‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 322 sur 407 · DANS LA COLLECTION ALBERTINE, A VIENNE · texte numérisé non relu

DANS LA COLLECTION ALBERTINE, A VIENNE

Cette collection, une des plus riches qui existent, est un legs du duc Albert de Saxe, Teschen, à l’archidue Charles ; elle se trouve actuellement en la possession du fils de ce dernier, l’archiduc Albert. Une grande partie

{. Un dessin original provenant de la maison Cavaceppi , pour cette Sainte Famille, mais sans le saint Joseph, se trouve dans la collection de l’archidue Charles, à Vienne.

des dessins de l’école italienne provient du cabinet du prince Charles de Ligne et de différentes ventes faites en Hollande. — Adam Bartsch, Ferdinand Ruschweyh et Charles-Antoine Favart en ont gravé plusieurs. Des fac-simile lithographiés sont contenus dans le précieux ouvrage que Ludwig Forster a publié à Vienne sous ce titre, en allemand : Copies lithographiées d'aprés des dessins originaux d'anciens et célèbres maitres italiens, tirés de la collection de Son Altesse Impériale l'archiduc Charles d'Autriche. (A Vienne, chez Mannsfeld et Comp.) — Le premier volume, composé de 80 planches, est terminé depuis l'année 1835 {ainsi que le volume renfermant les dessins d’après les maîtres des écoles des Pays- Bas et de l'Allemagne). La continuation de ce bel ouvrage se prépare.

Les frères Alinari ont photographié les dessins de Raphaël de cette collection, et Giuseppe Bardi, à Florence, va les publier avec une dédicace à S. A. R. le prince Albert d'Angleterre.

Nous avons emprunté beaucoup de précieux renseignements sur l’origine des dessins au catalogue manuscrit d’Adam Bartsch, que nous avons eu le bonheur de consulter en 1835. C’est donc grâce à la générosité de l'auguste propriétaire de la collection Albertine, ainsi qu’à la bienveillance de feu M. le directeur Rehberger et de MM. les inspecteurs de ce musée, que nous avons pu donner le catalogue détaillé des dessins de Raphaël que possède cette belle collection.

Sujets de l’Ancien estament.

165. Abraham se prosternant à terre devant les trois Anges. — Sara est debout derrière la porte. Légère esquisse à la plume, pour la fresque des Loges au Vatican. Sur papier d’un ton brunâtre, lavé à la sépia et rehaussé de blanc. H. 7” 2°”; 1.9” 4°”. Collection de la Noue et A. Rutgers ; acquis au prix de 11 florins.

Grav. sur bois, au clair-obseur, par À, M. Zanetti.

166. Jacob à la fontaine, auprés des filles de Laban. — Esquisse pour la fresque des Loges. Très-beau dessin à la plume sur papier brunâtre, lavé à la sépia et rehaussé de blanc. H. 8”; 1. 9”. Collection J. Walraven à Amsterdam ; vendu 46 florins.

Grav. sur bois, au clair-obscur, par À. M. Zanetti. — A l’aquatinta, par H. Benedicti, in-4°.

467. Joseph expliquant le songe à ses frères. — Esquisse pour la fresque des Loges. Dessin largement traité à la plume, sur papier gris, lavé à la sépia et rehaussé de blanc. H. 8” 7”; 1. 12”. Collection du duc d’Ursel.

Grav. par un élève de Marc-Antoine. Bartsch, t. XV, p. 10, n° 5, — Béatrizet, 1541. Bartsch, t. XV, p. 244, n° 9. — Par un anonyme, in-8.

Dans la succession du peintre Lawrence à Londres, il s’est trouvé également une belle copie de cette composition.

468. La Chute des murs de Jéricho. — Légère esquisse à la plume. H. 9” 9°”; 1. 13” 9”. Si, dans ce dessin pour la fresque des Loges, certaines parties sont de la main de Raphaël, les autres toutefois accusent une main étrangère.

Lithogr. par F. Eybl.

169. David vainqueur du géant Goliath. — Spirituelle étude à la pierre noire pour la fresque des Loges. Ce sont seulement les deux figures de David et de Goliath avec le guerrier à droite. H. 9” 6°”; 1. 12” 6”. Un beau dessin au bistre du groupe principal est conservé dans la collection de Florence. Sur le revers, en esquisse, le groupe des apôtres, de la Mort d’Ananie. Mais ces deux esquisses ne semblent être que des études d’après l'original.

Sujets du Nouveau Testament.

470. L'Annonciation. — La sainte Vierge se relève et se tourne avec humilité vers l’ange qui vient à elle. Dans le haut, Dieu le père et le Saint- Esprit qui descend. Le dessin est cintré par un demi-cercle. Esquissé à la plume et terminé à la sépia et avec du blanc. H. 10° 1°”; 1.147” #°. Collections Crozat et prince de Condé.

471. Esquisse pour le Massacre des Innocents, gravé par Mhre-Antoine. — C'est le soldat qui veut arracher l'enfant des bras de la mère qui s’enfuit ; il y a, en outre, une étude plus précise pour les jambes de la femme, ainsi que pour la tête et Le bras qui retient l'enfant. A la sanguine. H. 9”; 1. 45” 6”. Collections Mariette et prince de Ligne.

172. Esquisse pour le même Massacre des Innocents. — C’est encore le même soldat poursuivant la même femme ; dessin à la plume, avec quelques indications de figures à la pierre noire, qui semblent avoir été effacées parce que Raphaël n’en était pas content ; elles ne se trouvent d’ailleurs pas sur l’estampe. A droite, sur la même feuille, est l’esquisse d’un soldat nu, à mi-corps, et, dans le bas, une autre étude pour la femme agenouillée du Jugement de Salomon, qui est peint dans la chambre de la Segnatura. A la plume. Ces deux esquisses se trouvant sur la même feuille, on peut en conclure que la célèbre composition du Massacre des Innocents est de la même époque que la fresque du Jugement de Salomon, c’est-à-dire de l'année 1510 environ. Sur le revers de cette même feuille, Raphaël a encore esquissé, à la pierre noire, un homme nu qui était vraisemblable ment destiné à représenter le soldat dans cette dernière fresque, mais qui n'y fut pas mis. H. 40” 6°”; 1. 14° 12°”. Collections Timoteo Viti, Crozat, marquis de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne. Au revers de cette feuille est la figure allégorique de l’Astronomie. Voyez ci-après le n° 205.

