‹ Raffet: son œuvre lithographique et ses eaux, fortes suivi de la bibliographie complète des ouvrages illustrés de vignettes d'après ses dessinsChapitre 311 sur 494 · COMBAT DANS LA GRANDE RUE.— (13 Octobre · texte numérisé non relu

COMBAT DANS LA GRANDE RUE.— (13 Octobre

Un détachement d’infanterie , longeant les murailles ,

i Théodore Le Blanc, frère du colonel du génie dont nous avons décrit le portrait sous le N® 17 de notre Catalogue , a travaillé quelque temps dans l’atelier de Charlet; ses aquarelles rappellent la large touche du maître , mais avec une couleur moins violacée. Nous avons tout lieu de penser que ses premières œuvres lithographiques ont été un album imprimé chez Villain , et édité par les frères Cihaut ; l’une des pièces qu’il contient : Voyage en caque-au-lait , ne prouve rien autre chose, sinon que la maladie du calembourg était contagieuse dans l’atelier de Charlet; viennent ensuite une portion des ruines du château de Mon ferrant ( dt’p. de P Isère ), et diverses pièces dont quelques-unes sont déjh remarquables; l’une d’elles représente la consécration, dans une ville du Midi, d’un édifice qui nous parait être un marché; les ligures y ont beaucoup d’importance et dénotent un vif sentiment de la couleur. Mais le véritable titre de Théodore Le Blanc, ce sont les trente-deux croquis d’après nature faits pendant trois ans de séjour en Grèce et dans le Levant (IS34). Il y a dans cette suite des l’allikares rouméliotes, des Montagnards de l’Olympe et dus princes Géorgiens, des cafés è Smyrne et des rues de Constantinople , des marchés d’esclaves h Ak-Issar et des chanteurs grecs , des femmes missolonghiotes et une danse de Pallikares devant Athènes, tout cela assez incorrect de dessin, mais plein de verve, de bruit, d’éclat, de sentiment local, et toujours vu par le côté de la couleur. Rien ne rappelle Charlet, tout reflète l’influence du Faust de M. Eugène Delacroix. Nul artiste peut-être n’a su rendre avec autant de bonheur que Le Blanc cet éclat bizarre de la sclérotique de l’œil dans le visage tanné des Orientaux. Un autre album, le dernier qu’il publia, retrace en douze planches inférieures aux précédentes, divers épisodes de la Retraite de Mascara {1836). Cependant, quelques parties de l’une de ces lithographies : Marche de la 4° brigade en quittant le camp des figuiers, sont traitées avec une rare énergie. Il y a encore dans cette suite le portrait d’Ibrahim-Bey, celui de Youssouf-Bey et du lieutenant-colonel Marey commandant les Spahis; toutes ces pièces, pour la plupart d’un vif intérêt historique , portent celte mention : dessiné d'après nature.

Pourquoi l’auteur de tant d’œuvres estimables fait-il partie de la grande tribu des inconnus de talent ? C’est ce qu’il est difllcile d’expliquer. Que le public n’ait pas applaudi k des lithographies plus colorées que savantes, plus naïves que terminées, nous le comprenons sans peine ; mais aucun biographe n’a parlé de Th. Le Blanc, et les artistes de son temps ignorent jusqu’k son nom ; un seul cependant le connaissait et l’estimait sans nul doute ; cet artiste sympathique k tout ce qui était sincère , c’était Raffet, et nous avons pu voir k sa vente adjuger pour quelques francs k un intelligent et prévoyant amateur, tout nn lot d’épreuves d’essai des plus belles lithographies de Théodore Le Blanc.

Nous devons les éléments de cette note a l’amitié de M. Philippe Burty, qui les a détachés pour nous de travaux importants qu’il se propose de publier prochainement sur les peintres lithographes et aquafortistes contemporains.

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