‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 289 sur 407 · Portrait de Taddeo Taddei · texte numérisé non relu

Portrait de Taddeo Taddei

Sur bois. H, 57”; 1. 487”,

Nous avons rapporté, dans l'Histoire de la vie de Raphaël, que celui-ci s'était lié d'amitié, à Florence, avec le patricien Taddeo Taddei. Vasari nous apprend , en effet, que Raphaël avait peint deux Madones pour son ami, mais il ne dit pas que le maître d’'Urbin ait fait le portrait de Taddeo Taddei. Cependant on prétend que ce portrait existe, et l’on veut le reconnaître dans le portrait d’un homme à longue barbe noire, vu de trois quarts, tourné vers la gauche, la tête couverte d’une barrette; dans le fond est une draperie, à gauche, et un paysage, à droite, paysage qu’on suppose représenter une vue de Fiesole.

Ce portrait se trouvait, en 1857, chez M. P. Casali ; il passa ensuite chez monsignore Manni, à Rome. On a imprimé dans cette ville une notice sur ce portrait, avec une lithographie qui en offre la reproduction. Suivant cette notice, ledit portrait proviendrait de la collection de tableaux de Taddeo Taddei, laquelle fut vendue en 1787, par M. Gaetano Taddei, au sénateur Adami, à Florence. Voici le certificat qu’on a publié à l’appui de cette assertion :

&« De mon palais, à Florence, le 26 décembre 1855.

« Afin de rendre hommage à la vérité, je certifie que parmi les documents et reçus de ma famille. il en existe plusieurs. par lesquels il est positivement établi que le sénateur Alexandre Adami à fait, en 1787, l’acquisition de toute la galerie de Gaetano Taddei, descendant et héritier de la noble maison de ce nom. Entre autres tableaux de cette collection, il en est qui sont peints sur bois et à l’huile, notamment une Sainte Famille et un portrait que l’on croit être celui de Taddeo Taddei, lesquels tableaux appartiennent tous deux à M... En foi de quoi je signe.

« Pour copie : ELIO ADAMI. »

Ce qui frappe surtout dans cette déclaration, c’est que M. Elio Adami ne dit pas que les tableaux en question soient de la main de Raphaël. On doit s'étonner qu’on ait omis le nom de la personne qui avait acheté ces tableaux du sénateur Adami : leur provenance n’est donc pas régulièrement établie. Mais ce qui rend encore plus suspecte l’origine de ces tableaux ,

372 SUPPLÉMENT AU CATALOGUE DES PEINTURES DE RAPHAEL. c’est que la Madone, qu’on attribue à Raphaël, n'offre aucune analogie avec le style de ce maître, si du moins nous pouvons en bien juger d’après la lithographie qui est jointe à la brochure, et qui semble accuser une peinture de l’école du Pérugin !.

1. On ne finirait pas si l’on voulait décrire tous les tableaux qui ont été et qui sont attribués tous les jours à Raphaël avec une incroyable légèreté. Dans la galerie Borghèse, à Rome, il y avait un petit paysage décoré d’un cadre somptueux, garni d’ornements en corail, que l’on attribuait à Raphaël. C'est une étude d’un ancien maître néerlandais, peinte dansla manière de Patenier. Nous avons vu ce petit tableau à Londres, dans le magasin d’objets d'art des frères Woodburn.

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