173, La Péche miraculeuse. — Première esquisse. On voit les deux bar-

ques avec le Christ et les apôtres dans le fond. Sur le devant, trois hommes debout ; auprès d’eux est assise une mère avec son enfant; un peu plus loin, à droite, et tout près du bord du fleuve, sont assises aussi deux autres femmes avec un enfant. Quelques autres figures, indiquées seulement au fusain , ont été presque effacées. A la plume et terminé à la sépia et avec du blanc. Ce dessin, très-achevé, a été un peu retravaillé. Dans le bas, on lit : Euc. 5. — H. 8” 8”; 1. 14” 7°”. Vendu 300 livres dans la vente Mariette. Collections Crozat, Mariette, Julien de Parme et prince de Ligne. Sur le revers, il y a encore une esquisse des deux barques; mais elle n’est point du maître.

Bartsch, dans son catalogue manuscrit, cite une copie de ce dessin existant à Nuremberg. On en voyait autrefois encore une dans la collection de Florence.

Grav. par. J. B. Franco. Bartsch, t. XVI, p. 124, n° 14. — A. Fantuzzi. — Ph. Thomassin, avec des changements dans le paysage. — Lithogr. par Pilizotti. — Landon, n° 234.

174. Étude de trois apôtres, pour la Transfiguration. — Ce sont ceux qui occupent le centre du fond, au-dessous de la montagne ; l’un est debout, l'autre a les mains ouvertes et les doigts écartés ; on ne voit qu’un fragment du troisième apôtre. Ce sont des figures nues, dessinées avec grand soin, à la sanguine, d’après le modèle vivant, H. 42° 1°”; 1. 40° 4°”. Collections Crozat, marquis de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne.

Lithogr. par Fr. Eybl.

475. Deux apôtres. — Autre étude pour la Transfiguration. C’est celui qui est assis au premier plan à gauche (saint André) et celui qui, derrière lui, lève le bras vers le haut. Figures nues, dessinées à la sanguine. H. 44” 4”; 1. 8” 7°”. Mèmes collections que le précédent.

Lithogr. par Fr. Eybl.

476. L'apôtre assis. — C’est celui qui est au premier plan à gauche dans la Transfiguration (saint André). Magnifique étude d’après le modèle nu, un peu plus petite que la précédente et différente aussi de mouvement. À la sanguine. H. 4” 10°”; 1. 5” 6”.

477. La Transfiguration. — C’est absolument la même disposition que dans le tableau, mais toutes figures nues. La manière dont est traité ce célèbre dessin à la plume ressemble sans doute à celle de Raphaël, mais on y chercherait en vain ses qualités spirituelles, sa liberté de faire et son originalité. La proportion des figures est d’ailleurs un peu courte, quelquelois même d’un mouvement désagréable. Il est surprenant aussi que l'ordonnance de toutes les figures soit identiquement la même que celle du tableau, tandis que Raphaël ne suivait jamais servilement son esquisse

dans le cours de l'exécution d’un tableau et apportait toujours quelque modification à son idée première. C’est pourquoi nous avons la conviction que ce dessin, si beau qu’il soit, est bien plutôt une copie faite d’après le tableau qu’une étude de Raphaël pour ce tableau même. Il a souffert en différents endroits. Collections de Piles, Montarsis et Crozat.

Lithogr. par Pilizotti.

178. La Céne. — Rapide esquisse à la plume, de la jeunesse de Raphaël. La partie gauche est seule terminée. Deux piliers d'un vestibule voûté partagent cette composition en trois parties. In-folio en largeur. Voyez, pour le dessin du Saint Sébastien qui est au revers, n° 194.

479. La Lapidation de saint Étienne. — Première esquisse pour le carton de la tapisserie. Ce sont neuf figures qui, à l’exception de celle du saint, ne sont poirit vêtues. Le saint est agenouillé, vu de face, au milieu du tableau (tandis que, dans la tapisserie, il est un peu tourné de côté). A gauche, trois hommes armés de pierres, et Saul, gardant les vêtements, et assis à terre. A droite, trois hommes jettent des pierres et un quatrième en ramasse. Très-belle esquisse à la plume. H. 10” 3°”; 1. 16” 3°”. Collection Mariette.

Grav. par A. Bartsch, 1787. — Lithogr. par Pilizotti.

180. La Vierge au pied de la croix. — Elle est dessinée dans trois attitudes différentes. La plus terminée, dans la manière du Pérugin, est telle que Raphaël l’exécuta dans le tableau qui était chez le cardinal Fesch à Rome, et ce dessin, de la jeunesse du maître, semble avoir servi en effet à la composition de ce tableau: Le torse du Christ en croix est aussi indiqué. H. 10° 3°”; L. 8”. Collection Julien de Parme.

Grav. par Adam Bartsch.

181. La femme d'Anantie. — Tombée morte sur les marches du temple. Dix figures, hommes et femmes, frappés de stupeur, se tiennent auprès du cadavre. Très-beau dessin au bistre, qui a des rapports frappants avec la composition du Lévite d’Éphraïm qui se trouvait dans la collection Denon à Paris’; mais ni l’un ni l’autre de ces dessins ne nous paraissent être de la main de Raphaël. H. 7” 3”; 1. 9” 6”.

Saintes Familles et Madones.

482. La Sainte Famille, pour Dom. Canigiani. — Actuellement au musée de Munich. C’est seulement une rapide esquisse des deux femmes avec

1. Voy. Description des objets d’art qui composent le cabinet de feu le baron Vivant- Denon. Paris, 1826, n° 299. Grav. dans l'ouvrage de Denon, pl. 89. Landon, n° 291. Le sujet est tiré du Livre des Juges, chap. XIX et XX.

Ce dessin, qui aujourd’hui appartient à l’illustre peintre français Ingres, n’est cependant pas de Raphaël ; il porte bien plutôt le caractère d’une œuvre de Poussin. Nous ne savons point s’il existe un dessin original de Raphaël pour cette composition.

leurs enfants ; le saint Joseph manque. Les extrémités des figures de femmes et la tête de sainte Élisabeth ayant un cachet particulier, et ces diverses parties étant plus soigneusement traitées que le reste, nous sommes portés à croire que ce sont des études d'après nature. Esquissé

à la sanguine et terminé à la plume. H. 40” 4”; 1. 9”. Collection Cavaceppi.

