‹ Raphael d'Urbin et son père, Giovanni Santi (volume 4)Chapitre 54 sur 76 · NOTICE SUR RAPHAËL · texte numérisé non relu

NOTICE SUR RAPHAËL

PAR PAOLO GIOVIO.

La notice suivante, écrite par l'évêque de Nocera de' Pagani, fut d'abord publiée par Girolarao Tiraboscbi dans sa Storia délia letteratura italiana. Elle fait partie d'une dissertation où se trouvent aussi de courtes notices du même écrivain.

Quoique Giovio fût contemporain^ de ces grands artistes, il n'avait cependant que des connaissances très-superficielles en matière d'art, et il manquait de critique et de goût à tel point, que ses jugements , sous ce rapport, sont toujours erronés ou insufïïsants. Néanmoins, quand il a l'air de placer au troisième rang Raphaël, et qu'il semble lui préférer Léonard de Vinci et Michel- Ange, on pourrait admettre qu'il ait voulu seulement désigner Raphaël comme le plus jeune des trois; mais ensuite lorsqu'il cherche à faire entendre que Raphaël dut principalement à son habileté de courtisan sa grande réputation et les honneurs accordés à son talent, on voit clairement qu'il ne veut donner au plus grand des peintres que la troisième place ; c'est là une opinion que lui aura peut-être suggéré Sebastiano del Piombo ou quelque autre élève de Michel-Ange. Au reste, Paolo Giovio est tellement léger et inexact dans cette notice, qu'il prend la Prison de saint Pierre, dans la seconde chambre du Vatican, pour le Tombeau du Christ, mais il n'a garde d'oublier

1. Né à Côme le 19 avril 14S3; il \ivait depuis l'année 1516 à la cour du Pape, à Rome. Ce fut clément YII qui lui donna révêché de Nocera de' Pagani, dans les États napolitains.

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toutefois le bel effet de lumière de cette fresque. En général, 'il paraît n'avoir regardé les Stanze qu'en passant, puisqu'il ne cite que le Parnasse dans la chambre délia Segnatura, et la Bataille de Constantin dans la salle qui doit son nom à cette fresque, sans dire un seul mot des fresques de la salle des Palafrenieri.

Quant aux tableaux à riiuUe de Raphaël, il ne parle que du tableau d'autel qui était à S. Pietro in Montorio, c'est-à-dire de la Transfiguration. Son incroyable ignorance des choses d'art ressort assez des deux prétendus défauts qu'il reproche à Raphaël. Ainsi, il l'accuse d'avoir montré une trop grande prédilection pour le nu et d'avoir méconnu absolument les principes de la perspective.

Paolo Giovo donne pourtant dans sa notice un renseignement précieux : il nous apprend que Raphaël leva les plans des édifices de la Rome antique à l'aide de la boussole ; Vasari n'avait rien dit de ce fait intéressant.

Voici, au reste, le texte latin de cette esquisse biographique :

Raphaelis Urbinatis Vita.

Tertium in pictura locum Raphaël Urbinas mira docilis ingenii suavitate atque solertia adeptus est. Is multa familiaritate potentium, quam omnibus humanitatis ofïiciis comparavit, non minus quam nobilitate operum inclaruit adeo, ut numquam illi occasio illustris defuerit ostentandse artis. Pinxit in Vaticano nec adhuc stabili authoritate cubicula duo ad preescriptum Julii Pontifîcis, in altero novem Musœ Apollini cythara canenti applaudunt, in altero ad Christi sepulchrum armati custodes in ipsa mortis umbra dubia quadam luce refulgent. In penitiore quoque LeonisX triclinio Totilœ immanitatem, ac incensœ urbis casus, atque pericula reprœsentavit, parique elegantia, sed lascivienti ad modum penicillo, Porticum Leoninam florum omnium ac animantium spectabili varietate replevit; ejus extremum opus fuit devicti Maxentii pugna in ampliore cœnaculo inchoata, quam discipuli aliquanto post absolverunt. Sed ars ei plurimum favit in ea fabula, quam Clemens Pontifex in Janiculo ad aram Pétri

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