SCÈNE II LE DESTIN, L'ÉTOILE, LA RANCUNE
LA RANCUNE
N'avez-vons point vu le petit Ragotin?
En vain à le chercher mon âme est empressée.
En même lit couchés tons deux la nuit passée, Etant incommodé, sans donte il s'est levé; Du moins à mon réveil je ne l'ai plus trouvé: Seulement ses habits ont frappé ma visière. Je le cherche, je cours depuis une heure entière; Et, pour moi, dont l'âme est ronde comme un cerceau, Le petit homme étant avocat et Manceau, Je conclus, et la chose est assez vraisemblable, Puisqu'il n'est point céans, il faut qu'il soit au diable. Ne l'avez-vous point vu?
l'étoile.
Moi, non.
LA RANCUNE
Pour m'égayer Je viens de lui dresser un plat de mon métier: J'ai tout présentement, pour lui donner la fièvre, Rétréci ses habits. Le tour est assez mièvre.
LE DESTIN
Il est digne de vous: adieu. Pour nos amours, Ma sœur, allez trouver Isabelle.
l'étoile.
J'y cours.
(Elle laisse tomber sa lettre en s'en allant.)