Grav. par. À. Bartsch. — Lithogr. par Fendi.

483. La Vierge, demi-figure. — Elle tient l'enfant Jésus devant elle sur un coussin, et lui présente, de la main droite, une grenade. Sa main gauche est posée sur un livre ouvert, et sa tête, un peu penchée vers le bas, est recouverte d’un voile. L'enfant Jésus et les mains de la Vierge sont très-soigneusement traités, et semblent avoir été dessinés d’après nature. Ce beau dessin, esquissé au fusain et terminé à la pierre noire, est encore dans la manière du Pérugin. Les figures étant aux trois quarts de grandeur naturelle, il se peut que ce dessin ait servi de carton pour un tableau qui n’est pas connu. H. 45” 6°”; 1. 11”. Des collections Julien de Parme et prince de Ligne.

484. Madone de la maison d'Albe. — Ce dessin est un peu différent du tableau, en ce que le petit saint Jean tient ici un agneau. A la plume, lavé d’un ton brun et rehaussé de blanc. Ce dessin, qui a beaucoup souffert, est retravaillé et coupé ovalement. C'est à peine si on peut y reconnaitre la main du maître. H. 7” 37’; 1. 6”. Collection du prince de Ligne.

185. Sainte Famille. — La Vierge est assise à droite de sainte Anne et lui présente l’enfant Jésus, Rapidement esquissée au fusain, terminée à la plume. H. 5” 5°”; 1. 4° 7°”. Collection du prince de Ligne.

Gray. par Ch. Ant. Favart, 1818. En contre-partie.

486. La Vierge assise dans un palais. — Elle se tourne à droite et semble vouloir présenter l'enfant Jésus au petit saint Jean assis à terre. Les deux enfants se regardent avec amour. Auprès d’une colonne, on voit encore l'indication d’un homme. Très-spirituelle esquisse dessinée à la plume et à l'encre. H. 6” 10°”; 1. 4” 14°”.

Grav., en contre-partie, par Gh. Ant. Fayart, 1818. Collect. du prince de Ligne. Une copie de ce dessin se trouvait dans le cabinet de M. Roger Lagoy, à Paris; élle a été gravée à l’eau-forte par cet amateur. — Landon, n° 229.

487. La Vierge assise dans un paysage. — Elle lit dans un livre et tient devant elle l’enfant Jésus, qui étend son bras vers le livre. Aux côtés, l'indication de deux anges. Esquisse à la plume, très-rapide, mais très-spirituelle. H. 7° 3°; 1. 5” 9°”. Collection du prince de Ligne. È

188. Deux Madones, — Esquisses à la plume sur une même feuille.

Celle de gauche a, dans l'attitude, quelque ressemblance avec la Vierge de la maison Colonna, au musée de Berlin ; mais ici l'enfant Jésus, debout sur les genoux de sa mère, lui entoure le cou avec un de ses bras.

L'autre esquisse est également une Vierge assise, en demi-figure, avec l'enfant Jésus debout qui, de la main droite, tient le bord du vêtement de sa mère, auprès du cou, et qui porte ses regards vers le petit saint Jean debout à gauche. Ce dernier, vu à moitié, a un oiseau dans la main. Un peu de paysage pour fond.

On voit encore, sur la même feuille, l'indication d’une autre Vierge et d’un enfant. Voy. le revers du n° 293.

189. Plusieurs esquisses pour la Vierge dans la prairie. — De la galerie du Belvédère, à Vienne. Il y a, sur cette feuille, quatre projets pour cette Vierge avec les deux enfants, dans des attitudes différentes, surtout celle du petit saint Jean, et, sur le revers de la feuille, on retrouve encore trois fois le même groupe et plusieurs fois les mêmes enfants. H. 9” 4”; 419-407.

S. Paccini a gravé deux de ces esquisses en fac-simile en 1770 !.

190. La Vierge tenant l'enfant Jésus sur ses bras. — Ils se tournent tous deux vers um saint qui est à leur gauche. Sur la même feuille, à droite, encore deux esquisses à la plume pour un saint Jérôme.

Sur le revers de cette feuille, plusieurs rapides esquisses de Vierges et d'enfants Jésus. Puis une figure endormie enveloppée dans un manteau, et deux études de dos. H. 13” 6°”; 1. 9” 7°’. Collections Timoteo Viti, Crozat, de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne.

191. Six Vierges àvec l'enfant Jésus. — Rapides esquisses, dont deux à la sanguine et quatre à la plume.

Sur le revers de cette feuille, il y a ne belle esquisse plus grande que les autres, pour une Vierge en demi-figure, qui tient l'enfant couché en travers sur ses genoux. Leurs regards se rencontrent ; car l'enfant regarde vers le haut et la Madone abaisse ses yeux sur lui. La partie supérieure de l'enfant est terminée à la plume. Le reste est dessiné à la pointe d'argent. H. 9” 9°”; 1. 7° 2°”. — Collections Tim. Viti, Crozat, marquis de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne.

492. La Vierge avec l'enfant Jésus sur les genoux. — Elle est assise

1. Citons encore trois autres fac-simile de Paccini d’après des dessins de Raphaël, mais dont nous ne connaissons qu’un seul en original, qui est à Oxford :

a.) Trois Anges dans les airs, mi-figures à la plume. Ce sont sans doute des études pour les anges placés à droite dans la Dispute du Saint-Sacrement,

b.) Tète de femme dirigée vers le haut, dans le type de la Sainte Catherine gravée par Desnoyers. Seulement le masque. C’est le dessin d'Oxford.

c.) Étude de draperie pour la partie supérieure d’une figure de femme; derrière elle, un jeune homme qui la poursuit et un enfant à droite. A la plume.

dans une campagne et présente son sein à l’enfant. Quelques anges sont agenouillés à gauche, et, à droite, l’on voit saint Joseph marchant. Rapidement dessiné à la plume sur papier rougeâtre, et tellement dans la manière de Timoteo Viti, que l’on peut, sans aucune hésitation, l’attribuer à cet ami de Raphaël. H. 6” 7”; 1. 5”. Collections Timoteo Viti, Crozat, de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne.

Sujets religieux et Sibylles.

