FAUSSEMENT ATTRIBUÉS A RAPHAEL
a.) Vénus tient un flambeau de la main gauche, et deux Amours sont près d’elle, dont l’un l’aide à soutenir le flambeau, tandis que l’autre, dont elle touche la tête, tend son bras vers elle. Une niche pour fond. — Cette composition est trop inférieure, sous le rapport de beauté dans les lignes, pour qu’on puisse l’attribuer au maître lui-même, mais ce peut être l’ouvrage d’un de ses élèves.
Grav. par Marc-Antoine. Bartsch, n° 951.
b.) Vénus parée par les Grâces. — Elle est assise dans une chambre. L’esquisse originale de cette composition, avec quelques autres dessins sur la même feuille, de la main du Parmesan, se trouve dans la collection de Florence.
Grav. par Giulio Bonasone. Bartsch, t. XV, p. 153, n° 167.
c.) Bacchus ivre. — Couché à terre sur une outre, tandis que de petits génies lui donnent à boire ; un autre génie pose un insecte sur ses parties cénitales, A droite, un Priape, en hermès, soulève un rideau. Cette com-
GRAVÉES D'APRÈS DES DESSINS DE RAPHAEL. 585 position, qu’on a surnommée l’Origine des maladies vénériennes, semble être l'ouvrage d’un élève de Raphaël.
Grav. par le Maître au Dé. Bartsch, t. XV, p. 199, n° 23. — Landon, n° 374.
Suite de quatre planches D'APRÈS LES COMPOSITIONS D'UN ÉLÈVE DE RAPHAEL.
d.) Jupiter fait enlever Gänymède par un aigle. — Dans le bas, sont assis Vénus, l'Amour et les trois Grâces. Mercure vole à gauche.
Grav. par le Maître au Dé. Au bas, deux vers qui commencent ainsi : Giove vibrando il folgorante strale, etc. Bartsch, t. XV, p. 201, n° 25. — Copie, du même côté que l'original. — Copie, en contre-partie. — Landon, n° 365.
e.) Junon et Vénus. — Sur un char dans les airs, l'Amour au milieu. Dans le bas, sur un petit arbre, sont perchés une colombe, un paon et un faucon. Cette scène passe pour une allégorie sur l'Amour et le Mariage.
Grav. par le Maître au Dé, avec des vers qui commencent : L’uno mi prende, e l’altro mi tien stretto, etc. Bartsch, t, XV, p. 202, no 26.
f.) Apollon et Vénus. — Dans des chars. Le char de Vénus est attelé d’un aigle, d’un paon, d’un cheval marin et de Cerbère. Dans le haut, à gauche, Jupiter avec la foudre, et, à droite, un Amour voltigeant audessus de Vénus.
Grav. par le Maître au Dé, avec des vers commencant ainsi : Venere è bella ed è madre d’amore, etc. Bartsch, t. XV, p. 200, n° 24. — Copie trompeuse, Vénus tient en main cinq rênes au lieu de deux.
g.) Le Phénix. — Paisiblement perché sur un arbre en feu, entouré d'oiseaux et de quadrupèdes : une colombe auprès de deux faucons, à gauche, un lièvre auprès de plusieurs chiens, un taureau auprès de plusieurs ours ; à droite, un agneau auprès de plusieurs loups, et des cerfs auprès d’une lionne.
Grav. par le Maître au Dé, avec des vers commençant par : Chi porta al nido suo, etc, Bartsch, 1. XV, p. 227, n° 76. — Copie, en contre-partie ; avec d’autres vers qui commencent ainsi : Chi con sue pene fa si bei lavori, etc. — Landon, n° 407.
h.) Une nymphe. — Conduite par un Amour voltigeant, s'approche d’un jeune homme assis, à droite, sous un arbre entre des roseaux. Cette composition paraît être d’un élève de Raphaël.
Gravé par un excellent imitateur de Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 252.
i.) Léda. — Assise sur une pierre. Elle enlace le cou du cygne avec le bras gauche et s’appuie sur son bras droit. Cette composition, qui n’est certainement pas de Raphaël, peut être de Jules Romain ou d’un autre de ses élèves.
Gravé par Marco da Ravenna. Bartsch, t. XIV, n° 283.
