‹ Ramses le Grand ou L'EgypteChapitre 39 sur 66 · Hérodote, Eulerpe, c. in · texte numérisé non relu

Hérodote, Eulerpe, c. in

2. Et le peuple bâtit des villes fortes à Pharaon; savoir Pithom et Ramesès. Exode, ch. i, verset 11.

d’autres, comme le canal de jonction du fleuve à la mer des algues, retrouvé du temps de nos pères 1 , par l’homme même qui fut pour eux ce que Ramsès avait été pour ses contemporains, ont laissé des vestiges que la science interroge, avec fruit quelquefois, et toujours avec intérêt; d’autres encore, toujours debout sur les rives désolées du fleuve où se mire leur splendeur première, font participer les solitudes modernes à la majesté des anciens jours ; et quelques-uns enfin, transportés dans les musées ou sur les places publiques des métropoles de l’Occident, sont pour les penseurs des sources permanentes d’étude et de méditation.

Ce fut surtout dans les deux grands chefs-lieux de son empire, dans Memphis et dans Thèbes, que la magnificence monumentale de Ramsès frappa les observateurs de l’antiquité.

I. Le 30 décembre 1798, le général en chef de l’armée d'Orient se rendant du Caire à Suez, croisa plusieurs fois, avec son escorte de savants, les vestiges de l'ancien canal. — Napoléon, Mémoires dictés à Sainte-Hélène. — Description de l'Égypte. — J. M. Lepère, Mémoire sur la communication de la mer des Indes avec la Méditerranée.

La première de ces cités, bien plus exposée que sa rivale, et par sa situation géographique et par la nature de ses matériaux, aux insultes du temps, et des envahisseurs, dort aujourd’hui, tout entière ensevelie sous la vase des inondations et sous le sable du désert. Quelques vagues ondulations du terrain, soulevant ce double linceul, indiquent seules l’emplacement de monuments dont les ruines, il y a six cents ans, étaient encore, au dire d’un des plus judicieux enfants de l’Islam, un sujet d’étonnement et d’admiration pour l’observateur :

« Malgré l’immense étendue de Memphis et sa haute antiquité, » écrivait l’Arabe Abdallatif au treizième siècle de notre ère, « malgré les vicissitudes des divers gouvernements dont elle a subi le joug, quelques efforts que différents peuples aient faits pour l’anéantir, pour en faire disparaître jusqu’aux moindres vestiges et en effacer jusqu’aux

plus légères traces, en transportant ailleurs les pierres et les matériaux dont elle était construite, en dévastant ses édifices, en mutilant les statues qui en faisaient l’ornement; enfin, malgré ce que les siècles ont dû ajouter à tant de causes de destruction, ses ruines offrent encore à ceux qui les contemplent une réunion de merveilles qui confond l’intelligence, et que l’homme le plus éloquent entreprendrait inutilement de décrire. Plus on la considère, plus on sent augmenter l’admiration qu’elle inspire ; et chaque nouveau coup d’œil que l’on donne à sçs ruines est une nouvelle cause de ravissement 1 2 .... »

Memphis s’enorgueillissait surtout du grand temple de sa divinité éponyme, Phtah 1 , que les relations de Ramsès avec la haute Asie, d’où le culte de ce dieu était descendu, lui avaient appris à honorer d’une dévotion toute particulière. Autour de ce temple, où tous les rois de la dix-huitième dynastie paraissent avoir mis la main, Meïamoun avait fait ériger, en colonnades majestueuses, des blocs immenses de calcaire blanc, que des milliers

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