ViUtdi P. Pen^fino, p
^a'il exécuta cette peinture presque entièrement de sa main, en raison des circonstances particulières que nous avons exposées plus haut, et surtout à en juger d'après la manière de faire, qui est bien la sienne. C'est pourquoi nous ne. nous arrêterons ni à l'opinion du P. Guglielmo délia Yalle qui croyait y reconnaître le pinceau de Raphaël, ni à celle de M. von Rumolir ', qui, n'ayant Jamais vu cette peinture, a cru devoir se ranger de l'avis du Père Guglielmo. Toutefois nous rappelons ici que Raphaël, pendant les années 1504 et 1505, était occupé à l'exécution de plusieurs tableaux connus , et se trouvait tantôt à Urbin et tantôt à Florence.-
Pérugin se montra aussi généreux envers l'église de Panicale, qu'il l'avait été pour celle de Gastello délia Pieve; car il peignit à Panicale, en 1505, pour une somme très-minime, un beau tableau al secco, représentant un Saint Sébastien avec quatre archers , très-vifs de mouvement, qui le percent à coups de flèche. Et lorsque, deux années après, il séjourna en ce bourg durant la Fçte-Dieu, il prêta aux habitants quatorze bannières de soie, peintes par lui, avec cette condition, que, si ces bannières ne lui étaient pas rendues, l'église devrait lui payer les derniers 11 florins qu'elle lui devait encore sur la peinture murale du Saint Sébastien. C'était une façon polie de faire à l'église du bourg un don qu'elle ne pouvait pas refuser. De pareils traits sont d'ailleurs des réponses éclatantes à l'injuste accusation d'avarice que Vasari a portée contre la mémoire du Pôrugin.
Cette même année, le U juin 1505, le Pérugin envoyait de Florence, un tableau peint à la détrempe sur toile, à la marquise de Mantova, Ëhsabetta Gonzaga. Ce tableau représente le Combat de l'Amour et de la Chasteté, très-riche composition allégorique, mais d'une exécution peu soignée. Le prix convenu était de 80 ducats, ainsi qu'il résulte d'une lettre que le maître écrivit à la marquise, et qui nous a été conservée par le D' Gaye *. Cet intéressant tableau faisait suite à plusieurs autres de Lorenzo Costa «
1. Vojez italieniiehe Forichungemt lUy p.^37. î. CarUgffiOy 11, p. 68.
et du Mantègna; ils se trouvent tous à présent dans le muséfe ^^ Louvre ', à Paris.
Le grand tableau d'autel, sur fond d'or, que le Pérugin peî| pour Montone', en 1507, n'existe plus. Il représentait Ja Vie sur son trône, ayant à ses côtés saint Jean-Baptiste, saint goire, saint Jean TÉvangéliste et saint François, avec quelqi anges dans le haut. Le gradin était orné de petits sujets rep sentant la Naissance de la Vierge, son Mariage et son Assomptii Ces derniers tableaux furent achetés, en 1787, par le marq Odoardi à Ascoli, où ils furent souvent attribués à Raphaël*, que démentait absolument leur date : A. D. MDVII.
En 1509, le Pérugin se trouvait à Rome; il y peignait à fresc le plafond de la Sala Borgia, au Vatican, comme le rappoi Vasari dans la Vie de Jacopo Sansovino; Gaporali, dans sa ti duction du Vitruve, dit avoir passé alors une soirée chez le Bcr mante avec le Pérugin, Pinturicchio et Luca Signorelli. Le rugin parait donc avoir séjourné à Rome pendant trois anné< de 1509 à 1512. Les peinture's qu'il fit au Vatican représente plusieurs saints dans des médaillons.
Les ouvrages postérieurs du Pérugin offrent peu d'intérêt, nous nous contentons de rapporter brièvement qu'il exécuta, 1513, le tableau du maltre-autel de la cathédrale de Caste' délia Pieve, lieu de sa naissance, pour la somme de 120 florij c'est une Vierge avec les apôtres saint Pierre et saint Paul et Lsaints Gervais et Protais. Le tableau porte cette inscriptioi PETRVS CHRISTOPHORl VANVTII DE CASTRO PLEBIS PLXXl MDXIII.
11 exécuta, l'année suivante, une peinture murale dans l'égli^- S. Maria de'. Servi de la même ville, peinture dont on ne v( plus que des restes. C'est une Descente de croix, actuelleme:
1. Le tableau du Pérugin porte le n** 445 du catalogue (Écoles d'Italie et d'Espagne); de Costa, les n"* 175 et 176; ceux de Mantigna, les n"' 251 et 251. ~ Voir les dét donnés daiu le catalogue. {Noie de rédilewr,)
S. Vila di P. PeruginOj p. 208.
3. Vila di P. PeruginOj p. 222, et B. Orsint, Deteriiione deîh piduredi Àteoli^ 17^ p. 75.
cachée derrière un mur qui fut élevé pour soutenir l'église, ébranlée par un treiùblement de terre. On y lit encore cette inscription : . . . ESTA HOPERA FERO (?) DEPENGERE. LA.