M. C. Metz, dans ses Imitations, etc., d’après un dessin de Benj. West,
556 CATALOGUE D’ESTAMPES ANCIENNES etS. Mulinari, dans son Recueil d’estampes d’après les dessins de la collection de Florence, ont chacun publié une Léda, sous le nom de Raphaël. Ces deux compositions sont à peine dignes de son école.
k.) Phaëton. — Avec une torche à la main, tombe du char du Soleil. Dans le bas, on voit la figure d’un fleuve avec une naïade. Les premières épreuves sont accompagnées de huit vers italiens, qui commencent ainsi : Toccai del sol la chiara et vaga fronte, etc. Ce dessin semble être de Perino del Vaga.
Grav. par Agostino Veneziano. — Bartsch, t. XIV, n° 298.
1.) Sacrifice à Priape. — Des faunes, des satyres et des bacchantes font un sacrifice devant un hermès de ce dieu. Feuille en largeur. Composition de Jules Romain.
Gravé par le Maître au Dé. Bartsch, t. XV, p. 203, n° 27. — Copie en contrepartie. Silène à droite.
m.) Grande Bacchanale. — Avec plus de 50 figures. Le cortége s’avance vers un temple de Bacchus, au son de la musique, en dansant, etc. Cette composition s'annonce, à première vue, comme étant de Jules Romain.
Grav. par Cornelius Bos, 1543. Grande feuille en larg. — Martino Rota, 1594. Ces deux estampes sont publiées avec le nom de Raphaël. — Le Blond, à Paris, avec: Julius Romanus inventor. Romeæ.
n.) La Flagellation de Psyché. — Six figures et quatre enfants. A droite, une vieille saisit Psyché tombée à terre. Signé : R. V. I.
A l’eau-forte, par Nic. Franc. Maffei. In-fol. en larg.
La composition paraît être de Jules Romain.
0.) Apollon avec les quatre Saisons. — Le dessin original, exécuté dans la manière de Jules Romain, fait partie de la collection de Stockholm.
Gravé, comme étant une composition de Raphaël, par Gibertus Venius, 1589, avec cette souscription : Quatuor anni lempora.
p.) L'Amour assis sur un dauphin. — Tient une coquille dans sa main droite. Un bateau à gauche. Petite planche. H. 4° 3°” ; 1. 6”. Cette composition semble dessinée par un maître allemand dans la manière italienne.
Copie à l'eau-forte, en contre-partie, sans le bateau.
q.) L'Amour assis, les ailes déployées. — Tenant une flèche.
Gravure à la manière noire, par A. Long, 1829, d’après un tableau conservé en Angleterre, lequel n’est point de Raphaël.
Amours et enfants jouant.
64. Danse de deux Amours et de sept enfants. — Ils se tiennent les mains et dansent en cercle. Les deux Amours au premier plan; celui de gauche regarde son compagnon de droite, qui baisse les yeux,
Grav. par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 217. — Copie A, dans la manière de Marco da Ravenna. — Copie B, différente dans la forme des ailes. — Copie C, avec un fond blanc. — Copie D, en contre-partie. — Copie par Wierx, signée Ae. 11. 1565. — Copie de Pietro Stefanoni, signée P. S. F. Contre-partie. — Copie, signée d’un R, dans une tablette. — Copie à l’eau-forte, en contre-partie, signée W. London, 20 Xbr. 1793. — Une belle gravure ancienne sur bois, in-fol. en largeur, dans la collection Albertine, à Vienne. — Landon, n°219.
Un très-beau petit tableau analogue à l’estampe, peint par un élève de Raphaël, se trouve dans la collection du comte Harras, à Vienne.
Cette composition à été utilisée dans une gravure de Heinrich Aldegraver, qui y a ajouté six autres enfants. Bartsch. t. VIIT, p. 483, n° 40. — David Hopfer. Ici les enfants dansent devant la Vierge, assise à gauche. Bartsch, t. VIII, p. 483, n° 40. — Blanchard, grande feuille à l’eau-forte, avec l’adjonction de deux Amours; celui de gauche jouant du clavecin, celui de droite de la cornemuse. — Landon, n° 309.
Une esquisse de cette composition se trouvait dans le cabinet d’Ant. Rutgers, sous le n° 516. Elle a passé dans celui de Ploos van Amstel, à Amsterdam, 1800, n° 41.
65. Deux Amours. — L’un se penche, tandis que l'autre lui verse de l’eau sur la tête. Des arbres et des maisons au fond. Dans la manière de Giovanni da Udine.