493. Saint Sébastien. — Trois esquisses à la plume. Il est debout, les mains liées, dans une attitude où l’on reconnaît cette afléterie qui caractérise quelques ouvrages de Raphaël composés depuis 1505 jusqu’en 1508. Sur la même feuille, il y a encore deux études d'hommes vus de dos et quelques études séparées de cette partie du corps. Ce dessin se trouve sur le revers de la feuille, avec la Cène du n° 179. H. 10° ; 1. 14” 3”. Collections Timoteo Viti, Crozat, de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne.

194. La tête d'une jeune martyre posée sur un plat. — Beau dessin à la pierre noire rehaussé de blanc. Ce doit être l'ouvrage d’un élève de Raphaël.:H. 8.97”; 1.57 97.

495. Le petit saint Jean-Baptiste. — En adoration. Tourné à droite, et comme faisant partie d’une Sainte Famille. Esquissé au fusain et terminé à l'encre. Cette petite feuille, de la jeunesse de Raphaël, est collée sur un grand carton contenant quelques esquisses de.Léonard de Vinei, et entouré d’une ornementation par Giorgio Vasari. Collections Crozat, P. Mariette et Julien de Parme.

196. La vieille Sibylle de Tibur. — Elle s'appuie des deux bras et se tourne à gauche. Très-belle étude à la sanguine pour la fresque de S. Maria della Pace, à Rome. La draperie sur les genoux est un peu plus terminée que le reste du dessin. H. 10° 6”; 1. 6” 6°”.

Grav. par Ferd. Ruschweyh, 1806.

497. Étude pour le bras élevé de la jeune Sibylle de Cumes. — Dans la fresque de l’église de S. Maria della Pace. Puis une étude d’après un modèle de femme pour la partie supérieure de l’ange qui vole, tourné à gauche daus le même tableau. Ce sont deux beaux dessins à la sanguine; les formes sont puissantes et grandioses, dans le style de Michel-Ange, mais d’une grande vérité de nature et de l’exécution la plus délicate. H, 8” 8°”; 1. 8” 1°”. Collections d’Argenville et Julien de Parme.

. 498. Étude pour l'ange qui vole. — Tourné à gauche, dans la même fresque de l’église della Pace. Dessiné d’après le modèle nu, et, au bas, on voit encore, bien plus étudié, le bras dont la main tient la bande de parchemin. A côté se trouve une étude de draperie pour le même ange.

A la sanguine. H. 10° 3°”; 1. 14”. D’Argenville avait acheté ce dessin à Rome, pour 150 livres; plus tard, il fut possédé par Julien de Parme et le prince de Ligne. Un dessin original et semblable se trouve dans la collection de M. Reiset, à Paris.

Esquisses pour les peintures murales dans les chambres du Vatican.

199. Esquisse pour la moitié de la partie inférieure de la Dispute du Saint-Sacrement. — Des dix-neuf figures vêtues que le maître a groupées dans ce dessin, ce sont les deux Pères de l’Église, saint Jérôme et saint Grégoire, qui sont le mieux conservés et qui nous donnent une idée de ce qu'était autrefois cette belle esquisse, aujourd’hui malheureusement très-retravaillée. A la plume, et terminé à la sépia et avec du blanc. H. 11” 6°”; 1. 16” 19°”. De la collection Crozat.

Grav. par le comte de Caylus. — Lithogr, par Pilizotti.

200. Saint Ambroise et Pierre Lombard.— Avec un jeune homme dont les regards sont dirigés vers le haut. Demi-figures. Cés esquisses pour la Dispute du Saint-Sacrement, dessinées à la plume, se trouvent sur le revers de la feuille n° 189, qui contient encore quelques vers du projet de sonnet de Raphaël, que nous possédons en entier sur un dessin du Musée Britannique. Quant au dessin de la collection Albertine, une main barbare en a coupé une partie, et on n’y peut lire que ces lambeaux de vers :

Lingua or di parlar disoglie e..… À dir di questo dileto so in g...….

Ch'amor mi fece p. mio gr...

Ma lui più ne ringratio de...

E questo se me rimasto ancor.....

Pel fisso inmaginar que...

Moso tanta letizia che...

Les trois dernières lignes avaient été raturées et remplacées par

celles-ci :

Pel fisso inmaginar...….

Quel dolce suo parlar..…...

Ne mio pensier quel se p...…

Plus bas, Raphaël a écrit encore une autre variante pour ce même sonnet; mais il n’en reste que le début. La première ligne, qui est raturée et qui se lisait ainsi :

D'un bello assalto si bel ch’el di, a été remplacée par les trois vers suivants :

Un pensar dolce e rimembrare in modo, Più di dispera e ricordarsi el dano, Molto disperande nel mio pelo sianno.

Le reste manque. Ces vers et quelques autres essais du même genre nous prouvent que Raphaël, qui avait à un si haut degré le sublime sentiment de poésie, le crayon ou le pinceau à la main, et qui produisait avec tant de facilité ses œuvres d'art, n’était pas aussi habile dans la production d’un sonnet; car ce travail lui donna beaucoup de peine et ue semble pas l'avoir complétement satisfait ; 1] en resta Jà de ses tentatives poétiques qui datent de 1508.

201. Le groupe de Pythagore pour l'École d'Athènes. — Ce sont cinq figures, avec celle d’Anaxagoras posée sur le devant, et l'indication de quelques autres ; il y a de plus une assez grande étude de draperie pour Anaxagoras. Esquissé à la pointe, sur papier gris-brun, et réhaussé de blanc. H. 14”; 1 14° 6”. Collections Crozat, de Gouvernet, Julien de Parme, Schmidt et prince de Ligne.

Grav. par P. A. Robert; planche teintée par N. Lesueur, in-fol. en larg., n° 44. — J. Th. Prestel, 1785, en contre-partie. — Ferd. Ruschweyh; 1807, sans l'étude de la draperie. — Lithogr. par Pilizotti.

202. La Muse assise. — C’est Calliope qui, dans le Parnasse, est assise à droite , auprès d’Apollon. Le bras levé qui tient la trompette est trèsétudié et d’après nature. L’ordonnance de la draperie rappelle celle de l’Ariane antique. Belle esquisse à la plume. H, 9” 3°” ;1. 8” 2°”. Collections Timoteo Viti, Crozat, de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne.

Lithogr. par J. Pilizotti.

Le revers de la feuille contient un fragment d’une étude de draperie pour la même Muse vue de dos, également dessinée à la plume pour le Parnasse. C’est l'original d’une excellente copie qui est dans la collection de Florence.

