC.

Phil et votre humble serviteur constituent l'élément étranger à CHNO.

Après de solides études, il fit ses débuts à CKRN, Rouyn, et à CKVD, Val d'Or.

L'ambition de Phil?... Attention, messieurs : RADIO-CANADA.

Page 1