Gravé par Agostino Veneziano. Bartsch, t. XIV, n° 280.
66. Huit Amours. — Ils jouent, pendant que quatre autres tressent des couronnes; dans le milieu, il y en à un qui regarde dans un globe de verre, et le second, à droite, tient une flèche à la main. Cette composition a été exécutée en tapisserie. Nous en avons déjà parlé.
Grav. par le Maître au Dé. Barisch, t. XV, p. 206, n° 30, — Copie en contrepartie par F. H. — Landon, n° 134.
67. Deux Amours. — Jouant avec deux lions. C’est vraisemblablement une aliégorie de la Force vaincue par l'Amour. Petite feuille en largeur, qui pourrait bien être de l’école de Raphaël.
Grav. par G. F. 1537. Bartsch, t. IX, p. 27, n° 8.
68. Le Triomphe de l'Amour. — En forme de frise. L'Amour assis sur un char tiré par deux chèvres ; trois Amours le poussent par derrière, deux sonuent dans des cornets, un enfant porte un chat et un autre un agneau. Sur le devant, en tête du cortége, huit Amours et un lion.
Grav. par le Maître au Dé. Bartsch, t. XV, p. 210, n° 37. — Une copie est indiquée dans la collection du comte de Sternberg, sous le n° 2,928. — Landon, n° 133.
69. Un enfant assis sur un ‘bouc. — En forme de frise. Il est couronné de lauriers et suivi de trois enfants, dont deux portent une cage avec deux colombes. Ils sont précédés de quatre enfants faisant de la musique,
88 CATALOGUE D'ESTAMPES ANCIENNES et, plus loin, on en voit encore deux, le visage couvert de masques, qui effrayent d’autres enfants ; l’un d’eux est tombé à terre.
Grav. par le Maître au Dé. Bartsch, t. XV, p. 209, n° 36. — Copie, en contrepartie. — Landon, n° 133.
70. La Vendange. — En forme de frise, avec vingt enfants. À gauche, plusieurs enfants portent des paniers pleins de raisins qu’ils vont jeter dans une cuve. Un bouc au milieu, et, à droite, deux enfants en portent un troisième sur leurs bras.
Grav. par IB., 1529. Bartsch, t. VIIL, p. 311, n° 53.
71. Un bouc renversant un enfant. — En forme de frise, avec dix Amours et enfants. A gauche, deux Amours tirent une corde fixée à la jambe gauche du bouc. A droite, un enfant cherche à relever celui qui est tombé à terre.
Grav. par le Maître au Dé. — Copie en contre-partie. Bartsch, t. XV, p. 205, n° 29.
Dans la collection Ambroisienne, à Milan, 1l y a de cette composition un dessin à la plume attribué au Parmesan.
72. Dix-neuf Amours et enfants jouant. — Ils se jettent des pommes et luttent ensemble; d’autres sont couchés à terre, sur la droite, ayant un lapin au milieu d'eux.
En clair-obscur, par NDB. In-fol. Bartsch, t. XII, p. 107, n° 4. — Copie à l’eauforte, par un anonyme, en contre-partie.
Le beau dessin original se trouve à l'Académie de Düsseldorf.
13. Amours jouant dans un paysage. — Un, à gauche, va faire partir sa flèche. Un autre est assis au premier plan et montre un grand papillon. Deux autres jouent avec une pomme; cinq grimpent sur des arbres, et d’autres encore dansent en rond autour d’un arbre.
En clair-obseur, par N. D. B., 1544, Bartsch, t. XII, p. 109, n° 5.
a.) Tauriscus (p. 257, n° 2) et Landon (n° 456) attribuent encore à Raphaël cinq enfants qui jouent sur un terrain en pente avec des ruines; mais cette composition ne rappelle en rien le style du maître.
Grav, par un anonyme, Petri de Nobilibus formis. H. 4° 3”;1, 6” 4”. Sujets allégoriques.
74. Marche de la sorcière nommée Stregozza et aussi la Carcasse. — Une vieille femme ou sorcière, assise sur le squelette colossal de quelque animal fantastique, est traînée comme en triomphe par quatre hommes nus. Trois autres suivent, dont l’un chevauche sur le squelette d’un bélier. Sous la carcasse qui porte la sorcière se trouvent deux boues; un
GRAVÉES D'APRÈS DES DESSINS DE RAPHAEL. 589 troisième bouc est monté par un enfant. Des canards sauvages s’envolent des roseaux.
