‹ Raphael d'Urbin et son père, Giovanni Santi (volume 5)Chapitre 57 sur 81 · NOTICE SUR RAPHAËL. ÎS · texte numérisé non relu

NOTICE SUR RAPHAËL. ÎS

Wontorii dedicavit; in ea enim cum admîratione visitur puer a

Cacodœmozie vexatus, gui revolutis et rigentibus oculis corn-

xnotse mentis habitum refert. Cœterum in toto pictural génère

numquam ejus operi venustas défait, quam gratiam interpretan-

tur; quamquam in educendis membrorum toris aliquando nimius

fuerit, quum vim artis supra naturam ambitîosius ostendere

conaretur. Optices quoque placitis in dimensionibus distantiisque

non semper adamussim observàiis visus est; verum in dueendis

lineis, quœ commissuras colorum quasi margines terminarent,

et in mitiganda, commiscendaque vividiornin pigmentorum aus-

ieritate jucundissimus artifex ante alia id prœstanter contendit,

quod unum iii Bonarota defuerat, scilicet ut picturis erudite deii-

lieatis etiam colorum oleo commistorum lucidus ac inviolabilis

omatus accederet. Periit in ipso œtatis flore, quum antiquse

lirbis œdificiorum vestigia architecturœ studio mctiretur, nôvo

quidem ac admirabili invcnto, ut integram urbem architectorum

oculis consideratam proponeret. Id autem facile consequebatur

descriptis in piano pedali situ veutorumque lineis, ad quarum

Aormam sicûti nautse ex pictœ membranae magnetisque usu maris

ac litorum spatia deprehendunt, ita ipse laterum angulorumque

naturam ex fundamentis certissima ratione colligebat. Eo de-

functo plures pari prope gloria certantes artem exceperunt, et in

his Franciscus et Julius discipuli vel bac una exquisita artis

indole insignes, quod magîstri manum perargute et diligenter

aemulari videantur.

Vasari, sans alléguer aucune espèce de preuves, a donné sur la mort de Raphaël des détails qui jusqu'à un certain point pourraient jeter de la déconsidération sur les mœurs de ce grand homme, et son témoignage, quoique entaché de cette malveillance qu'il a manifestée à Tégard de plusieurs autres artistes, a été accepté néanmoins avec toute la légèreté possible par presque tous les historiens et biographes de Raphaël.

Maintenant, si en recherchant, la vérité, nous examinons les lettres de Goelio Galcagnini et de Marc Antonio Michiel, que nous avons citées dans notre ouvrage, nous voyons que ces deux amis de l'illustre défunt parlent avec la plus haute considération et de son caractère et de ses mœurs. Nous voyons aussi, dans ces mêmes lettres, que Raphaël vivait dans une sorte d'intimité avec les plus éminents personnages de son temps, et qu'il avait accueilli, comme un père, dans sa maison Taustère Fabius Calvi dont il suivait les sages conseils. De plus, nous savons par la lettre de Marc-Antoine Michel, que Raphaël est mort après avoir été malade pendant quinze jours, ce qui n'indique pas une maladie de langueur, mais bien une maladie aiguë. " Dans les notices biographiques que l'historien Paolo Giovio et l'antiquaire Andréa Fulvio ont consacrées à Raphaël, ces deux contemporains, et, pour mieux dire, ces deux témoins oculaires, n'ont laissé planer aucun soupçon fâcheux sur la véritable cause de la mort imprévue du peintre d'Urbin. On a donc lieu d'être surpris que, longtemps après de pareils témoignages^ Simone

¥^oriiari de Reggio ait osé, dans ses Osservazioni sopra il Furioso ^ielV Ariosio, publiées en 1549, recueillir des bruits absurdes et cSésbonorants sur la mort de Raphaël, et qu'après lui Giorgio ^asari, pour qui la circonspection aurait dû être un devoir sacré, se soit fait l'écho de ces bruits calomnieux. Simone Fomari vnanquc absolument de conscience historique dans ce qu'il rap« ])orte au sujet de la mort de Raphaël ; voici d'abord le passage ^n question :

a Le cardinal Bibiena voulait faire épouser par Raphaël une àc ses nièces, mais celui-ci ne voulut point consommer le mariage, parce qu'il attendait de la noble libéralité du pape un <'hapeau rouge, qu'il croyait avoir mérité autant par ses travaux que par son génie. Enfin cependant, comme il ne mettait pas dj^ frein à ses amours, il mourut àTâge de trente-sept ans, le jour même de l'anniversaire de sa naissance*. »

Ainsi, Yasari, qui répète à peu près dans les mêmes termes l'assertion de Fomari, s'est fié àyeuglément à un écrivain dont la véracité aurait diï lui paraître douteuse et n'a pas pris la peine de remonter lui-même à la source des faits. Bien plus, il ajoute de son chef d'autres détails non moins suspects, en disant que le .chapeau de cardinal avait été promis à Raphaël, par cette raison que le pape lui devait de grosses sommes pour ses travaux, et que son élévation au cardinalat eût été à la fois un payement et une récompense. Ensuite il ajoute encore, et comme pour donner plus de vraisemblance à ce qu'il vient de dire sur la mort de Raphaël, que le maître avait, par ttn sentiment de pudeur, caché, à ses médecins la véritable cause de la fièvre lente qui le minait, si bien queieeux-ci, au lieu de lui administrer des remèdes fortifiants, le saignèrent et le firent ainsi mourir d'épuisement.

