BERNARDINA PARTE
seconde femme de GIOVANNI.
N. N. ais N. N. ûlle RAFAELLO ELISABETTA
T 20 septembre -j- 25 oct. né le 28 mars 1483. née en 1 494, après la mort 1485. 1491. f 6 avril 1520. de son père.
■{•jeune.
553 DOCUMENTS CONCbUNANT LA FAMILLE SAMI.
Nous devons les documents suivants, concernant la famille del Santé ou Santi del Colbordolo, aux recherches du Père Luigi Pungileoni, qui les a fait publier dans son Elogio storico di Giovanni Santi (Urbino, i822, in-S""). Mais, comme cet ouvrage, tiré à un très-petit nombre d'exemplaires, est déjà devenu rare, et que nous avons été à même de vérifier les précieuses indications de l'auteur sur les documents originaux conservés à Urbin, nous ue croyons pas qu'on nous saura mauvais gré de réimprimer ici , dans un meilleur ordre , cette notice historique sur les ancêtres de Raphaël.
Il ressort aussi de ces documents, qu'on ne saurait plus accorder la moindre confiance à une généalogie publiée par Bottari , généalogie qui me semble avoir été fabriquée au dix-septième siècle, et qui se ti*ouvc sur le prétendu portrait d'Antonio Sanzio, au palais Albani, k Rome. A l'aide de ce portraft, qui provient de la succession du cardinal Albani d'Urbin , plus tard élu pape sous le nom de Clément XI, on abusa de la pa§sion enthousiaste qu'il avait pour les arts et surtout pour les œuvres de son grand compatriote. Sur le tableau généalogique annexé au portrait on cite quatre peintres, totalement inconnus, de la famille Santi : Juliu8yGaleatiu8,Ant(miu8 et Vincentius Sanctius^ dont on voulut, sur la foi de ce faux document, retrouver les ouvrages à Urbin, ainsi qu'on le dira plus loin.
I. SA^TE. — Santé, originaire du Castello Colbordolo, dans la duché dTrbin, vivait, selon Pungileoni, au commencement du quatorzième siècle. Il est mentionne dans un acte du notaire Cecl'olo di Gnolo, date du 3 mars M08, dans le livre du quartier di
Posterla', folio 139, enregistré par sor Bai-tolorneo, successeur de feu Bru^aldino di ser Martino degli Antaldi, où il est dit que « Luca di Piero di Santé da Colbordolo , » pour lui et pour son frère Peruzzolo, a acquis, de Vagnolino di Cec.colo, au prix de 88 florins d'or, un bien-fonds... « posita in Comitatu Vrhini in carte dicti Castri Colburdoli in parochià ecclesiœ S. Salvatoris de Talacbio in loco Castelli. »
n. PiERO. — Piero, selon Pungîleoni, vivait vers le milieu du quatorzième siècle; il est nommé dans un. acte du notaire Elia di Martino da Monte Fabbri (1422, janvier 5), enregistré par Guidubaldo.di ser Giovanni: uDona Rosa f. quondam Cicchi Peruzzoli et uxorq. Bartoli Lucîe de Castro Colburdoli.... fecit finem quietutionum.... Joanni Paulo de Colburdolo.... prose et suis et Peruzzolo Pétri de dicto Castro prœsenti.... pro se et noniine et vice Lucse sui fratris et eorum bœredibus, etc. »
III. LucA. — Par acte de notaire, Bartolo del q. Luca di Colbordolo nonmie pour héritiers Lucam et Peruzzulum fratres et filios q. Péri Sanctis de Colbui^dolo, Cet acte est enregistré dans le livre du quartier di Posterla, de 1416-1417, folio 154, le 18 juillet 1417, par Gio. del q. Cecco di Pace di Falcolini. Luca doit être mort antérieurement à Tannée 1 436, suivant un acte du tribunal qui concerne un différend entre maître Antonio di Mainardo à Colbordolo d'une part, et Giovanni di Paolo et Peruzzolo di Piero di Santé, du susdit Castello, d'autre part, sur l'héritage ci-dessus. Tous les légitimes héritiers y sont nommés: « El dicto Giovanni de Paulo in la mietà el dicto Peruzzolo et Luca suo tratello el quai Luca mor\ et dicto Peruzzolo fu et è suo herede in l'alti-a mietà sentenziando in favor loro unitamente agU altri con-judici. Pafçano de Castello doctore di legge et vie. générale de lo illustre et possente signor conte Guid. Antonio, etc. »
IV. Peruzzolo. — Il épousa Gentiiina d'Antonio Urbinelli de Colbordolo, et certifia, le 10 août 1418, avoir reçu le montant des 25 ducats de la dot, ce qui se trouve énoncé dans un acte du no-
i. La ville d'Urbiit est partagée eu quatre quartiers : <juadra del Vcbcovado, di Pokterja, di Sauta Cruee et di l'urta 2<(ova.