Grav. par Agostino Veneziano. In-fol. Bartsch, t. XIV, n° 4926.
Cette planche égale en beauté celles de Marc-Antoine; aussi n’est-ce pas sans raison qu’on suppose que Marc-Antoine aura commencé la gravure et qu'Agostino, après l'avoir terminée, y aura mis sa marque.
La planche gravée est actuellement dans la collection de Cobourg. Lomazzo (dell Arte della pittura, p. 678) attribue cette composition à Michel-Ange; mais, quoique l’idée soit, en effet, dans le goût de ce maître ou de Léonard de Vinci plutôt que dans celui de Raphaël, le dessin du nu porte trop bien le cachet du maître pour qu'on puisse hésiter à lui en faire honneur. Il semble qu’il aura voulu s’essayer ici dans la manière bizarre et fantastique des Florentins, afin de donner une preuve nouvelle de sa facilité à imiter les manières les plus disparates et à traiter les sujets les plus différents. Du reste, on a de tout temps attribué cet ouvrage à Raphaël, comme le prouve un petit tableau qui reproduit exactement la gravure, et qui porte, avec le nom de Ribera et la date de 1641, cette indication qu'il a été copié d’après Raphaël. Cette intéressante peinture, provenant du palais royal de Madrid, se trouve à présent dans la collection du duc de Wellington, à Londres.
Un autre tableau représentant le même sujet, et attribué à Jules Romain, se trouve au musée Fabre, à Montpellier.
15. La Méditation. — Une jeune femme, vue de profil, tournée à droite, est assise, pensive, enveloppée dans un manteau, et elle lit dans un livre posé sur ses genoux. Le fond est formé de lignes horizontales. Cette belle composition est toute raphaélesque.
Grav. par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 443. — Faible répétition par un anonyme ; le fond, à droite, est laissé en blanc. Bartsch, n° 444. — Belle répétition, en contre-partie. Au fond, à gauche, les hachures sont perpendiculaires. Bartsch, n° 445. — Copie A, en contre-partie, semblable au n° 445, sauf quelques points sur le manteau qui manquent ici. — Copie B, en contre-partie. A droite, à terre, un petit pot de fleurs, et à gauche cette inscription : COGNITIO DEI.
76. La Pureté. — Une jeune fille, vêtue, assise et tournée à gauche, montre de la main gauche une licorne qu'elle tient avec une bride. Le fond est un mur orné de colonnes et d’un bas-relief, avec un peu de paysage à gauche. Cette composition ne saurait être attribuée, du moins avec certitude, à Raphaël.
Grav. par Agostino Veneziano, 1516. Les premières épreuves sont trés-fines ; les secondes épreuves, retouchées, ont beaucoup perdu. Bartsch, t. XIV, n° 379. — Copie en contre-partie. — Landon, n° 454.
77. Les Vertus théologales : la Foi, la Charité et l’Espérance ; et les quatre Vertus cardinales : la Force, la Tempérance, la Prudence et la Justice. Sept figures isolées, debout dans des niches.
Grav. par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 386-392, où se trouve aussi l’indication de quelques copies.
78. La Paix. — Une femme, vêtue, posant sa main gauche sur sa poitrine, saisit de la droite un petit génie qui lui présente une branche d’olivier.
Gray. par Marc-Antoine. Bartsch, n° 393. — Copie A, avec cette différence que la figure a les cheveux flottants. — Copie B. Dans le bas : RA. VR. INVEN. — Copie GC. Faible. Signée L. M. — Copie D, en contre-partie. — Répétition, par un anonyme, sans l'arbre qui est derrière le petit génie. Bartsch, t. XV, n° 394. — Landon, n° 183.
À Raphaël sont encore attribués les sujets allégoriques suivants :
a.) La Force. — Une femme conduisant par la bride un lion vers un brasier. Un paysage à rochers, pour fond. La composition et le caractère du dessin répondent parfaitement à la manière de Jules Romain.
