Vila di P. Perugino, p
qu'il exécuta cette peinture presque entièrement de sa main, en raison des circonstances particulières que nous avons exposées plus haut, et surtout ù en juger d'après la manière de faire, qui est bien la sienne. C'est pourquoi nous ne nous arrêterons ni à l'opinion du P. Guglielmo délia Valle qui croyait y reconnaître le pinceau de Raphaël, ni à celle de M. von Rumolir ', qui, n'ayant jamais vu cette peinture, a cru devoir se ranger de l'avis du Père Guglielmo. Toutefois nous rappelons ici que Raphaël, pendant les années 1S04 et loOo, était occupé à l'exécution de plusieurs tableaux connus, et se trouvait tantôt à Urbin et tantôt à Florence.
Pérugin se montra aussi généreux envers l'église de Panicale, qu'il l'avait été pour celle de Castello délia Pieve; car il peignit à Panicale, en loOo, pour une somme très-minime, un beau tableau al secco, représentant un Sahit Sébastien avec quatre archers , très-vifs de mouvement, qui le percent à coups de flèche. Et lorsque, deux années après, il séjourna en ce bourg durant la Fête-Dieu, il prêta aux habitants quatorze bannières de soie, peintes par lui, avec cette condition, que, si ces bannières ne lui étaient pas rendues, l'église devrait lui payer les derniers 11 florins qu'elle lui devait encore sur la peinture murale du Saint Sébastien. C'était une façon polie de faire à l'église du bourg un don qu'elle ne pouvait pas refuser. De pareils traits sont d'ailleurs des réponses éclatantes à l'injuste accusation d'avarice que Vasari a portée contre la mémoire du Pérugin.
Cette même année, le 14 juin 1503, le Pérugin envoyait de Florence, un tableau peint à la détrempe sur toile, à la marquise de Mantova, Elisabetta Gonzaga. Ce tajjleau représente le Combat de l'Amour et de la Chasteté, très-riche composition allégorique, mais d'une exécution peu soignée. Le prix convenu était de 80 ducats, ainsi qu'il résulte d'une lettre que le maître écrivit à la marquise, et qui nous a été conservée par le D'' Gaye -. Cet intéressant tableau faisait suite à plusieurs autres de Lorenzo Costa