35i DOCUMENTS CONCERNANT LA KAMILLË SANTI.
taii'e Lodovico di AnKclo da Colbordolo, daté du 21 mai 1419, et enregistré le 6 juin de la même année dans le livre du quartier di Posterla, folio 76. — Bartolo et Gaudenzio, fils de Cecco di Gaudenzio d a Colbordolo, lui vendirent » uaam petiam terrœ in curte Gastri ColburdoU in loco cerri pretio 50 ducatoruin , » et pour être payés comptant, suivant un acte du notaire Giovanni del q. messer Matteo da Urbino, livre du quartier di Posterla, folio 28, et enregistré par Antonio di scr Giovanni. — Les mêmes lui abandonnèrent, le 14 janvier 1438, au prix de 40 florins, une maison à Borgo di Colbordolo, située dans la rue principide. — Le même jour, il vendit à Antonio di Giovanni di Paolo un cbamp cultivé faisant partie de la cour du castel, et nommé Mertella^ pour 24 ducats, ainsi que cela est dit dans le livre du quartier di Posterla de 1438, folios 8 et 9. Il quitta Colbordolo en l'année 1450, pour s'établir à Urbin. Là, il loua une maison appartenant à la confrérie de S. Maria délia Misericordia. Ce fait se trouve consigné dans un livre de rette confrérie nommé Saldi^ fol. 108 : « 1451 Pr. Gen. Santé de Perutio già da Colbordolo condusse la casa fu de Nicolô de ser Guido posta in pian del Mercato co li suoi lati per ducati 13 Taono da bol. (bolognini) 40 per ducatd. » Et ainsi d'année en année, jusqu'en 1464.
Le 27 avril 1454, Pcruzzolp vendit la maisonqu'il avait achetée sur la place principale de Colbordolo à Lazzaro di Agnolo, de ce castel, pour 20 florins. Acte du tribunal de ser Simone d'Antonio, enregistré dans le livre du quartier di Posterla de l'année 1464, fol. J05.
Dans le testament qu'il fît le 20 juin 1449, il laisse à sa femme Gentilina sa dot de 25 florins et l'usufruit d'un bien-fonds ain loco Plani sihmrum » faisant partie de la cour de Colbordolo; à chacune de ses filles issues de ce mariage, Jacopaet Francesca, 32 florias pour leur trousseau. Santé, son fils, est nommé légataire universel. « Ego Simon Antonii quatrœ Pusterlœ notarius die 29 martii 1467 decessit dictus testator. Die vero 12 april fuit registratum a. c. 46 per Francesco di ser Girolamo. »
La veuve Gentilina renouvela son testament eu Tannée 1464 et
DOCUMENTS CONCERNANT LA FAMILLE SANTl. 35f>
laissa à ses filles Jacopa et Francesca, et, dans le cas où elles seraient décédées avant elle, à chacun de leurs enfants, 3 florins d'or, et la même somme aux enfants de sa fille feue Cristina, qu'elle avait eue d'un autre lit. « Ego Simon Antonii de Urbino....scripsi et publicavi.... 1465. 18 mensis junii, notificatum fuit mihi notario dietam testatricem decessisse die 10 dicti mensis, etc. » Enrejçistré dans le livre du quartier di Posterla, fol. 111, le 16 juillet 1465.