Grav. par Marco da Ravenna. Bartsch, t. XIV, n° 395. — Landon, n° 452.
b.) La Prudence. — Assise sur un lion, elle tient de la main droite un miroir rond dans lequel elle se regarde. De la main gauche, elle s'appuie sur un dragon. Cette composition w’est certainement pas de Raphaël, mais elle paraît être d’un de ses élèves. Peut-être serait-ce une composition de Marc-Antoine lui-même.
Bartsch, t. XIV, n° 371. — Copie par un burin sec et maigre.
c.) La Constance. — Une femme aux longs cheveux et à la draperie flottante se cramponne des deux mains contre une colonne à gauche.
Grav. par un élève de Marc-Antoine. H. 5” 1°”; 1. 2” 9°”. — Copie par Hier. Hopfer. Bartsch, t. VIII, p. 516, n° 38.
d.) La Fortune. — Elle promet à un jeune homme de le rendre heureux en amour, s'il veut être courageux et entreprenant. La Fortune, avec de grandes ailes, debout sous un portique, portant dans ses bras l’Amour et un globe, semble encourager un jeune homme debout près d’un -cheval et qui regarde de son côté. Dans le bas, on lit : Io son Fortuna buona, ho meco Amore, Se mi CONOSC1, li fard signore.
La pensée exprimée dans cette composition et la manière dont elle est traitée ne permettent pas de l’attribuer à Raphaël.
Grav. dans la manière d’Enea Vico. Bartsch, t. XV, p. 869.
e.) Les sept Arts libéraux. — Attribué à Raphaël, mais c’est à peine l'ouvrage d’un de ses élèves.
Grav. par B., 1544. Bartsch, t. XV, p. 504.
Sujets de l'Histoire profane.
79. L'Enlévement d'Hélène. — Deux Troyens, dans une barque, s’efforcent d’arracher, à un jeune homme coiffé d’un bonnet phrygien, Hélène
GRAVÉES D'APRÈS DES DESSINS DE RAPHAEL. 591 qui est tombée sur les genoux ; le jeune homme cherche à la retenir par un pan de-son vêtement. Dans le fond, on voit un combat acharné ; à gauche, des vaisseaux sur la mer ; à droite, un palais.
Grav. par Marc-Antoine et Marc de Ravenne. Bartsch, t. XIV, n°‘ 209, 210. — Copie un peu plus petite, signée d’un petit R à droite. — Copie en contre-partie, sans marque, par Etienne de Laulne. H. 4° 6”; 1. 6” 9°”. — Copie par Jacques Grandhomme, signée 1. G. Petite planche. — Ancienne gravure italienne sur bois, en deux feuilles in-fol. H. 19”; 1 26”. Ces deux feuilles accompagnent deux autres feuilles représentant le Jugement de Pâris. Un arbre noirci et desséché sépare Les deux sujets. — Landon, n° 413.
Nous avons vu, en 1820, un petit tableau à fresque de l’Enlèvement d'Hélène, par un élève de Raphaël, chez le chevalier Camuccini à Rome. Ce tableau était d’ailleurs en très-mauvais état de conservation. On disait qu'il avait figuré autrefois au-dessus d’une porte à la loggia de la villa Rafaele, et, en effet, on y voyait encore une place vide à l'endroit même où cette fresque avait été détachée du mur. Cette fresque se trouve à présent dans la collection du marquis de Campana, à Rome i.
80. Énée sauvant son pére Anchise. — Énée, vu de profil, tourné à gauche ; le petit Ascanias suit Énée et le tient par son vêtement. Dans le fond, la ville de Troie en flammes.
Grav. par le Maître au Dé. Sur le bord, il y a huit vers qui commencent ainsi : Falso Sinon, Junon crudele, e fera, etc. Bartsch, t. XV, p. 224, n° 72. — En clairobscur, par Hugo da Carpi. A droite, cette inscription : Raphael Vrbinas. Quisquis has labellas, etc., 1518. Bartsch, t. XIT, p. 104, n° 12. — Copie. On a corrigé dans les vers deux fautes qui sont dans l’estampe originale : excominiciato et penas. — Il existe aussi une mauvaise gravure sur bois, copie d’après Hugo da Carpi, sans planche teintée. — A la manière noire, en contre-partie, avec cette inscription : Imilando cælavit E. Kirkall, 1722, in-fol. — Encore une fois, par le même, avec des changements dans le paysage, à la manière des gravures sur bois. Gr. in-fol. — Landon, n° 323.