203. La Muse assise, tenant une lyre. — C’est Uranie, qui, dans le Parnasse, est au côté gauche d’Apollon. Dans cette belle esquisse à la plume, le maître avait surtout en vue l'attitude de sa figure, et il a très-soigneusement étudié le mouvement de la tête et du cou. Au lieu de tenir la Iyre de la main droite, elle la pose ici sur son genou. H. 9°” 3°”; 1. 8° 2°”. Collections Timoteo Viti, Crozat, de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne.

Gray. par Ferd. Ruschweyh.

204. Le Dante. — Il est debout, vu de profil, tourné à ganche, et tenant sa Divine Comédie sur la poitrine. La partie inférieure n’est que légèrement indiquée. Esquisse à la plume pour le Parnasse. H. 12° 7°”; 1. 5° 3. Ce dessin porte en estampille une étoile à huit rayons, qui était le cachet de Nic. Lanier, conservateur de la collection du roi Charles ler d’Angleterre. Collections Crozat et prince de Ligne.

Grav. par A. Bartsch, 1787.

205. La Contemplation des étoiles. — Figure allégorique de l’Astronomie. Esquisse pour une des fresques de la chambre della Segnatura. A côté de cette esquisse à la plume, une autre étude pour la main levée de cette fresque. Au revers de la feuille est le dessin du Massacre des Innocents. Voy. n° 173.

206. La Messe de Bolséne. — Légère esquisse pour la partie supérieure de cette composition. A la plume, et lavée à la sépia. H. 8” 3°; 1, 44° 6”. Collections Ant. Rutgers et prince de Ligne. Vendue 10 florins à la vente de Rutgers.

Lith. par J. Pilizotti.

207. Les deux femmes de l'Incendie du Bourg. — Avec l'enfant à genoux et en prière devant elles. Très-belle étude d'après nature, à la sanguine. H. 12°” 3°”; |. 9” 6°”. Collections d’Argenville, Julien de Parme et prince de Ligne.

Grav. par Bartsch, — Lithogr. par Fendi.

208. Le jeune homme qui se laisse glisser le long de la muraille, — Étude d’après nature pour la fresque de l’Incendie du Bourg. Dessin très-beau et très-soigné, à la sanguine. La tête du modèle est très-bien rendue, mais elle n'est pas belle. Le corps est d’une mâle puissance et très-beau de proportions. Il est fâcheux que, dans l’intention de mieux faire ressortir la figure, on ait teinté en gris le fond blanc du papier. H. 43” 10°”; 1. 6”. Collections Crozat, Mariette, Julien de Parme et prince de Ligne.

Dans la collection de Th. Lawrence, la même figure était répétée deux fois, lune à la sanguine, l’autre au bistre, mais aucune ne pouvait passer pour originale. N° 76 du catalogue de l'exposition Woodburn. Collection Denon. Actuellement à Oxford.

209. Le jeune homme qui porte son vieux pére. — Magnifique étude à la sanguine pour le groupe de lincendie du Bourg. Admirable de vérité ; la différence des âges est merveilleusement caractérisée dans toutes les parties de ces deux figures. L'exécution est soigneusement terminée. Les nombreuses études d’après nature que Raphaël a faites pour l’Incendie du Bourg attestent clairement tout son savoir dans les parties nues, afin de rivaliser avec Michel-Ange. H. 12”; 1. 6” 8”.

Lithogr. par J, Pilizotti. Ce fac-simile toutefois ne*rend pas complétement la finesse du dessin de l'original.

210. Trois chanteurs sur une haute tribune. — Étude pour le groupe de gauche du Couronnement de Charlemagne. Les habits ecclésiastiques, dessinés d’après nature, sont surtout remarquables. A la plume, sur papier brunâtre, et rehaussé de blanc. H. 9”; 1, 7”. Collections Crozat, Mariette, Julien de Parme et prince de Ligne.

Grav. par A. Bartsch, 1787.

Sujets mythologiques.

2141. Apollon debout. — Figure nue, vue de dos. Exquise étude à la sanguine pour le Festin des Dieux, grande fresque du plafond de la Farnesine. Le grand style et la haute conception de Raphaël ne se montrent pas seulement ici dans l'élégance juvénile des formes d’Apollon, mais encore dans l’expression de noble fierté qui anime sa belle tête. Collection du prince de Ligne.

Grav. par A. Bartsch. — Lithogr. par Kriehuber.

212. Vénus montrant sa blessure à l'Amour. — Beau dessin à la sanguine d’après une esquisse originale de Raphaël pour les peintures destinées à la Salle de bain du cardinal da Bibiena. H. 8”; 1. 6” 3”.

Bernard Picart a publié cette composition dans ses Impostures innocentes. — Ferd. Ruschweyh, 1806, petit in-fol. — Balzer, in-4°.

243. Vénus ou Ariane s'appuyant sur les genoux de Bacchus. — Selon Bartsch, ce serait Angélique avec Médor. Quoique ce beau dessin à la sanguine, de même qu’un autre grand fragment de carton qui est dans la même collection, soit de Jules Romain, nous les plaçons cependant l’un et l’autre dans le Catalogue des Dessins de Raphaël, parce qu’ils servirent pour l'exécution des peintures de la petite Salle de bain du cardinal da Bibiena et de la villa Palatina. H. 14” 3°”; 1. 10° 9°”.

214. Psyché implorant les Dieux. — C’est ainsi que le catalogue de la collection désigne une figure de femme vêtue, assise dans une vive attitude de prière, quoique cette figure porte le costume antique et n'ait pas d’ailes. Très-spirituelle esquisse à la sanguine. H. 7” 8”; 1. 10”. Collections Crozat, Calvière, Destouches et d’Argenville.

215. Une bacchante dansant entre deux faunes. — L'un des faunes sonne de la trompe et l’autre joue de la flûte de Pan. Beau dessin à la sanguine foncée. H. 1” 2°”; 1. 143” 6°”. Collection du prince de Ligne.

Grav. par À. Bartsch.

Un dessin tout sembiabie à celui-ci et également très-beau se trouve dans la collection royale d'Angleterre. Agostino Veneziano l’a gravé en 1516 et lui a donné pour pendant deux bacchantes dansant avec un faune, en 1516. Voyez Bartsch, XIV, n° 250. De même, G. Audran, dans son Livre des dix bas-reliefs. Ce dessin étant très-beau, on le croit exécuté par Raphaël, d’après un bas-relief antique ; cette opinion toutefois n’est point fondée sur le caractère même des dessins. Au contraire, nous croyons reconnaitre dans l’un d’eux la main de Giovanni da Udine, car les cheveux surtout sont faits dans une manière qui lui est toute particulière. Remarquons encore, en passant, que Raphaël se servait toujours de la sanguine rouge et jamais de la sanguine violette.