V. Santé. — Selon l'acte du notaire Giovanni di ser Paolo, daté du 19 juin 1451, et enregistré dans le livre du quartier di Posterla, 1451, fol. 73, Baldo de Castello Coldazzo promet de payer à Santé di Piero de Colbordolo 21 ducats, comme reliquat du prix de la maison qu'il lui avait achetée.
Le 5 août 1457, Santé vendit une autre maison sise à Colbordolo, juxtà plateam, res hospitalis Sanctœ Mariœ de dicta Castro ^ res Ant. Mathei et res Lucœ Andrœ,propretio XVflor, Simon Antonii de Urbino rogatus. ...
Le livre A. de S. Sergio, fol. 39, nous apprend que Santé, en communauté avec Piero di Gio. di Berardo, son neveu, de Colbordolo, acheta de Pier Antonio Paltroni, le 28 octobre 1457, un bienfonds au prix de 240 ducats. Cette propriété est nommée Tuôio o siapiazza delpozzo presso i béni délia chiesa di S. Pietro, L'acte notarié est emegistré sous la date du 20 novembre 1457 dans le livre du quartier di S. Croce, fol. 112.
Depuis le 5 mars 1459, Santé avait pris en fermage héréditaire, de D. Valentino, prieur de l'église S. Sergio, une terre tenant à la Cour de ville, et située au lieu nommé Varrea, au prix de 24 florins. Pour acquérir cette terre, il déposa 48 bolognini à titre de laudemium^ et promit de payer chaque année 6 denari di canone à l'église S. Sergio. L'acte du notaire est enregistré dans le livre du quartier di S. Croce, à la daté du 5 mars 1459, fol. 14.
U fit encore d'autres acquisitions au même endroit Varrca, nommé en latin Sive vallis reœ^ suivant l'acte du notaire ser Simone d'Antonio, daté du 3 avril 1487. Parmi ces acquisitions se trouvait une bonne prairie, au travers de laquelle coule un ruisseau, qu'il acheta de Matteo Guidarelli. L'acte notarié de ce mar-
ché est enregistré, sous la date du 30 avril 1461 et du 27 mai de la même année, dans le livre du quartier di Posterla.
Les deux documents suivants donnent des renseignements sur les deux maisons situées dans la Contrada del Monte, que Santé acheta de la confrérie S Maria délia Misericordia. Dans le livre de Tadministration de ladite confrérie, des années 1430-1471, on lit, au folio 67 : « 1463. Santé de Peruzzino già de Golbordolo et mo habitatore in Urbino de dar a dï primo di luglio ducati duecento quaranta a bol. 40 per ducato, i dicti sono per prezzo de doi case lui comperô da noi, le quali fuoro una de mstro Simone de Rizio et Taltera de ser Francesco de Ghiaiuolo o da Lamole, co questi patti, cio è che dicti cento ducati al présente, 11 ducati septanta a termine de uno anno et il resto di li a sei mesi si che di qui a mesi diciotto sieno pagati tutti. »
« 1464. 16 mensis maji.... In statione infrascriptœ Fraternitatis in quâ residet Johannes Lucae Bartolomeus q. Angeli de Urbino sindacus et procurator Rectorum Fraternitatis S. Mariœ de Misericordia de Piano mercati dictœ civitatis.... sindacario nomine prœdicto.... dédit.... vendidit.... Santi Peruzzoli de Castro Coburdoli et nunc de Urbino praesenti et ementi pro se et suis ha^redibus unam domum cum suo solo solario parietibus et omnibus suis cedificiis et pertinentiis sitam in dicta civitate in burgo montis in Q. Ëpiscopatus.... quae domus pro parte fuit olim de bonis mtri Simonis Rîzi et pro parte de bonis ol. ser Francisci Thomœ de Gbiajolo et effectœ sunt una domus.... et hoc fecit dictus venditor pro pretio et uomine pretii 240 florenorum ad rationem 40 bon. quos in prœsentià dictorum testium dixit et confessus fuit habuisse et récépissé a dicto emptore. Renuncians etc.
