Ofiiui, V'((a di P. Perurjïno, p. 30C-oû
Ce que Mariotti a recueilli sur Pompeo di Piergentile Coccht prouve seulement qu'il fut admis en 1523 dans la matricule des peintres de Pérousc, et qu'il eut à estimer, en 1549, une peinture de Lattanzio de' Pagani , de concert avec Giambattista Ca^ porali.
Il en" est autrement de Bastiano da San Gallo, nommé l'Aristotile, qui reçut des leçons du Pérugin à Florence, mais qui passa ensuite chez Michel-Ange.
CtAtjdenzio Ferrari, de Valduccio, et Girolamo Genga, d'Urbin, travaillèrent quelque tenlps dans les ateliers du maître à Pérouse, mais ils prirent leur essor et se frayèrent chacun une route honorable dans la carrière de l'art.
Il nous reste encore à dire quelques mots sur Cesare Rossetti, de Pérouse, nommé il Cesarino, qui a été cité par plusieurs écrivains de la ville comme un élève du Pérugin. Il est cependant douteux que Cesare Rossetti se soit jamais adonné à la peinture, puisque nous n'en avons aucun renseignement sûr, qui le qualifie de peintre, et que nous ne connaissons aucun tableau qui lui soit attribué. Nous le connaissons seulement comme orfèvre et travaillant les métaux en général; dans les actes, il est toujours désigné avec la qualification à'aurifex. Il s'occupa aussi d'architecture militaire, et il a même écrit un ouvrage sur cet art.
Les chroniqueurs de Pérouse parlent de lui avec le plus grand éloge; par exemple Agostino Oldoini-, dans VAteneo (p. 70) : (( Csesar Rossetus... Pétri Perusini discipulus, Raphaelis Urbinatis condiscipulus , à quo architectandi peritiam tam bene excepit , ut Astores Balionus ingenti auro coemirit librum à nostro Cœsare in re Architectonicâ conscriptum : qui liber in Turcarum manus unà cum Cypri rcgno pervenit. » Voyez aussi Giambattista Vermiglioli, Scrittori perugini (l*^"" cahier, p. 80). Par la lettre de Raphaël à Domenico di Paris Alfani, citée dans notre ouvrage, nous avons vu que Cesare Rossetti était en bonnes relations d'amitié avec le peintre d'Urbin. Nous avons de même rapporté qu'il exécuta en 1510, à Rome, d'après les dessins de Raphaël, des plats en bronze, grands de 4 palmes, pour Agostino Chigi. Eu outre, il est généra-
iOO ESSAI SUR LES PEINTRES DE L'OMBRIE.
lement admis que le reliquaire qu'il exécuta en 1511 pour y déposer la bague de la Vierge, que l'on croit conserver à Pérouse, a été fait également d'après des dessins de Raphaël. Baldassare Orsiiii ( Vita di Pietro Perugino, p. 300) dit, en parlant de ce travail d'orfèvrerie : « Cette belle boîte, reliquaire et tabernacle, travaillée vers l'année 1511, est entièrement de la main de notre Cesanno, a l'exception des petites statues qui l'entourent convenablement et qui sont l'ouvrage de Giulio Dante. »
TROIS SONNETS DE RAPHAËL
Le premier de ces sonnets se trouve sur une légère esquisse de quelques figures pour la fresque de la Théologie ; cette esquisse est conservée dans la collection du Musée britannique. Nous en avons donné un fac-similé dans notre édition allemande. Ce même sonnet, avec des variantes, est conservé dans la collection Albertine à Vienne ; malheureusement une main barbare a coupé une partie de ce précieux autographe. Enfin, il existe une troisième version de ce sonnet au Musée Fabre à Montpellier. Les deux autres sonnets se trouvaient écrits aussi sur une grande feuille des esquisses destinées à préparer la fresque de la Théologie ; mais cette feuille a été partagée en deux pièces , qui passèrent de la collection du marquis Antaldo Antaldi de Pesaro dans celle de Sir Thomas Lawrence et qui se trouvent à présent à Oxford. Le fac-similé de l'une de ces pièces a été publié dans le Catalogue des dessins qui étaient exposés en 1836 dans la galerie des frères Woodburn à Londres. Ces essais de poésie nous montrent combien Raphaël s'est donné de peine pour trouver l'expression juste, et l'on voit que, malgré tous ses efforts, il n'était pas arrivé à se satisfaire lui-même. Fernow est le premier qui fît connaître ces trois sonnets , en les publiant dans le Mercure de "Wieland en 1804.
TROIS SONNETS DE RAPHAËL
Un pensier dolce a rimembrare i* godo * Di quello asalto, ma più gravo el danno Del partir, ch' io restai como quei c' anno In mar perso la Stella, s' el \er odo.
0 lingua di parlai" disciogli el nodo A dir di quesfo inusitalo iiiganno Ch' amor mi fece per mio grave afanno Ma lui piîi ne ringratio, e lei ne lodo.
V ora sesta era, che l' ocaso un sole Aveva fatto, e Taltro surse in locho Atto più da far fatli, che parole.
Ma io restai pur viiito al mio gran Ibcho Che mi torinenta, che dove l'un sole Desirar di parlar, piîi riman fiocho.
Como non podde dir d' arcana dei Paul como disceso fu dal celo Cosi el mio cor d' uno amoroso vélo A ricoperto tuti i penser mei
Pero quanto ch'io viddi e quanto io fei Pel gaudio taccio che nel petto celo E prima cangero nel fronte el pelo Che mai l'obligo volger penser rei.
E se quello aller almo in basso cède
Vedrai che non sia a me, ma al mio gran focho Quai piii che gli altri iti la ferventia esciede
Ma pensa ch'el mio spirto a pocho a pocho El corpo lasara se tua mercede Socorso non li dia a tempo e locho ^.
1. Dans l'original, le dernier mot du vers manque. On a pensé avec raison que Raphaël avait écrit godo. Dans l'autographe du même sonnet, conservé à Vienne chez l'archiduc Charles, on lit in modo; mais le second vers prend ensuite une tournure nouvelle.
2. Raphaël a essayé de différentes manières les deux dernières strophes, mais il les effaça ensuite; nous n'en donnerons qu'une ici, comme exemple :
Adunqua tu sei sola aima felice In cui el cel tu ta beleza pose Cil' ul tien mio cor corne iii focho feaice.
TROIS SONNETS DE RAPHAËL
Amor tu m'envescasti con doi lumi Degli occhi dov' io me strugo e face Da biarica neve e da rose vivace Da un bel parlar e d' onesti costumi
Tal che tanto ardo che ne mar ne iiume Spegner potrian quel focho, ma place Poi ch' el mio ardor tanto di ben mi face C'ardendo ognor più d'arder mi consumi.
Quanto fu dolce ei giogo e la catena De suoi candidi braci al col mio volti Che sciogliendomi io sento mortal pena.
D'altre cose io non dicho che son molti Che soperchia dolcezza a morte mena E perô taccio a te i pensier ri volti.