Nous avons déjà fait justice de l'absurde histoire du chapeau

I . Il cardinale Bibiena il (Raphaelio) constrinse a prendcre una tua nipote, ma egli non rolle il malrimonio eonsom^re, perciochè aspettara il cappel rotso della generosa liberalità di Leone, il quale li pareia per le sue faticbe et la irirtù haverlo meritato. UlUmamente per continoare fuor - di modo i suoi amori se ne iDorl in età di 37 aoni rittesso di che naeque.

t^âP SUR LA MORT DE RAPHAE|..

de cardiaal destiné à Raphaël. Ici nous remarquerons qu'il ser tout à fait incoinpréliensible, si Ton voulait admettre les assi tions erronées de Fornari et de Vasari, que Raphaël eût epci pu, quelques jours avant sa mort, déployer cette énergie et c< yigueur de génie que nous avons vues, car une pareille actii physique et morale ne pouvait exister chez un homme usé de tels excèç, attendu que le malade qui a fait abus de ses for entre toujours dans une période de grande faiblesse avant venir à une désorganisation complète.

D'après ce que nous savons, surtout par le témoignage de Fulviq, de lluiuiensité des travaux de Raphaël dans les dern ^liers temps de sa vie (et cette supposition est bien plus en rapp==>ort

avec la noblesse de son caractère), on devrait croire plu —tôt,

comme nous Tavons déjà dit, que l'incessante activité de esprit et la dévorante ardeur de son imagination avaient sure: putre mesure sa frêle et délicate santé.

Par la conviction que nous venons d'exprimer, nous devri^^o^ être très-reconnaissant au premier secrétaire de rAcadémie^=^ <^® Saint-Luc, à Rome, l'abbé MelcUior Misserini, pour la commun" ^cation qu'il a faite à Longhena, traducteur de l'ouvrage de M. Q!^**'^" tremère de Quincy (p. 441), en ce qu'il soutient avoir appris d^^ ia bouche du défunt abbé Francesco Girolamo Cancellieri une tn:^ — ^^" précise nar^'ation des causes de la mort de Raphaël, narration c^ue ce dernier avaiV trouvée dans un manuscrit de la bibliothè^^^ ^u cardinal Antonelli, et dont le contenu était comme il suit: « Raphaël était d'une très-noble et très-délicate complexion et Sâ vie ne tenait à son corps que comme à un fil, car il était tout esprit. D'aille\xrs, ses fqrces physiques diminuèrent beaucoup par ses efforts démesurés, e\ l'on doit admirer combien il a su produire en si peu de temps. Donc, s'étant un jour senti trèsépuisé à la Famesine, le Pape envoya vers lui pour qu'il vînt de suite à la' Cour. Pour ne pas être en retard , il courut d'une haleine au Vatican et y arriva dans une forte transpiration. Là, il se prouva dans une grande salle et parla longuement sur les travaux de l'église Saint-Pierre, si bien que sa sueur rentra par

SUR LA MORT DB RAPHAEI^. ttSt

la fraîcheur et il se sentit subitement atteint de maladie. De retour à sa maison, il fut pris d'une fièvre ardente, qui le conduisit malheureusement bientôt ait tombeau. » -» Mais nous devons, pour la vérité, mentionner que cette donnée ne i^epose sur aucun fondement sûr; car, après nos recherches, il ressort que Texcellent Gi^icellieri n'a jamais trouvé un document de ce genre. Nous savons seulement qu'il a dit au cavalière Yincenzo Camuccini, qui lui parlait de la mort de Raphaël : u qu'il espérak pouvoir prouver que la mort précoce de Raphaël ne saurait aucunement être attribuée à ^ne femme. »

Le Père Pungileoni* témoigne aussi, dans sa longue et intime fréquentation avec Gancellieri, que celui-ci ne lui avait cepeudant jamais rien communiqué au sujet d'un manuscrit contenant des renseignements sur la mort de Raphaël.

Nous n'accorderons pas plus de confiance au récit suivant, rapporté par Rehberg, d'un vieux peintre romain, qui le lui commu-* niqua comme une tradition de famille : u Léon X, instruit par les médecins que Raphaël était atteint sans espérance de guérison, voulut lui donner la dernière bénédiction ; mais, lorsque l'envoyé revint annonçant que llaphaël était ?iort, le pape se serait écrié en versant des pleurs : (( Orapro nobis. u Ces mots, sortis de la bouche du chef suprême de l'Église, auraient été considérés par les personnes présentes comme une véritable béatification. Le même écrivain rapporte aussi que Baviera, le serviteur de la (( Fornarina, » ayant appris cette nouvelle, la communiqua à sa maltresse ^ laquelle , devenue presque insensée par la mort de Raphaël, voulut dans son désespoir empêcher la marche de l'en* terrement et qu'elle se serait calmée & la pensée d'ii^i^e béatificaT tion immédiate I

Page 1