(( Jeronimus ser Francisci de Cornio rogatus.... die 21 maji fuit registratum. Et ego Bartolomeus quondam ser Péri not. dicti registri registravi. »
n est certain que Santé était entremetteur d'affaires ou revendeur, ce qui est prouvé par plusieurs documents. Ainsi on le qualifie de la sorte en le nommant, parmi les témoins dont il est question dans les actes de ser Diagio del q. ser Giovanni, du 16 mai
1160 : Santés Perucciide Castro Colburdoli triculus {treccone^ revendeur). Voyez le livre du quartier di Posterla 1460, fol. 12.
De plus, il ressort du livre de la confrérie de S. Maria délia Miserîcordia , nommé Saldt^ que cette confrérie faisait souvent des achats chez lui. Ainsi, par exemple, fol. 16 : « Sancte de Peruzmo de Golhordole a dï XV agosto 1456.... bolognini septanla quatro per più cose tolte délia sua botegha. »
Folio 132. u 1462. Giugno 25 per doi fnne et per aguti et per altre cose tolte de la sua botegha bol. 30. »
Folio 172 : « A d\ 10 de giugno Sancte de Peruzino de haver ducati tri bolognini 24 per stara tri di grano comperato da lui. »
Et dans le livre principal de la même confrérie de 1463 à 1479, fol. 89 : (( A d\ 4 maggio 1466 per fune, vischio, maschioli e altre cose tolte a la sua botegha bol. 92 a Sancte de Peruzino gia da Golhordole. »
Folio 259 : « 1473 a 2 sett. bol. 11 a Sancte de Golhordole per cascio dato per colla.
Folio 260 ; « 22 ott. bol. 6 contanti per noi a Sancte de Peruzole per cascio lui ha dato per colla. »
Dans un acte du notaire ser Antonio, daté du 6 mars 1462, Santé certifie avoir reçu de Meo di Paolo del Peglio 10 fiorini da bol, 40 délia quai somma gli era creditore pel prezzo di XX.quartarolarum olet, c'est-à-dire qu'il lui avait vendu vingt quartaruoli d'huile pesant deux cent cinquante livres.
Dans le livre du quartier du Vescovat 1473, fol. 39, est enregistré un certificat de Lodovico degli Oddi, par lequel les frères Rodolfo et Francesco reconnaissent avoir reçu de maestro Santé di Peruzzolo 90 florins, pour de l'huile qu'ils lui ont vendue.
Santé fit son testament le 19 mai 1484, dans le couvent S. Girolamo, à Urbin. Il légua 100 florins à sa fille Santa, cinq soldi à cause de la loi falcidie; également 100 florins à sa fille Margherita, et 10 florins à cause de la loi falcidie,... « In omnibus autem aliis suis bonis.... Joannem et donnum Bartolomeum ejus fil. legit. et nat., videlicet dictum donnum Bartolomeum in bonis ascendentibus valorem existimationem septuaginta florenorum et non
ultra ftt dictum Joannem in toto residuo bonorum dictœ suai hœreditatis suos.... ha*rcdes instituit et focit.... Et egoser Hieronimus scr Nicolai.... notarius rogatus.... Die secundâ mensis au^usti obiit dictus testator et die ultimà ejusdem autenticavi. 1485 die 3 jan. prœsens testamentum pra»sentatum fuit registro.... et ego Bartolomcus q. Philippi de Carro de Arimino hab. Urbîn. reg., etc. »
Elisabetta. ^ La femme de Santé était une fille de Matteo dî Lomo, et sœur de Francesco, qui fit son testament le 28 novembre 1446, lequel fut enregistré par Piotro del q. Meo da Urbino. Di Lomo lègue à Francesco, « jure restitutionis domina; Isabectîïf, ejus sorori.... et uxori Sanctis Peruzzoli de Coiburdolo, llor. 25 etc. »
Pungileoni, qui vit le testament de « Matteo Lominis de villa Fulcuinorum , » qui mourut le 17 mai 1453, dans la maison du maestro Antonio, à Borgo del Monte, rapporte que Matteo partagea inégalement sa fortune entre ses quatre filles , ses héritières; car donna Magia, femme de Meodi Giovanni da Perugia, bourgeois d'Urbin, reçut une plus forte part, sous la condition toutefois de donner deux ducats à Elisabetta et un ducat à Tommasa, comme dédommagement. Elisabetta, dont nous avons seulement à nous occuper ici, reçut plusieurs arpents de terre, dont trois dans la villa dell' Isola del piano, avec la maison y jointe, et encore un autre bien-fonds avec dépendances dans le Castello de Monte Fabbri. En outre, elle avait reçu 51 scudo de dot, dont 30 en espèces et en habillements, et 2! en un bien-fonds <( in curte Colburdoli iuxtà andamentum , res ecclesiîc Sanctre Mariœ Murciollœ, res hœredum Andreœ Rentii, pro pretio 21 llor. » Avec le consentement de son époux Santé , elle vendit ce bien-fonds à Luca di Francesco di Colbordolo, pour 55 llor., comme on le voit dans les actes de Simone d'Antonio Vanni, du 21 juin 1460, fol. 170.