Un dessin à la plume de cette composition (H. 16” ; 1. 22”), qui était dans la collecticn Joh. van der Mark, à Amsterdam, fut vendu 20 florins en 1773.
81. Didon. — Debout près d'un feu, elle tient un poignard de la main
? | D droite et étend l’autre main vers le bûcher.
Grav. par Marc-Antoine. Une tablette suspendue à un arbre porte cette inscription : AYAHEIS @ANATOS Zon (Vive la cèlébre mort). Bartsch, t. XIV, n° 187. — Copie À, en contre-partie. Epreuves postérieures de 1580. — Copie B, faible planche, sans l'arbre et sans l'inscription.
82. Tarquin et Lucrèce. — Tarquin, l'épée à la main, monte sur le lit où est couchée Lucrèce. Dans le foud, on voit accourir son père. Sur le devant, deux chiens qui s’accouplent. Composition de Jules Romain.
Cette admirable collection d’antiques, découverts dans les Etats romains, et surtout à Rome, vient d’être acquise par le pape Pie IX, et ne sera pas dispersée comme on le craignait.
(Note de l'éditeur.)
Grav. par Agostino Veneziano, 1523. Deuxièmes épreuves de 1524. — Planche retouchée par Enea Vico. Dans les secondes épreuves, les chiens sont grattés ; ils ne se trouvent pas non plus dans le dessin qui fait partie de la collection royale d'Angleterre. Bartsch, t. XIV, n° 208, et t. XV, p. 287, n° 15. — Landon, n° 349.
83. Lucrèce. — Elle est debout, tenant le poignard de la main droite et l'autre main étendue en avant. Sur le mur, on lit : AMEINON ATNOOGNHEKEIN H AIXPQC ZHN. (Mieux vaut mourir que de vivre sans honneur.)
Selon Vasari, cette planche serait la première que Marc-Antoine a gravée d'après Raphaël. Bartsch, t. XIV, n° 192. — Copie A. Faible. — Copie B, en contrepartie, dans la manière de Wierx, avec une inscription qui commence : PROH DOLOR, etc. — Copie C, en contre-partie. Très-faible. — Copie D, par Enea Vico, en contre-partie. — A la manière noire, par un anonyme. — Landon, n° 161.
Le dessin qui sé trouve dans la collection Ambroisienne, à Milan, n’est point un original.
84. L'empereur Adrien affranchissant l'esclave Androclés. — L’empereur, à cheval, sort de l’amphithéâtre ; l’esclave condui la lionne; un jeune guerrier admire la clémence de l’empereur. La composition semble être de F. Penni.
Grav. par Agostino Veneziano. Bartsch, t. XIV, n° 196.
85. Cléopatre. — La vipère sur le sein, meurt, appuyée contre un pilier. L'Amour, debout à gauche, déplore cette mort. Nous croyons pouvoir attribuer cette composition à un élève de Raphaël.
Grav. par Agostino Veneziano, 1528. Bartsch, t. XIV, n° 198. — Copie en contrepartie.
86. 11 Morbetto ou la Peste en Phrygie. — A gauche, un homme regarde à Ja lueur d’une torche trois brebis mortes. Dans une chambre du haut, un pestiléré soigné par deux femmes. Sur un rayon de lumière qui tombe par la fenêtre, on lit : EFFIGIES SACRAE DIVOM PHRIGI. A droite, dans la cour, devant la maison, est étendue une femme morte, dont l’enfant veut sucer le lait, malgré un jeune homme qui l’en empêche.
Grav. par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 417. — Copie en contre-partie. Belle gravure. Catalogue de la collection de Sfernberg, n° 2,955. — Copie par Cornelius Met, avec son nom et celui de Raphaël. — Landon, n° 385.
Le dessin original de cette composition était dans la collection Lawrence. Le cardinal Albani, qui s’était si souvent laissé tromper en achetant de faux dessins de Raphaël, possédait un dessin très-soigné de cette composition, exécuté d’après la gravure même ; il est actuellement dans la collection de Florence.
Grav. en contre-partie par Francesco Aquila. — Raphael Morghen avait aussi commencé à graver cette composition. Voy. le catalogue de ses ouvrages, n° 250.
87. Les Gladiateurs. — Entelle de la Sicile et Darès de Troie, deux gladiateurs célèbres, combattent au ceste, dans un cirque en ruine. Cette
composition est imitée d’un relief antique de la Villa Aldobrandini, actuellement au musée Chiaramonti.
