Édition de Florence, t. XIII (I8S7), p
11. Catalogue du musée d'Anvers, 2^ édition; Anvers, 1857, p. 82.
ADDUIONS DE L'ÉDITEUR. Î.Gl
La liante lisse était presque morte à Arras en 1520, et les fabriques les plus renommées de cette époque sont celles de Bruxelles, Audenarde, Erigtiien et Tournay. Le mot panni arrazzi, employé par Vasari, était le mot en usage pour signilier des tapisseries de haute lisse ; il aura induit en erreur les premiers auteurs qui ont relevé cette particularité. Quant à moi, je ne sais pas encore la localité où les tapisseries ont été confectionnées, et je n'ose pas accepter Bruxelles sans faire de réserve, puisqu'on voit, par le Journal de voyage d'Albert Durer, que Thomas Vincidor résidait à Anvers.
Les tapisseries, encore aujourd'hui conservées au Vatican % sont au nombre de douze . Les annotateurs du Vasari en fixent le chiffre à dix. Elles coûtèrent, dit ce dernier, 70,000 écus. Panvinius, dans sa Vie de Léon X, porte cette dépense à S0,000 couronnes d'or 2. Les sujets en sont tirés de la vie de saint Pierre et de saint Paul, et des Actes des Apôtres. Elles ont été reproduites, paraît-il, à plusieurs exemplaires. Le musée de Berlin possède neuf des douze tapisseries : elles garnissent les parois d'une vaste rotonde'. Celles du Vatican furent enlevées de Rome sous Pie Vil par les Français, en 4798*, et envoyées à Paris : elles furent rendues depuis. Odevaere^, et, d'après lui, MM. Goethals et Michiels, racontent que « pendant les troubles qui agitèrent Rome à la tin du siècle « dernier, elles furent vendues et tombèrent entre les mains de quelques « juifs plus avides qu'instruits, plus rapaces que sensibles; pour extraire « l'or qui les rehaussait, ils prirent le parti de les brûler; un certain « nombre était déjà devenu la proie des flammes, lorsqu'un Français, « nommé Gérard!, acheta les autres. 11 les céda lui-même à Pie Vll^ qui « en décora de mouveau la chapelle du Vatican. » Je ne fais que citer et ne garantis pas l'authenticité de tous ces détails. Voilà quant aux tapisseries.
Les cartons, restèrent dans les mains des haut-lisseurs flamands chez lesquels les tapisseries avaient été exécutées, et c'est de leurs descendants que, suivant la tradition acceptée par la plupart des auteurs, Rubens aurait acheté sept cartons complets, pour le compte de Charles 1*'', roi d'Angleterre. M. Goetiuils dit qu'ils avaient été conservés dans la famille Van Orley^ Après la mort du roi, les cartons furent mis en vente : Cromwell
i . Une partie de ces tapisseries sont aujourd'hui dans la Galerie des candélabres. Grégoire XVI les fit ôter de l'appartemeut de Pie V, où elles étaient. Voy. la Galerie des tableaux du Vatican ; Rome, 1851.
2. Vile de' Ponte/ici, t II, p. 495. — W. Roscoe, Vie de Léon X ; Paris, 1808, p. 286 a confondu les monnaies, et dit qu'elles coûtèrent 70,000 couronnes.