EN ALLEMAGNE. 441 216. Junon sur son char, trainé par deux paons. — Un Amour pousse le char par derrière. Belle composition pour l’une des quatre fresques rondes qui ornent le vestibule de la villa Madama. Elle est parfaitement concue et exécutée dans l’esprit de Raphaël, par Giovanni da Udine. Sur papier brunâtre, à la plume, lavée à la sépia, rehaussée de blanc et mise aux carreaut.H; 8": 1075".

Joh. Ottaviano a fait une gravure d’après la fresque, et l’a publiée avec le nom de Raphaël.

Figures allégoriques.

217. La Charité. — Légère esquisse à la plume pour l’une des trois Vertus théologales que Raphaël peignit en grisaille dans la predella de la Mise au tombeau qui est au palais Rorghèse. Dans cette esquisse , 1l n’y à que trois enfants, tandis que dans la peinture on en compte cinq. H. 13”; 1. 9°” 6”. Collections Timoteo Viti, Crozat, Mariette et Julien de Parme. Le revers de la feuille offre un dessin qui semble être une première pensée pour la Mise au tombeau. Voyez n° 232. P. Mariette se trompe dans une note qu’il a écrite sur le dessin, en disant que c’est une esquisse pour la Charité de la salle de Constantin. Mariette s’appuie sur cette supposition erronée pour en induire que Raphaël avait fait d'avance toutes les esquisses pour les peintures de cette salle et de celles qui l’entourent.

218. Un enfant ailé, ou génie. — Il tient un bouclier ovale de la main droite et une branche d’olivier dans la gauche. Raphaël, qui d’abord avait dessiné la jambe droite levée, plaça ensuite cette jambe derrière l’autre. Ce génie devait vraisemblablement tenir un écusson. Belle esquisse. Has 1, 6% SN

Gravé par C. A. Favart, 1818. En contre-partie. Sujets historiques et Combats.

219. Le Mariage d'Alexandre et de Roxane. — Roxane est assise et Alexandre, debout devant elle, lui présente une couronne. L'Amour et lHymen laccompagnent, et onze Amours, différemment groupés, complètent cette scène. Toutes les figures de ce précieux dessin sont nues et de la plus délicate exécution à la sanguine. H. 8” 6°”; 1. 12”.

Ce dessin, que Rubens avait acheté à Rome, passa depuis dans la possession du cardinal Bentivoglio, qui en fit présent au graveur en médailles Melan. Crozat l’eut ensuite au sortir de la collection Vaurose, et le duc Albert de Saxe-Teschen l’acquit d’un amateur. Il porte aussi l’estampille du prince Charles de Ligne.

Grav. par Nic. Cochin, n° 37, pour le Cabinet Croxat. Contre-partie. — Lith. par J. Pilizotti. Cette reproduction est un véritable chef-d'œuvre.

220. Giovanni de Médicis. — I] fait son entrée à Florence en qualité de légat du pape. La figure allégorique de la ville de Florence vient à sa rencontre. Auprès d'elle est couchée la figure du fleuve Arno. Esquisse pour l’un des épisodes de la: Vie de Léon X, qui furent tissés en fil d’or au bas des tapisseries. Selon le récit de Vasari, il paraît probable que Raphaël abandonna l'exécution de ces ornements à son élève Gio. Francesco Penni, ce qui fait que ces compositions, dont plusieurs ont été conservées, proviennent toutes de ce dernier. Il existe trois dessins de l'Entrée de Giovanni de Médicis à Florence, et tous trois d’une beauté presque égale ; savoir : celui dont il est question ici, un second dans la collection du Louvre, et un troisième, provenant de la collection Denon, était dans le cabinet de Th. Lawrence, à Londres. Le premier provient des collections Crozat, Mariette (dont il porte l’estampille), Julien de Parme et prince de Ligne.

Gray. en clair-obscur par Joh. Gottlieb Prestel, 1785. — Lith. par J. Pilizotti. — Landon, n° 139. \

221. Un Consistoire papal, ou L'Empereur agenouillé devant le pape. — On désigne indifféremment, sous l’une ou l’autre de ces dénominations, cette composition remarquable, que Raphaël esquissa pour le Vatican, mais qui n’y fut jamais exécutée. Le pape est assis à gauche sur un trône, lisant dans un livre ouvert devant lui. A ses pieds est agenouillé un homme couvert d’un large manteau. Beaucoup de cardinaux et de prêtres sont assis à l’entour de ces figures, et, dans le fond, on voit des soldats armés de lances, et d’autres personnages de la suite. Dessin à la plume, terminé au bistre et au blanc. H. 14” 3°”; |. 21”. Collection du prince de Ligne. Le grandiose de la composition, la beauté de son ordonnance, le vivant des figures indiquent incontestablement l’origine raphaélesque de ce dessin, quoiqu'il ait beaucoup souffert et qu’on ne puisse l’attribuer au maître, du moins avec une certitude complète.

Lith. par J. Pilizotti. — P. A. Robert en a publié, en 1729, un mauvais trait à

l’eau-forte, vraisemblablement d’après le dessin qui était dans la succession Lawrence, mais qui n'est point original.

222. Mélée de combattants. — L'on distingue au premier plan cinq

cavaliers et neuf soldats à pied. Au centre, accourt un cavalier qui perce.

de sa lance un guerrier tombant à terre. Un autre guerrier est étendu Sous son cheval. À gauche et à droite, un groupe de trois hommes à pied se défend encore. Toutes ces figures sont nues, largement et rapidement

traitées à la plume. C’est une œuvre de la jeunesse de Raphaël. H. 10” 5”; I. 46” 1 -

Lithogr. par J. Pilizotti.

293. Trois hommes. — Ils sont nus, armés de lances, et se défendent

contre un ennemi qu’on ne voit pas dans le dessin. Celui du milieu est vu de côté; celui de droite est vu de dos. Très-belle esquisse à la plume, pleine de vie, dans la manière de Raphaël qui correspond à l’année 1505. Ce dessin se trouve sur le revers du n° 188, avec des projets de Madones. Un trait de ce même dessin, piqué pour le calque, et qui semble être de la main de Raphaël lui-même, se trouve dans la collection de l'Académie de Venise. Voy. n° 99.

