DANS LA MAISON LODOVICO BALDESCHI, A PÉROUSE
457. Le Mariage de l'empereur Frédérie III avec Éléonore de Portugal. — Dessin pour la fresque qui est à la Libreria de la cathédrale de Sienne. L'empereur, allant au-devant de sa royale fiancée, lui prend la main droite, tandis que le cardinal Eneas Sylvius, debout au milieu, leur touche les épaules comme pour les réunir. Tout auprès et derrière l’empereur, six hommes et trois cavaliers de sa suite; à droite, auprès d'Éléonore , quatre femmes et trois hommes; et, plus en arrière encore, six Cavaliers. Au fond, à gauche, plusieurs cavaliers et beaucoup de lansquenets, auprès de la colonne qui fut érigée, en souvenir de ce fait, devant une des portes de Sienue. Dans le lointain, on voit la mer entre deux collines, avec le vaisseau qui amena la princesse en Italie. Ce dessin, traité avec infiniment d'esprit, est du plus grand effet ; les expressions des têtes sont parlantes, les chevaux pleins de feu ; les vêtements reproduisent les costumes du temps avec beaucoup de goût, et ne sont pas surchargés d'ornements, comme ils le furent plus tard dans la peinture exécutée par le Pinturicchio. Dans ce dessin, toutes les figures prennent part à la cérémonie, tandis que dans l’exécution il a fallu introduire beaucoup de portraits de Siennois distingués, qui, dans tous leurs mouvements comme dans l'expression de leurs physionomies, semblent tout à fait étrangers à la scène où ils figurent. Le Pinturicchio, qui était loin de posséder, comme Raphaël, le sentiment des lignes, changea aussi le paysage pour y placer en perspective différents édifices de Sienne. Toutefois, ces changements semblent prouver que Raphaël ne fit point ces compositions à Sienne même, où il lui eût été facile de satisfaire tout de suite aux exigences de la commande. Dans le baut de la feuille, Raphaël a écrit de sa main : Questa e la quinta.. Le reste est effacé et tout à fait illisible. Dessin à la plume, légèrement lavé au bistre et rehaussé de blanc. La feuille, pliée en quatre, s’est déchirée en plusieurs endroits et a été mal raccommodée. H. 1”; 1. 15”.
Les dessins suivants, qui se trouvaient encore en Italie en 1835, ont été vendus sans que nous sachions en quelles mains ils ont passé depuis.