Abdallatif. — Traduction de M. de Sacy
2. Ph-t-ah = ahi, agnij. La plus ancienne divinité des premiers temps védiques. L’origine septentrionale du culte du feu est, ce nous semble, indiscutable.
de captifs s’étaient épuisés pendant de longues an-
nées à extraire des carrières du Mokattan, et à transporter au delà du fleuve; de plus, en témoignage de sa reconnaissance et de sa piété, il avait fait placer devant les pylônes du sanctuaire, et dans l’attitude de la contemplation religieuse, les statues monolithes de sa femme, de ses enfants et la sienne. Eh bien ! dans ces lieux, où temples, divinités, adorateurs sont plongés dans le même sommeil, et livrent aujourd’hui au vent du désert une même poussière, un colosse renversé, jeté loin de sa base, avec laquelle il dut mesurer jadis près de quinze mètres de hauteur, surmonte encore, de toute l’épaisseur de ses membres mutilés, le niveau général delà plaine: dernière épave des grands jours de Memphis ! A ses insignes guerriers, à la finesse de ses traits, au nom de Ramsès gravé sur les ornements de sa poitrine et sur l’agrafe de sa ceinture, on ne peut méconnaître en lui l’image du conquérant, celle-là même dont parlent Hérodote et Diodore, et qu’admira Abdallatif.
Pylônes et portique d’un grand temple. — Restauration donnée par la commission d’Egypte.
Cent cinquante lieues de navigation, en remontant les méandres du Nil, à travers le sol le plus riche et le plus peuplé qui fût jamais, le long d’une double ligne de bourgs et de cités, conduisaient de la ville de Phtah à celle d’Ammon.
Par la latitude du 25° 34', le Nil, qui depuis son entrée en Égypte se dirige entre le nord et le nordouest, se replie tout à coup sur lui-même, et court pendant quelques myriamètres à l est-nord-est du monde, comme s’il voulait se frayer un chemin vers la mer la plus voisine. Dans cet espace, la vallée du fleuve, évasée en ovale comme un cirque immense entre ses deux chaînes parallèles, présente un de ces sites qui semblent prédestinés par la nature à recevoir les grands établissements des hommes.
C’est le point de convergence des lignes du commerce de l’Afrique et de l’Arabie, des routes les plus directes du Soudan par les Oasis, et de l'Ha-
besh par les plateaux nubiens; c’est le débouché des ouadays qui mènent à la mer Rouge, et qui conduisaient jadis aux mines d’or, de cuivre et d’émeraudes de la Troglodyte; c’est là que « No-Ammon était assise entre les canaux, ayant pour remparts les eaux des eaux.
« Là cette tutrice des nations s’appuyait dans sa force sur l’Éthiopie comme sur l’Égypte, et avait pour défenseurs les fils de la Lybie et ceux de Phut le sans bornes L »
Là gisent aujourd’hui ses membres épars.
Lorsque, remontant du nord, on vient à atteindre le saillant de la chaîne lybique qui clôt de ce côté la plaine thébaine, on voit tout à coup se dérouler devant soi un des plus grands spectacles que l’homme puisse contempler ici-bas.
Une surface mélangée de terre et de sable, pres-