‹ Rambures: Épisode des guerres du temps de Charles VIIChapitre 10 sur 10 · NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE

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Paule de Yiguler, d'une des plus nobles et des plus anciennes familles du Languedoc, naquit à Toulouse en 1518, vingt ans environ après la mort de la célèbre Clémence Isaure, dont elle semblait être destinée à réparer la perte. Dès son enfance, elle attira les yeux par une réunion véritablement extraordinaire de toutes les qualités morales et physiques qui composent la perfecUou. En 1533, elle

avait quatorze ans, lorsque François I^^ viut à Toulouse. Les capUouls la choisirent pour offrir au monarque les clefs de la ville. Le prince fut tellement frappé de la beauté et de la grâce de la jeune fille, que dans son enthousiasme, il la nomma la Belle Paule. Ce titre ne lui fut pas disputé.

Paule était trop belle pour ne pas être environnée d'hommages. Parmi ses admirateurs, elle distingua Philippe de la Roche, baron de Fontenilles ; mais le choix de sa famille se fi&a sur le sire de Baynaguet, conseiller au parlement de Toulouse. Paule, immolant son amour à son devoir, obéit en fille soumise. Son époux mérita son affection, mais il ne jouit pas long-temps du bonheur dont il était digne ; il mourut, et la jeune femme, devenue libre, put récompenser par le don de sa main, la passion du baron de Fontenilles. Au passage de Charles IX à Toulouse, en l$6a, Catherine de Médlcis témoigna le désir de voir la belle Paule^ et quoiqu'elle eût alors quarante-cinq ans, sa beauté était encore telle, que la reine-mére en demeura stupéfaite. Le connétable de Montmorency, qui accompagnait le roi, s'écria d qu'on pouvait hardiment placer la baronne de Fontenilles au nombre des merveilles de l'univers; qu'elle était l'honneur de Toulouse et de son siècle. Paule mourut en 1610 : sa vie, comme on le voit, avait été de 92 ans. Elle fut ensevelie dans le tombeau des Lancefoc, au couvent des Grands-Augustins, dans la chapelle des onze mille Vierges, à la droite de l'église.

Paule laissa de grands souvenirs à Toulou&e. £ILe s'adonna avec fruits à l'éiude ; eUe compojsa même quelques ouvrages qui existent encore. Nous pouvons citer «n dizain composé par elle pour seryir d'épît^he à un jeune enfant qu'elle avait perdu.

Cette pièce est iotitulée la mort d'uo iîls ; la voici :

Le tendre cor^s de moo fiU moult cliéry Glt maiotenaDi dessoubs U froide lame, Dans les cieui clairs 4oit triompher son àmc, Car ea vertu toasiours il fut noorry.

Las ! j*ai perdu ce beau rosier fleury.

De moo vieui temps Torgueil et Pespérance :

La seule mort peult donner aUégeance Au mal cruel qui mon cœur a meurtry ; Or, adieu donc, mon enfant moult chéry, De toi mon cœur gardera souvenance.

La beauté de Paule était si merveilleuse que la foule se pressait sur ses pas, lorsqu'elle sortait. Cela devint même si incommode pour elle, qu'elle prit le parti de se renfermer dans son hôtel, et de ne paraître en public que la figure cachée sous un voile. Cette r<ésolution, trompant la curiosité et Tadmiration des habitants de Toulouse, faillit devenir la cause d'un mouvement séditieux dans la ville, et le conseil de la cité fit un procès à la belle Paule, afin de robliger à se montrer deux fois par semaine à visage découvert,

Gabriel de Minut, sénéchal de Rouergue, baron de Castera, auteur distingué par ses talents poétiques et sa manière originale d'écrire, professait pour la belle Faute la plus vive admiration ; il nous a laissé d^elle un portrait, ou plutôt une description physique tellement complète qu'il est impossible de la donner ici, bien que son ouvrage ait été offert à la reine Catherine de Médicis par la pudique abbesse de Ste-Claire, parente de Paule. Nous préférons citer les vers qui terminent le livre de Minut, parce qu'ils prouvent que la baronne de Fontenilles ne fut pas moins chaste que belle,^

Adîea, celle que j*ai dans mon cœur imprimée, Qui se fait par sa grAce à un chacun aimer Et accroître partout la vive renommée.

Adieu, du Languedoc la dame mieui fAmée»

Que sur toutes je puis chaste et belle nommer.

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