Selon un document concernant la dot de sa fille Margherita, du 23 sept. 1479, on pourrait croire qu'elle était déjà morte à cette époque; mais cela est contredit par la mention qui est faite de sa
DOCUMENTS CONCERNANT LA FAMILLE SANTI. 35fl
mort et par l'obit pour la paix de son âme dans le livre Intrata et Esito de l'église des Franciscains à Urbin, où l'on peut lire sur le verso du fol. 34 :
4491. A di 3 ott. intrô lib. 6 de cera per la morte de la matre de Glovan de Santé.
A dill dicto perTuffitiode la matre de Giovande Sancte....
VI. Jacopa. — Son mari en secondes noces était Andréa di Antonio Ceccoli de Castello Pitriano , qui fît donner, le 18 octobre 1444, par le notaire de Colbordolo, Lodovico del q. Angelo, quittance de la dot de sa femme , évaluée à 32 florins en espèces , habillements , etc. Sa mère lui légua encore 2 florins supplémentaires.
VII. FRANCESCA.-^Elle était femme de Niccolù di Antonio del q. Bctto de Colbordolo, comme nous l'apprend l'acte di'cssé dans la maison dePeruzzolo, et rédigé par le notaire Lodovico del q. Angelo di Colbordolo, le 18 octobre 1444. Elle reçut 31 florins de dot, le trousseau y compris; et sa mère lui légua, en outre, 3 florins par un article de son deuxième testament. Celle-ci (Gentilina) avait voulu, dans un premier testament en date de l'année 1450, donner iO florins à chacune de ses filles (dont aussi une du nom de Cristina, issue d'un précédent mariage); mais elle fut plus tard obligée de réduire son legs à la somme de 3 flor.
VÏIL Giovanni Santi. — Dans le livre de l'administration de la confrérie de S. Maria délia Misericordia, des années 1479 à 1487, on trouve le renseignement suivant, au fol. 238 : «1486 di9de novembre. Giovanni de Santé depentore de Urbino de dare per prezo d'uno pezo de terreno culto e vignato lo quale ppr deliberatione de Rectori et per conventione che cra intra Tomasso e Paolo de Colbordolo e Santé pâtre del dicto Giovanni, se rivende per lo prezio chel dicto Tomasso la compero dal dicto Santé iOO flor. de bol. 40 l'uno la quale terra è posta ne la corte de eita in vocabolo Varrea.... del quale ne fu rogato ser Francesco Vetcrani.
Giovanni acquitta cette somme en différents, termes, comme on le voit dans le même registre. Ainsi, par exemple, son beau-frère
560 DOCUMENTS CONCEKNANT LA FAMILLE SANTL
Battistn de Ciarla paya oncore, pour son compte, 5 lloriiis, le :L2 janvier 1488, à la même confrérie.
Le 27 février 1489, il certifia avoir reçu de son beau-père Battista di Niceolù Ciarla « a dicto Baptistâ, vice et nomine donnai Magiœ ejus fîliœ et uxoris dicti Joannes, florenos centum quinqua- ^inta ad rationem 40 bonenorum pro singulo Horeno in pecuniis arprenteis aureis et rébus comuniter extimatis adscendentibus in totum ad dictam summam pro dotibus dictœ D. Magiœ pro matrimonio contracto et carnali copulà consumatâ inter dictos Joannem etD. Magiam.... promixit dicto Baptistâ etc.... presenti.... salvare et custodire pro dicta Do. Magià vel illorum etc. » Acte du notaire Niccolo di Battista da Scotaneto, enregistré le 7 mars 1489 dans le livre du quartier di Posterla par Jacopo del q. Luca Bcni.
