‹ Ramses le Grand ou L'EgypteChapitre 13 sur 66 · D r H. Brugsch, Histoire d’Éyjpte, p · texte numérisé non relu

D r H. Brugsch, Histoire d’Éyjpte, p

mettre à néant tout système historique tendant à attribuer à l’Égypte nne action en dehors de sa vallée, antérieurement à la 18' dynastie.

« Les listes des tributs perçus par Thoutmès III, à la suite de quatorze expéditions dirigées principalement contre les Assyriens et les Phéniciens, nous montrent Ninive et Babel, Assour et Sengar, apportant leurs redevances à l'Égypte. Ils sont accompagnés par d’autres peuples plus puissants alors en Asie, mais dont les noms ont jeté moins d’éclat dans les siècles suivants. Pendant la paix, les pharaons exerçaient régulièrement leur suprématie sur .ces contrées. Laissant l’autorité aux mains des chefs nationaux, ils se contentaient de percevoir un tribut annuel. Ils avaient néanmoins saisi les meilleurs domaines des princes vaincus, et en avaient assigné les revenus, soit à divers temples, soit à leur trésor personnel. Des forteresses commandaient les principales routes de l’Asie; des gouverneurs, appuyés de fortes garnisons, surveillaient les provinces conquises ; et pour peu qu’un règne ait eu quelque durée, on voit le roi lui-même venir en Asie, soit pour recevoir paisiblement les tributs, soit pour châtier les rebelles, par une de ces terribles razzias qui semblent être en Orient l’essence même de la guerre.

« Les derniers règnes de la dix-huitième dynastie furent agités par des usurpations et par des dissensions religieuses : à la faveur de ces troubles, l’Asie secoua le joug des Pharaons, et Séti I er , le Séthos des historiens, trouva la révolte arrivée jusqu’aux portes de la basse Égypte : il lui fallut recommencer la conquête de la Syrie. Les victoires de ses premières années paraissent avoir affermi pour quelque temps la domination de l’Égypte sur les provinces asiatiques. La salle hypostyle de Karnak et le magnifique tombeau découvert par Belzoni sont des monuments grandioses qui attestent suffisamment la tranquillité du pays, la richesse du monarque et la haute . perfection des arts sous le règne de Séthos 1 . »

Mais la gloire de ces noms et de ces faits, s’est fondue pour la postérité dans la gloire plus éclatante de la seconde période de ce grand cycle égyptien, qui jusqu’à nos jours s’était résumé tout entier dans la légende de Sésostris, mais que doivent désormais dominer le règne, le nom et les monuments de Ramsès le Grand.

1. Vicomte de Rougé , Mémoire sur les campagnes de Sésostris.

Page 1