Grav. par Marco da Ravenna. Bartsch, t. XIV, n° 195. — Landon, n° 311.
a.) L'empereur Constantin à cheval. — D’après un dessin de la collection de Praun, à Nuremberg.
Grav. en 1777, à l’aquatinta, par Mar. Cath. Prestel. Vraisemblablement d'après une esquisse de Jules Romain.
Batailles FAUSSEMENT ATTRIBUÉES A RAPHAEL.
a.) Bataille des Perses, avec des éléphants, contre les Romains. — Au côté droit de cette composition, quatre éléphants, dont celui du milieu porte une tour avec quatre guerriers; mais des ennemis, accourant du côté gauche, effrayent l'animal avec des torches enflammées. Au fond, un éléphant, marchant à reculons, arrache avec sa trompe la tour qu’il a sur le dos. — Le dessin original de Jules Romain, au bistre et piqué pour le calque, est dans la possession de M. Gatteaux, à Paris. Un petit tableau de cette composition, attribué à Raphaël, appartient à M. le marquis de Ribeyra, qui habitait aux environs de Hombourg en 1853.
Grav. par Corn. Cort, 1567, avec cette inscription : Ex archetypo Raphaelis Urbinalis quod est apud Thomam Cavalerium Patricium Romanum. Excudebat Romæ Anlonius Lafrerius Seovani. Les premières épreuves ne portent pas le nom de Corn. Cort. Des épreuves postérieures ont l'adresse : J. Orlandi formis Romæ , 1602. Grande feuille in-folio en larg. — Copie, en contre-partie, sans nom, mais, selon toute apparence, de Cavaleriis. — Selon Heinecken, encore une fois par Corn. Cort. Gr. in-folio en larg., sur deux planches, chacune de 16” 2°” sur 10” 9”. Cornelius, Cort fe. J. À. Paris, chez P. Mariette. — Par un anonyme, in-folio en larg., avec des vers latins commençant : Accumulat clades subito, etc. — Par C. Luyken, in-8 en larg. — 11 existe une grande planche à l’eau-forte, d’après une étude des quatre éléphants, avec un lion et un sanglier. Nous ignorons où se trouve le dessin original.
b.) La Bataille avec le bouclier et la lance. — Au milieu de cette riche composition, un cavalier romain passe à cheval sur le corps d’un Barbare tombé à terre. Devant lui, est un bouclier et une lance ; de là le nom sous lequel est connue cette estampe.
Cette belle composition, digne de Raphaël, trahit pourtant, dans quelques parties, le crayon de Jules Romain; il est impossible de ne pas le reconnaître dans le caractère des têtes de Barbares, et surtout dans le Barbare de gauche, qui s’effraye à l'approche d’un cavalier galopant vers lui. La pose des jambes du cavalier arrivant du côté droit et le Barbare tombé à terre portent incontestablement le cachet de cet élève de Raphaël.
Grav. par Jac. Caraglio, gr. in-folio en larg. Bartsch, t. XV, p. 95, n° 59.
ce.) La Bataille au coutelas. — C’est ainsi que l’on nomme cette bataille
Il. 38
des Romains contre les Carthaginois. Dans le milieu, on voit un cavalier avec un étendard qui flotte au vent. A droite, est couché un jeune guerrier, et, à terre, auprès de lui, une courte épée. Dans le fond, une ville d'où s'élèvent des flammes d'incendie. Cette composition, qui est aussi de Jules Romain, a été exécutée en tapisserie.
Grav. dans la manière de Marco da Ravenna, in-folio en larg. Bartsch, t. XIV, n° 211. — En contre-partie, par Agostino Veneziano. Bartsch, t. XIV, n° 212.
d.) La Bataille avec le cheval qui regimbe. — Des cavaliers et des piétons combattent ensemble. Vers le côté gauche, un cheval, non monté, regimbe contre un soldat qui cherche à se défendre avec sa lance.
Quoique cette composition ait souvent été attribuée à Raphaël, on ne peut douter qu’elle ne soit de Julés Romain.
Grav. par Marco da Ravenna. Pet. in-fol. en larg. Bartsch, t. XIV, n° 420. — Copie, en contre-partie, dans la manière de Théodore de Bry; sans marque. — Copie de Hier. Hopfer, 1533, en contre-partie, petit in-folio en largeur. Barisch, t. VIL, p. 518, n° 46.
e.) La Bataille des Amazones. — Dans un ovale en largeur.
