‹ RancuneChapitre 8 sur 17 · ARMAND, ADOLPHE · texte numérisé non relu

ARMAND, ADOLPHE

Adolphe.

Ah ! je te cherchais.

Armand, lui tendant la main oVun air navré. Adolphe, je suis bien malheureux !

Adolphe, surpris.

Bah ! qu'est-ce qui t'arrive ?

Armand.

Il ne m'est plus permis de rien espérer... mon sort est fixé !

Adolphe.

Que me chantes- tu ?

Armand.

Je viens d'acquérir la certitude qu'Irène me déteste.

Adolphe.

Enfant ! Naïf !

Armand, s' emportant.

Sapristi, tu es drôle, toi ! Quand je te dis qu'elle vient ici même de me le dire, il n'y a pas une minute.

Adolphe.

Bêtises ! tu t'y seras mal pris !

Mal pris ! mal pris ! C'est toi qui es bête ! Croistu que si je m'y étais bien pris elle m'eût assuré qu'elle m'adore en récompense de mon habileté ? Adolphe.

Tu admets donc que tu n'as pas été habile ? Armand.

Ah! si j'ai été ridicule par exemple, je té dois cela à toi. Tu jurais qu'elle m'aimait.

Adolphe.

C'est vrai !

Armand.

Bon ! Ne recommence pas, par exemple.

Adolphe.

Mais je vois bien que tu me gâtes cette affaire. Je serai obligé de me passer de toi pour la conclure. Armand, tristement.

Ah ! tes conclusions sont toutes prévues ! Ne t'occupe plus de moi, mon ami, je t'en prie. Tu perdras ton temps à lutter contre mon maudit guignon... Le diable m'emporte si je me soucie de cette exécrable existence !... Ouf !

Il sort.

Adolphe, le regardant s'éloigner.

Eh bien ! elle est jolie sa philosophie !

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