Luca Zaccagna avait pour femme une sœur de Magia Ciarla, qui se nommait Lucia. Lorsqu'il fut près de mourir, le 8 mars 1489, il institua son beau-frère Giovanni Santi son exécuteur testamentaire , conjointement avec Gaspare Buffi , Niccola Gini , docteur en droit, et le comte Ottaviano Ubaldini délia Carda, qui, pendant la jeunesse du duc Guidubaldo, gouvernait sous son nom le duché d'Urbin.
Nous n'avons qu'un seul acte relatif à Bernardina, fille de l'orfèvre Pioro di Parte, seconde femme de Giovanni Santi; le voici : « 1492. Maji 25. In ecclesià Sanctœ Agatbœ.... D. Bernardina fil. Pétri Partis de Urbino major 14 annis, minor 25 constituta coram spectabili II. doctore Ûo. Alexandro de Rugerîis de regio dignissimo potestate civ. Urbini, sedente super quâdam bancatâ ligneâ existente in prcedictà ecclesià pro tribunali cum prœsentià et consensu magistri Joannis Sanctis Peruzzoli civ. Urb. naaiîti dict. D. Berardinae priesentis, asserens se habere notitiam omnium bonorum ejus parentum.... renuncians in suà merâ libéra spontanée voluntate dicto Petro ejus patri prœsenti ut récipient! nomine et vice Thowœ, Benedicti filior. masc. dicti Péri fratrum die. D. Berardinse cessit et concessit omnia jura qutecunque habere possît in bonis dictoioim ejus parentum.... cura dictus Perus dicto
DOCUMENTS CONCERNANT LA FAJUILLE SANTI. 3Ci
Joaiini ejus vcro et ipsi Do. Berardinse uxori dicti Joannis et fil. dicti Péri.... promisit pro dote et dotis nomine dictée D. Berardinœ.... solvere et numerare dicto Joanni ejus viro seu ipsi Do. Berardinee.... Ûorenos ducentos.... videlicet tlorenos centum.... de bonis ipsius Péri et alios centum llorenos de bonis Do. Catharinse ejus uxoris.... Quibus omnibus dictus domnus potestas etc. Et ego Lodovicus ser Donati magistri Baldi auritiois de Urbino in q. episcopatus notanus rogatus. »
Dans le livre B. de la compagnie del Corpo di Cristo on trouve indiqués différents ouvrages de peinture exécutés pour elle par Giovanni ; savoir :
Folio 127. 1486. Novembre 12. Ducati doi d'dro a Giohe de Santé per coraprar Toro per andorare gli Angioli alla Fraternité.
Folio 127 verso, 1487. Giugno 10. Fior 3 1/2 per depingere et andorare li Angioli a Giobe de Santé.
Folio 130. 1487.... Per depingere et andorare II Angioli a Gioban de Santé.
Folio 201 verso. 1493. Febb. 4. Per manifattura de candelieri a Giobe de Santé fior. 2 bol. 30 den. 5.
Folio 201. 1493. Marzo 21. Bolog. 39 a Giovan de Santé per cento fogli d'oro per rifare li Angioli.
