‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 234 sur 407 · L’Annonciation · texte numérisé non relu

L’Annonciation

Malvasia, dans sa Felsina Pittrice (t. Ier, p. 44), signale en ces termes un tableau de Raphaël, parmi ceux qui se trouvaient de son temps à Bologne : «L’Annonciation qui est dans la maison d’Agamennone Grassi lui fut envoyée par son frère Achille, lorsque celui-ci était encore auditeurde la Rote, à Rome; c’est-à-dire au plus tard en 1541, car, cette année-là, il fut fait cardinal.Il est certain que ce tableau à été connu du Francia, puisqu'on en conserve encore une copie de sa main dans l'atelier Musotti. » Carlo Bianconi, dans une lettre qu’il adressa à Baldassare Mazzanti de Bologne, qui possédait ce tableau, lui écrivit de Rome que, d’après l'examen des ouvrages de Raphaël, qu'il venait de voir, il ne doutait pas, en effet, que le tableau de l’Annonciation, avec Dieu le Père dans le haut, ne fût réellement de la main de ce maître. Il paraît, d’après la même lettre, que ce tableau, peint sur toile, avait 2 4 3/4”. Voyez Pungileoni, qui rapporte aussi, à la page 286 de son ouvrage, un certificat d'authenticité délivré

4. Ce tableau a été exposé à Manchester et catalogué, en effet, comme Mantegna. (Voir W. Burger, Trésors d'art, ete., p. 12-73.) (Note de l'éditeur.)

DES PEINTURES: DE RAPHAEL. 517 par l'académie de Bologne, en date du 5 août 1773, sur la demande de Giuseppe Masi de Reggio, qui possédait alors ce tableau. C’est seulement plus tard que cette toile passa dans les mains de Baldassare Mazzanti. Ce certificat nous apprend qu’elle représentait des figures entières, aux trois quarts de nature. Toutefois, il nous semble que l’estampe de Marco da Ravenna fut exécutée d’après un premier dessin plutôt que d’après le tableau lui-même.

On ignore absolument ce qu'est devenu ce tableau ; mais on en voit, au château de Gotha, une copie faite dans l’école de Raphaël, copie qui a quelque ressemblance avec la gravure de Marco da Ravenna : la Vierge est agenouillée à droite, les mains croisées sur sa poitrine. Son prie-Dieu est posé vers le milieu du tableau: l’ange, qui survient du côté gauche, élève sa main droite dans l'attitude de la bénédiction, et au-dessus de lui est la mi-figure de Dieu le Père dans une gloire. Au fond, un mur de chambre avec une porte. Figures aux trois quarts de nature.

Gravures : Marco da Ravenna. Copie par Franc. Villamena. Bartsch, t. XIV, n° 15.— Landon, n° 151. — Gravure sur bois : composition semblable, du côté opposé, entourée d’arabesques. À droite est la marque VGO. H. 4” 5°”; 1. 27 107.

Longhena décrit (dans une note, p. 13) une toute petite Annonciation d'environ 5” de larg., dans une lunette ou demi-cercle. Nous avons vu cette peinture dans la succession du graveur Longhi, à Milan, et nous l'avons trouvée charmante, peinte avec une exquise délicatesse, mais sans pouvoir y reconnaître la manière de Raphaël. A la juger d’après son exécution, et en raison surtout des cassures anguleuses des plis d’étofle, nous y retrouvous l’école florentine du commencement du seizième siècle.

Longhena cite encore (p. 674) un autre tableau représentant une Annonciation qui était autrefois dans la possession de feu F. Gozzi, à Milan. Nous Pavons vu à Londres et nous le tenons pour une belle peinture de Nic. Alunno.

Le cardinal Delfino de Venise avait fait don à Bianca Capello, épouse du grand-duc Francesco de Médicis, d’une Annonciation de Raphaël. Voy. Nuova Raccolta di lettere sulla pittura, di Michel Angelo Gualandi, tome Ier,

Dans l’église principale du couvent Alexander-Newsky, à Saint-Pétersbourg, il y a aussi une prétendue Annonciation de Raphaël. Voy. le Leæicon der morgenlandischen Kirchen, par Muralt (Leipzig, 1838, p. 43), et Beitraege zur christiichen Kunstgeschichte und Liturgie (Leipzig, 1841, page 65).

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