CHAPITRE IV
Activation des fils.
26. Résultats. — Je ne décrirai pas cette méthode d’investigation, parce que j'ai suivi les indications données dans les ouvrages classiques. Seulement au lieu d'opérer en plein air, le fil à activer de 4 m. de long, était tendu au milieu du laboratoire entièrement fermé. Il n’y a donc rien d'étonnant à ce que j'ai trouvé du thoron, puisque la pièce du laboratoire est adossée au rocher (4). La porosité du mur suffit à laisser passer les émanations venues du sol. Voici, sous forme de tableaux quelques-uns des résultats obtenus :
TaBLEau V
Avec le fil activé, au début de la désactivation
Epoque et durée Intensité d’ionisation d'activation sans le fil activé
1er avril 1933
3 heures Tension: 20 000 v. I 200 TABLEAU VI Epoque et durée Epoque Intensité d'activation de désactivation d'ionisation
2 avril 1933 )
3 heures 2 minutes 395
Tension : 20 000 v. D — 390 20 — 370 33 -- 348 Lo — 324 78 — 225
Tagzeau VII
Epoque et durée Epoque Intensité d'activation de désactivation d'ionisation
6 avril 1933 0 27 heures ; 4 minutes 736
Tension: 10 000 v. |. 687
hr
Tagzeau VIII
Epoque et durée Epoque Intensité d'activation de désactivation d'ionisation
6 avril 1933 o 10 minutes 4 minutes 615 Tension : 20 600 v. 7 — 380
ho — 260
27. Interprétation. — Il est difficile de déduire une conclusion précise des nombres précédents, parce que la composition de l’air du laboratoire varie pendant toute la durée de l'activation. J'ai cependant tracé la courbe du 4 avril (tableau VII) (fig. 9) parce qu’elle mettrès clairement en évidence la présence du thoron dans l’air du laboratoire.
Toutes les autres mesures permettent de dire que l’activité du fil due aux dépôts du thoron est de l’ordre du dixième de l’activité due aux dépôts du radon.
En remarquant que le thoron présent dans la pièce du laboratoire a mis à traverser les parois un temps très long par rapport à sa période (56 s.) on peut en déduire que la pro-
portion de thoron par rapport au radon est grande dans le
sous-sol.
; A 3 b zmensité uniles arbitraires
Fig. 9. — Courbe de désactivation d’un fil activé à l’intérieur du laboratoire.
28. Remarque. — J’ai toujours considéré ces mesures, à l’époque où je les ai faites, comme trop grossières pour qu’elles suffisent à lever le doute au sujet de l’origine du radon. ; s
J'étais persuadé que le radon, dont j'avais mesuré avec précision la période (24) était d'origine accidentelle (44) (45).
Je me suis mis alors à explorer avec beaucoup de soins toutes les dépendances de l'Observatoire, effectuant partout des mesures de radiation pénétrante et de teneur en radon de l’air. Ces mesures très longues et très fastidieuses n’aboutirent à aucun résultat net. Je ne les décrirai pas parce qu’elles ne présentent aucun intérêt.
Tel jour, je trouvais partout une teneur considérable en radon (19), même dans le couloir central en pleine aération. Le lendemain tout avait disparu. Quant à la radiation pénétrante globale, invariable d’un point à un autre, elle variait peu et lentement avec le temps, comme je l’ai déjà mon-
tré (24).