Le 27 juillet 1494, Giovanni fit son testament, dans lequel on remarqua les dispositions suivantes : « Rcliquit iure restitutionis Do. Berardinœ ejus uxori et fil. Péri Partis.... llor. 60 quos dixit babuisse pro parte dotium.... reliquit dicta? ejus uxori inlVàscriptas res.... videlicet unam camurram panni londrae cum manicis cremesini , item unam aliam camurram vulgariter dicto un buccarino cum manicis rasi pavonazzi cum suis fulcimentis, item unum par linteaminum subtilium laboratorum, item unum par guancialiumlaboratorum, item quatuor panixellos acciœ et foris, duos laboratos et alios non. Item reliquit iure legati dictœ ejus uxori annulos quatuor aureos cum gemmis et sine cum cingulis.... et quibusdam cuffis et velettis.... Item jussit voluit.... dictam.... Do. Bernardinam ejus uxorem dominam massariam etusufructuariam in domo ipsius testatoris donec vitam vidualem bonestam et
304 DOCUMENTS CiJNCERNANT LA FAMILLE SANTI.
castara servaverit et in dicta ejus domo pcnnanserit cum infràscriptis ejus hœredibus.... Item jussit Don. Sanotam ejus sororeîn et uxorem q. mtri. Bartolomei Sartoris de Urbino.... posse stare et habitare in domo dieti testatoris et in eâ habcre victum absque contradiction e infràscriptorum suonim hœredum. Item assignavit in pecuniis existentibus in quâdam ejus capsâ ducatos centum.... auri compytatis in iis ducatis 36 auri in auro mutuatis per ipsum • testatorem Arcansçolo Peri.... In omnibus autem suis bonis.... SU08 hseredes universales instituit Dom. Bai*tolomeum ejus fratrem, Raphaelcm ejus fîlium legitimum et naturalem ex Do. Magiâ altéra q" ejus uxore et ventrera ipsius Do. Bernardina^ si ununi vel plures fîlios masculos pepererit acquis portionibus et pleno jure, et si fîliam fœminam unam vel plures pepererit, ei vel eis reliquit iure institutionis 150 tlorenos pro quâlibet pro earum dotibus, et si aliquis dictorum filiorum suorum tam nat. nascit. decesseritsou decesserint sine fil.... tune eo in casu sulîstituit aliam vel alios.... seu eorum filios masculos.... quibus descendentibus substituit fœminas.... et ipsis non extantibus substituit dict. ejus fratrem et Do. Sanctam ejus sororem.... Si vero dicta Do. Sancta non supervixerit, tune reliquit jure legati ecclesiœ Sanctœ Clarre de Urbino flor. 50.... et Hieronymo ejus nepoti et fil. Antonii Bartoli Vagnini de Urbino ex Do. Margaritâ ejusdem testatoris q. sorore et q. uxore dicti Antonii flor. 100.... et in reliquo bonorum omnium instituit et substituit Fraternitatem S. Mariae de Misericordià.... Tutorem autem et ruratorem die. ejus fil. tam nat. quam nascit. instituit et esse voluit Donn. Bartoloma^um ejus fratrem pra.»d.... vel ipso decedente Ludovicum Baldi de UrJûno : fideicommissarium autem et hujus testamenti dispositorem et executorem fecit et esse voluit Petrum Partis Simonis ejus socerum, et banc esse suam ultimam voluntatem asseruit.... annullans omne aliud testamentum.... et maxime aliud testamentum manu mei sub die 26 mensis Julii pra»sentis anni.... » Parmi les témoins se trouvaient le sculpteur Ambrogio Barocci da Milano, Evangelista da Pian diMeleto, l'élève de Giovanni, ser Tommaso di Maestro Traj an o Alberti, et autres.
DOCUMENTS CONCERNANT LA FAMILLE SANTf. 5G5
« Et ego ser Ludovicus q. Antonii de Alexandris.... rogatus scribere scripsi.... et die iraensia Augusti decessit dictus testator et ego interfui ejus funeri et die 10 dicti mensis autenticavi et donno Bartolomeo restitui. » Enregistré dans le livre du quartier S. Croce, le 15 août 1494, fol. 32 au verso^ par Matteo Geri, qui avait été présenté par le frère du défunt.
Sur son lit de mort, Giovanni fit encore un nouveau testament le 29 juillet 1494, dans lequel", à ce qu'il paraît, il annula deux legs en faveur de Vagnini et du monastère de S. Chiara; car on lit dans l'acte du notaire : « Omissis aliis quam pluribus legatis anteà institutis. » Néanmoins il parait que Raphaël, héritier de son père, rétablit les legs qui avaient été omis ou supprimés, puisque D. Girolamo Vagnini reçut les intérêts dos 100 llorins et que les nonnes de S. Chiara en reçurent 50.