994. Fragment d'un combat. — Cinq guerriers se rencontrent et luttent avee acharnement. L'un d’eux, à terre, se défend avec sa lance contre un cavalier. On voit encore, à gauche, deux hommes à barbe. Figures nues, toutes tournées vers la gauche. Si vivantes qu’elles soient de mouvement, ce dessin est cependant traité tellement dans la manière de Timoteo Viti, qu’on peut accepter une ancienne tradition qui lui attribue ce dessin. H. 14”; 1. 10° 3°”. Collections Crozat, d’Argenville, Julien de Parme, prince de Ligne.

Grav. par J. Th. Prestel. — Lithogr. par Pilizotti, et intitulé : Un Combat de Sarrasins,

Esquisses et Études.

295. Doux hommes nus, debout. — L'un, vu de côté, l’autre de dos, avec l’indication d’un troisième, vu de face, derrière eux. Très-helle étude d’après nature à la sanguine ; la partie inférieure de la troisième figure n’est que légèrement tracée au fusain. Raphaël envoya ce dessin, accompagné de gravures faites d’après ses compositions , à Albrecht Dürer, de Nuremberg, comme celui-ci l’a indiqué dans une note écrite de sa main sur le dessin même : 1515. Raphahill di Vrbin der so hoch peim Papst geacht ist gewest hat der hat dyse nackete Bild gemacht vnd hat sy dim Albrecht Dürer gen Nornberg geschickt Im sein Hand zw weisen}. L'homme du premier plan est une étude pour le capitaine qui, dans le Combat contre les Sarrasins, à Ostia, est debout à la gauche du pape. H. 15” 37”; LEE A) GE 1

Grav. par Beckenkamm. — Lithogr. par Kriehuber. Dans le Cabinet des Estampes, à Dresde, il y a une copie très-habilement faite par Lefebre.

296. Deux cavaliers. — Couverts de vêtements très-larges. L'un est vu de face et l’autre de dos. Il paraît que Raphaël a fait cette rapide esquisse d’après un serviteur du pape, pour bien se rendre compte de la pose d’un homme à cheval. On peut croire que cette étude lui a servi pour le cavalier du Portement de Croix. H. 40° 10°”; 1. 7” 1°”. Collections Timoteo Viti, Crozat, Julien de Parme et prinee de Ligne.

1. C'est-à-dire : « 515, Raphaël d’'Urbin, qui était si hautement estimé du pape, a fait ces figures nues et les à envoyées à Albrecht Dürer, à Nurenberg, pour lui montrer un ouvragé de sa main. »

227. Un homme nu et assis. — Vu de dos. S'appuie sur son bras droit et lève l’autre bras. Étude d’après nature, à la plume. H. 8” 3°”; 1. 6” 6”.

228. Deux jeunes gens nus. — Sur un monticule, regardant attentivement devant eux. L'un, vu de dos, à mi-corps, est appuyé contre le monticule; l’autre, agenouillé derrière lui, s'appuie sur son bras droit. Trèsspirituel] dessin à la plume, d’après nature. H.9” 6°”; 1. 6” 5”. Collections Timoteo Viti, Crozat, de Gouvernet et Julien de Parme.

Sur le revers de la feuille, un homme marchant en avant, les mains jointes en adoration. Étude d'après le modèle vivant, nu. A côté, étude à part de la poitrine et du bras de cette figure.

299. Étude d'aprés le corps d'un homme à barbe. — A côté, un autre homme dans la même pose, mais ayant une {ête juvénile ; puis, la partie supérieure d’un adolescent, ainsi que deux autres demi-figures d'enfants, dont l’une est traversée par une ligne qui semble indiquer qu’on a voulu effacer cette esquisse. Légère esquisse à la plume. Collections Timoteo Viti, Crozat, de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne.

230. Un jeune garcon. — Debout, vu de face. Rapidement dessiné d’après nature, à la sanguine. H. 9” 5°”; 1. 6” 3””.

231. Enfants jouant. — Deux enfants marchent ensemble , les bras entrelacés, et un troisième joue avec un chien. Rapide esquisse à la plume avec une encre pâle. H. 8” 2°”; 1. 44”. Collections Crozat, marquis de Gouvernet, Julien de Parme et prince de Ligne.

Sur le revers, il y a une esquisse pour la Mise au tombeau, esquisse que l’on nomme aussi la Mort d’Adonis. Ce dessin est d’une main étrangère, l’original étant à Oxford.

232. Deux hommes en soutiennent un troisième qui tombe. — L'un des deux le saisit sous les bras, et l’autre le soulève avec un linge. Figures nues. Ce dessin semble être un premier projet pour une Mise au tombeau, et, comme il se trouve sur le revers de la feuille n° 218, avec une Charité, on peut supposer que ces deux esquisses ont été faites à l’occasion du tableau d’autel que Raphaël exécuta pour Atalante Baglione.

Portraits.

233. Une jeune fille. — Couronnée de feuillages, vue de face et regardant le spectateur avec amabilité. Elle s’appuie sur son coude gauche, en laissant pencher sa main; ses cheveux tombent sur ses épaules. Un corsage avec des manches bouffantes et un devantier forment son costume. Demi-figure dessinée avec soin à la pierre noire et rehaussée de blanc. La pose et le faire rappellent la manière de Léonard de Vinci, que Raphaël imita pendant son séjour à Florence. C’est à cette époque que remonte ce dessin, et l'on ne saurait donc admettre que la femme dont Raphaël a fait ici le portrait soit la Fornarina. Malheureusement ce dessin a beau-

coup souffert, et il est fortement retravaillé. H. 10” 3°”; 1. 7° 4”. Collection du prince Charles de Ligne.

Grav. par A. Bartsch, 1788. — Lithogr. par Fr. Eybl.

934. Portrait d'un homme.— Un peu maigre, vu de trois quarts, tourné à gauche, la tête couverte d’une toque. Rapidement, mais très-spirituellement dessiné à la pierre noire. H. 11” 2”; I. 8”. Collection du prince de Ligne.

235. Téte juvénile. — Vue de face avec une espèce de turban ou réseau autour de la tête, à la mode du seizième siècle. De grandeur naturelle. Ce dessin, tracé au fusain, est teHement retravaillé au bistre, qu’on ne peut plus y reconnaître la main du maître ; il a tellement perdu de son caractère, qu’on ne sait si c’est un homme ou une femme. H. 11° 3°”; 1. 10”.