De l'invention de Jules Romain, qui l’a exécutée à fresque au palais del Te, à Mantoue.
Grav. par Énée Vico, 1543. Bartsch, t. XV, p. 287, n° 14.
f.) Le Débarquement des Sarrasins. — Fac-simile de 3. Th. Prestel, d’après un dessin du cabinet Schmidt, à Hambourg. Cette composition, un peu maniérée, peut être de Timoteo Viti.
Études et Scènes de la vie privée.
88. L'homme tenant une femme par la main. — Un homme d’un certain âge, couvert d’un manteau court, debout à gauche en face d’une jeune femme, tous deux vus de profil.
Yraisemblablement gravé, d’après une esquisse de Raphaël, par Agostino Veneziano. Bartsch, t. XIV, n° 471.
89. La femme debout prés d'un vase. — Elle est à demi vêtue ; elle s’appuie du bras droit sur un piédestal et pose sa main gauche sur un vase. De l’école du maître.
Apparemment gravé par Agostino Veneziano. Bartsch, t. XIV, n° 478. — Landon, n° 204.
90. La femme debout prés d'un beau vase. — Elle pose sa main droite sur le vase, tandis que de la gauche elle arrange son manteau qui lui couvre le dos et la jambe droite. Une ville pour fond. De l'école du maître.
Gravé, sans doute, par Agostino Veneziano. Bartsch, t. XIV, n° 474. — Landon, n° 204.
91. Un guérrier nu.— Vu presque de face, il tient un étendard fortement
GRAVÉES D'APRÈS DES DESSINS DE RAPHAEL. d95 agité par le vent. Un lion couché à ses pieds. De l’école du maître, et peutêtre par Jules Romain.
Grav. par Marc-Antoine et Augustin de Venise. Bartsch, t. XIV, n° 481 et 482. — Landon, n° 394.
92. Un jeune homme portant une lanterne. — Il marche vivement vers la gauche et fait de la main droite un signe vers le ciel, tandis qu'il retourne la tête vers un bélier qui le suit. C’est, à ce qu’il paraît, une composition du graveur lui-même.
Grav. par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 384.
93. Une femme qui se regarde dans un miroir, en posant la main droite sur sa poitrine. — À gauche, derrière elle, un homme coiffé d’une toque. Mi-figures.
C’est peut-être la maîtresse de Raphaël, qui, au moment de poser pour une Vierge, se regarde complaisamment dans un miroir. L’homme-portrait qui est derrière elle et qui regarde aussi dans le miroir pourrait bien être Baviera, son domestique. Il paraîtrait que Raphaël, auquel avait plu ce motif accidentel, a voulu le conserver dans un croquis. Toutefois, il faut admettre que le croquis était très-léger et que le graveur fut obligé de compléter lui-même les parties accessoires faiblement indiquées par le maître. Voilà pourquoi le mouvement des figures, la tête et les mains de la jeune femme sont raphaélesques, tandis que les draperies sont plus faibles de style et que le rideau du coin est tout à fait mauvais.
Gravé par un élève de Marc-Antoine. H. 5” 87’; 1. 4” 5”. Bartsch attribue cette estampe au Maître au Dé, t. XV, p. 226, n° 75. — Heinecken (Dictionnaire des Artistes, p. 381, n° 14), après avoir décrit cette planche, cite une gravure originale de Marc-Antoine, en contre-partie, de 5” de haut sur 5” 5” de large.
94. Un homme debout devant une femme assise. — Désignée sans aucun fondement sous le nom de : Raphaël et sa maîtresse. L'homme à barbe, en tunique courte, est debout à droite et vu de profil ; en face, une jeune femme vêtue, le pied gauche posé sur un globe, a l’air de l'écouter.
En clair-obscur, par Hugo da Carpi, in-8. Bartsch, t. XIT, p. 140, n° 2. — Autre clair-obscur de quatre planches. En contre-partie, in-fol. Bartsch, t. XII, p. 141, n° 3. — Les épreuves en trois planches, sur lesquelles manque l’ombre derrière la femme, semblent êlre une autre gravure sur bois qui peut-être a servi de modèle à la précédente.
Autres compositions