Le livre Intratn et Esito^ des années 1484 à 149G, dans la sacristie de Téglise S. EMncesco, nous apprend le jour de la mort de Giovanni. On trouve sur le verso du fol. oO cette mention : « 1494. A di ditto 1 d'agusto per la morte di Giovan de Santé intro lib. 14 e 8 de cera. »
Il n'est pas inutile de dire qu'il y avait alors à Urhin et dans les environs plusieurs autres individus portant aussi le nom de Giovanni Santé ; mais ils n'appartenaient pas à la famille des Santi de Colbordolo, et aucun d'eux, d'ailleurs, n'était peintre, à l'exception d'un nommé Battista, fils de Picr Santé ; mais ce peintre était de la famille des Priori. Il est nommé dans le procès-verbal n» 17, de ser Simon Vanni, fol. 83 : Magister Baptista quondam Péri Sanctis aliàs Prioris de Urbiho pictor. Il est encore cité souvent dans d'autres actes ; maïs nulle part avec une qualification honorifique quelconque. Selon un renseignement que nous fournit VHist, mon, B, Pétri de Pisià Baptistœ Sajanelli (II, p. 194), il y avait dans le réfectoire d'un couvent, à Urbin, un ancien tableau représentant le Christ en croix, peint sur bois, avec cette inscription : MCCCCXXXXIIIÏ Baptista Péri pinxit. Ce Battista Santé fît son testament le 14 juillet 1457, et mourut le lendemain. (Voy. Pungileoni, Elogio storico. di Giov, Santi, p. 46.) Il faut ne plus
s'arrêter aux inductions erronées d'Andr. Lazzari et de ceux qui l'ont pris pour guide. Nous avons mentionné ce peintre insignifiant, par cette raison que, dans la fausse généalogie de Raphaël, qui se trouve sur le portrait du palais Alhani à Rome, un certain Giov. Battista est indiqué comme étant le père de Giovanni; mais, comme nous l'avons dit, cet arbre généalogique n'est qu'une pure fiction, une œuvre de fourberie, avec laquelle tombent tous ces peintres ancêti*es de Raphaël , Giulio , Galeazzo , Antonio et Vincenzo Sanzio, qui s'y trouvent indiqués, et dont les ouvrages imaginaires ont préoccupé des amateurs assez crédules pour aller les chercher à Urbin, pour s'imaginer en avoir découvert quelques précieux spécimens.
Magia CiARLA. — Dans le livre de l'église S. Francesco : Intrata et Esito, des années 1484 à 1496, on lit sur le verso du fol. 34 : « 1491. A di 7 ottobre intrù 14 1/2 lib. de cera per la moite de la donna Giovan de Sancte. »
« A d\ 10 dicto per l'ulfitio délia donna de Giovan de Sancte. »
Bernardina Parte. — Les actes suivants concernent les démêlés qui eurent lieu entre Raphaël et sa belle-mère, et avec son tuteur don Bartolomeo.
Acte du notaire Federico di Paolo di Monte Guiduccio, d'Urbin : « 1495. Mai 31. ^D. Bartholomœus q. Sancti de Peruzohs deUrbinoperseet suos luoredes.... ac etiam nomine et vice Raphaelis ejusnepotis.... tutorio nomine ipsius Raphaelis.... obhgavît mastro Péri Partis de Urbino prœsenti et recipienti pro donna Bernardina ejus filiâ et uxor ol. magistri Joannis q. Santis ut patri et legitimo administratori ejusdem donnœ Bernardinœ dare et solvcre florenos quinquaginta duos.... quos reliquit dictus m. Joannes in ejus testamento.... restitui donnœ Bernardinœ etc. »
Acte du même notaire du 17 juin 1495 : « Antonius Umili vie. gen. . . . condemnamus dictum D. Bartholomœum. . . . ad dandos pannicellos.... pro sustentatione puellœ Elisabetœ.... obligaiido dictum D. Bartholomœum ad alimentandum dictam donnam Berardinam , ut possit in doino mariti stare juxtà testamentum etc. »