Lithogr. par J. Pilizotti.

Architecture et Paysages.

236. Facade d'église. — Avec deux tours et un vestibule pour trois entrées principales. Au-dessus du rez-de-chaussée et-d’une attique s'élève au milieu la grande nef recevant la lumière par une grande fenêtre ronde. Au fronton se rattachent des contre-forts affectant la forme d’un S élancé et couché, dans le goût de l'architecture florentine au quinzième siècle. Les tours, à trois étages, de même que la facade, sont ornées de colonnes accouplées, avec des niches dans les intervalles. Chacune des tours se termine en haute pyramide, avec quatre petits clochetons aux quatre coins, ayant chacun une boule au sommet. Légère esquisse à la plume, un peu lavée à la sépia. H. 9° 1°”; 1. 8”. Collection Crozat. On considère ce dessin comme un projet de Raphaël pour la façade de l'église de Saint-Laurent, à Florence.

Grav. par le comte de Caylus.

237. Bätiments d'un couvent.—Romantiquement situés près d’une grotte de rochers et entourés d'arbres. Dessin d’après nature, à la plume. H. 9” 8”; 1. 7” 10°”. Collection du prince de Ligne.

238. Maisons de village, entourées d'arbres. — Quelques paysans donnent à manger à leurs poules. Sur le bas de la feuille, il y a un chapiteau d'ordre ionique composite. Ce chapiteau semble avoir été dessiné d’après ceux de la cour du palais d’Urbin ou de Gubbio. Légère esquisse à la plume. H. 4”; 1. 8”. Collections Crozat, Mariette, Julien de Parme et prince de Ligne.

239. Quelques fabriques entourées d'arbres. — C’est également une esquisse de la jeunesse de Raphaël, à la plume et d’après nature. Collections Crozat, Mariette, Julien de Parme et prince de Ligne.

La collection Albertine possède encore plusieurs dessins attribués à Raphaël, mais qui, en définitive, ne sont que des copies faites par ses élèves. Ceux que nous indiquons ci-après, et qui sont les plus importants, ont été publiés en partie dans les fac-simile de Forster.

a.) Le Martyre de sainte Félicité. — Ou plutôt celui de sainte Cécile. Exécuté sur papier bleu, au bistre et au blanc. H. 9° 4°; L. 5”. Cette feuille porte l’estampille du comte d’Arundel.

L'originalité de ce dessin est douteuse.

Lithogr. par Pilizotti. C’est la composition gravée par Marc-Antoine. Bartsch, n° 117.

b.) Attila effrayé à la vue des apôtres saint Pierre et saint Paul. — Dessin d’après la fresque du Vatican. Bartsch, dans son catalogue manuscrit, ne l'avait pas attribué à Raphaël.

c.) Une femme assise. — Comme plongée dans une rêverie. Un jeune homme, qui s'approche d'elle, lui touche la tête. Ce jeune homme montre du geste, dans le haut, Apollon sur son char. Pour fond, un paysage dans le goût antique. Ce dessin est exécuté au bistre, dans la manière de Jules Romain.

Grav. par Giulio Bonasone.

d.) Un jeune homme. — Assis dans une chambre richement ornée, et enlaçant dans ses bras une jeune femme qui est auprès de lui. Des jeunes filles apportent des vases; des Amours folâtrent sur un arbre, et Ganymède vole sur son aigle.

Lithogr. par J. Pilizotti.

Un tableau à l'huile, semblable à cette composition, se trouve dans la galerie du Belvédère, à Vienne.

e.) Scène dans le vestibule d’un temple romain. — C’est ainsi que cette composition est désignée dans la lithographie de J. Pihzotti.

[.) Vue d'un temple superbe. — Plusieurs cavaliers poursuivent des femmes qui s’enfuient; on voit, en outre, beaucoup de peuple.

Ces trois derniers dessins sont ‘de la même main, et, à en juger par certaines particularités de style, ils doivent être d’un élève de Raphaël, originaire de la Hollande.

g.) Une Discussion ecclésiastique. — Un vieux prêtre à barbe, entouré de six domiuicains, est assis dans une tribune assez élevée. Devant la tribune sont assis trois hommes discutant un passage d’un livre qui est ouvert dans les mains d’un quatrième. Aux côtés droit et gauche, on voit beaucoup de savants qui s’entretiennent sur le sujet en discussion. Cette riche composition est tracée à la plume et lavée à la sépia. Elle semble être d’un élève de Raphaël, mais non de Jules Romain, comme Bartsch l'a cru. H.14”; [. 16”. Le prince de Ligne l’acheta pour 105 florins.

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h.) La Bataille aux éléphants. — Contre les Persans. C’est exactement la même composition que Cornelius Cort a gravée en 1567. Ce dessin n’est qu’une copie assez roide. L’original de Jules Romain est dans la possession de M. Gatteaux, à Paris.

i.) Un Combat avec des lions. — Cette composition, exécutée par une main malhabile, contient quelques figures prises dans les ouvrages de Raphaël, tels que le David tuant Goliath, dans les fresques des Loges, deux cavaliers et un homme courant, tirés de la Bataille gravée par Marco da Ravenna, etc. En somme, c’est l’ouvrage d’un des plus faibles élèves du maître, sinon ouvrage d’un faussaire.

Lithogr. par J. Pilizotti, sous ce titre : Un Combat de chevaliers romains.

j.) Étude de draperie. — Un homme à barbe, marchant vers le côté droit et s’enveloppant dans son manteau. À la sanguine. H. 8” 10°”;

Grav. par Ruschweyh, 1806.

k.) Un homme assis. — Tourné à gauche et appuyant son bras sur ses genoux. Rapide esquisse à la sanguine, d’après le modèle vivant. H. 5” 4”; Se

L.) Un soldat combattant. — Coiffé du bonnet phrygien. Il cherche à se couvrir de son bouclier et se tourne vers le fond. Esquisse à la sanguine. Aro re Loer67.

m.) Étude d'une tète, de trois mains et de trois pieds. — Beau et large dessin à la plume.

n.) Pégase S'élevant dans les airs au milieu de six chevaux ailés. — Is sont tous très-vifs de mouvement. Esquisse rapide à la plume, mais traitée très-spirituellement.

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