‹ RameauChapitre 40 sur 89 · M.VRET, p · texte numérisé non relu

M.VRET, p

2. MareTjP. 45 : « Sa dissipation et ses voyages ne lui avaient pas permis d'épurer son langage ; une femme qu'il aimait lui en fit le reproche ; il se mit aussitôt à étudier sa langue par principes, et y réussit au point de parvenir en peu de temps à parler et à écrire correctement. »

qui l'emporte, et épouse la demoiselle Marguerite Rondelet. Son propre mariage enfin ressemble fort à un mariage d'amour. Mais tous les feux dont il brûla ainsi furent certainement de courte durée : aucune marque de douleur ou d'attendrissement ne lui en est restée. La seule divinité qu'il ait servie toute sa vie, est la musique. Lorsqu'il composait, il devenait un autre homme : « il se livrait à une gaieté déclamatoire lorsque son génie le servait à son gré, et à une espèce de fureur chagrine s'il se refusait à ses efforts ^ » . C'était un véritable enthousiasme, qui ne souffrait pas de témoins : « malheur à l'indiscret qui pénétrait alors jusqu'à lui », le surprenait en ces transports, si éloignés de sa réserve ordinaire.

Maître enfin de sa pensée, il lui fallait encore obtenir que l'exécution ne fût pas une trahison. Nouveaux efforts, nouveaux combats, nouveaux accès de rage. « Il s'asseyait dans le parterre où il voulait être seul ; si quelqu'un venait ly trouver et s'approchait de lui, il le repoussait avec la main sans lui parler et sans même le regarder^ ». Il parle, il proteste, il implore, il crie, il s'égosille, sa voix s'enroue, s'étrangle, et il est obligé de sucer un fruit pour retrouver des

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