ET DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES
Prince,
Vous avez daigné agréer la dédicace de ce modeste ouvrage, écrit avec le cœur à défaut de talent ; permettezmoi de vous en exprimer toute ma reconnaissance et de
vous répéter ici que personne n'était plus digne de ce respectueux hommage que Votre Excellence , qui fut constamment le protecteur et l'ami de Raffet.
J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect. Prince, de Votre Excellence, le très-humble et très-reconnaissant serviteur.
Auguste Bry.
Avant de retracer la vie du grand artiste qui vient d'être enlevé si prématurément à la France et aux arts, nous voulons, par quelques détails préliminaires et aussi par les pièces authentiques que nous avons sous les yeux, détruire une erreur qui a souvent fait considérer comme une seule et même personne le père et l'oncle de Raffet.
Son oncle, Nicolas Raffet, naquit à Paris, le 22 février 1757. Il passa en Amérique d'où il revint à l'âge de trente ans, possédant une assez belle fortune, amassée dans 1-e négoce. En 1789 il embrassa la cause de la révolution en brave soldat et en bon citoyen, et fit partie des volontaires de la garde nationale parisienne où bientôt il fut nommé, à l'élection, capitaine de la ome compagnie du bataillon de Saint-Roch.
Le 1/j. floréal de l'an m, le comité de sûreté générale
déclarait que le citoyen Raffet, commandant de la force armée de la section de la butte des Moulins, avait rendu de grands services à la patrie et à la Convention nationale, pendant les journées des 12, 13, 29, 30 germinal et 1er floréal; que le 13 germinal, étant adjoint au général Pichegru, il avait été blessé d'un coup de feu à la barrière de Neuilly, en commandant l'escorte des représentants Barrère, Billaud-Varennes, Collot-d'Herbois, condamnés à la déportation, et que malgré la gravité de sa blessure il n'avait quitté son service que le lendemain à 11 heures du matin, lorsque tous dangers étaient entièrement dissipés.
Le 6 prairial, le comité de salut public le nomma adjudant général chef de brigade, sous les ordres du général Menou, en récompense de sa belle conduite pendant les journées des 1er, 2, 3, 4 prairial, et lui conserva le commandement en chef de la garde nationale parisienne. (Voir la pièce A.)
Le soir du même jour, les représentants dit peuple chargés de la force armée et de la 17" division militaire. ajoutèrent à son nouveau grade celui «le commandant temporaire de la place de Paris.
Le •""> messidor, la Convention nationale, sur le rapporl de -"ii comité militaire, rendit un décrel portant nomination d'un commandant temporaire et de trois adjoints pour la commune de Pari . Nicolas Raffet lui confirmé dans ■ .H crade.
Pièce D
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Enfin, le 25 thermidor, le comité de salut public, sous l'autorisation de la Convention nationale, le nomma général de brigade près les troupes de l'armée de l'intérieur et pour le service particulier de la garde nationale à Paris. (Voir la pièce B.)
Vers la fin de l'an m, le général Raffet quitta le service et se retira à la campagne auprès de son frère. Il y vécut modestement du peu qui lui restait, car, de malheureuses spéculations, la révolte de Saint-Domingue et la dépréciation des assignats, avaient anéanti sa fortune ; quand ses * ressources furent épuisées, il écrivit au ministre de la guerre afin d'obtenir le traitement de réforme affecté à son grade; mais il apprit qu'il lui manquait quelques semaines de service pour avoir droit à cette pension. (Voir la pièce C.)
Il mourut à Paris, rue Chariot, au commencement de l'année 1803, dans un état voisin de l'indigence, emportant l'estime de ses compagnons d'armes. (Voir la pièce D fac-similé) , et laissant un fils âgé de sept ans.
Claude-Marie Raffet, le père du grand peintre dont nous déplorons la perte, naquit à Paris le 15 août 1771. Le 18 août 1789, il s'enrôla dans le corps des volontaires de la garde nationale du bataillon de Saint-Roch que commandait son frère. Plus tard, il servit dans le 9e régiment de hussards, compagnie de Montmayeur; il y fit les campagnes de la Belgique depuis la formation du corps des hussards dits de la liberté. Rentré dans la vie civile en
l'an m. Marie Rafle! n'avait aucune profet non ; on frère Nicolas vini à son aide ci lui iii entreprendre un petil commerce nie des Orties, n" 2('s2 (aujourd'hui not2); peu après, il alla si1 fixer à Maffliers, près I [sle-Adam (Seine-et-Oise) , oîi, !<■ 29 ventôse de Tau m. il épousail Marie- Charlotte Pourquet, fille d'honnêtes commerçants de celle commune.
Mu L802, il revenail habiter Paris, rue de Crussol, ii° lw2. puis l'iic de Jouy, n° L81. C'est dans cette maison que, le l"r mars iso'i. riaquil Denis-Auguste-Marie Raffet, qui devait être l'une des gloires artistiques de la France.
Pièce A